Les disquaires ont pour beaucoup disparu, laissant la place à des vendeurs de boite de type grande surface et grande surface spécialisée (virgin, fnac, ...). Pourquoi ?
Sous la pression de l'industrie, les disquaires achetaient (je garde l'imparfait) des albums : deux ou trois dizaines de "John Ny" par ex. Sans connaitre les modalités de paiement exact, ils payaient "comptant j+30". Impossible pour eux de négocier un prix pour une trentaine de malheureux disques. Six mois plus tard, le disquaire constate qu'il lui reste une dizaine d'invendus et par expérience, il sait qu'il ne les vendra pas et qu'il les a sur les bras.
Chez l'agitateur d'idées (qui n'agite pas grand chose dans ce débat d'idées), on commande dans le même temps 100 000 exemplaires du même album, pour alimenter tous les magasins de France et de Navarre. Avec 100 000 albums pressés et non pas vendus (!) c'est déjà un disque d'or. Et cette commande massive a permis de négocier des réductions importantes. Donc ça va augmenter les ventes. Mais le propos n'est pas là : six mois après, un flop est un flop et il reste 20000 albums dans les bacs : pas grave, l'agitateur d'idées les renvoie à son fournisseur et se fait rembourser.
Face à des conditions de vente inéquitables, beaucoup de disquaires ont fermé. C'était pourtant chez eux qu'à l'époque du vinyl on pouvait demander à écouter un disque. Puis le CD a pris le dessus du marché, et il est devenu quasi-impossible en France d'écouter un album avant de l'acheter. Je me revois encore à la fin des années 80 en Allemagne avec une dizaine de CD devant la platine en libre écoute. Dans le même temps, chez l'agitateur d'idées strasbourgeois, on avait le droit d'acheter et de ne pas aimer après l'achat. La pression des consommateurs a dûe être forte pour que l'on se décide à moins rémunérer les actionnaires et à investir dans du matériel d'écoute pour les clients dans les magasins... Ou alors, l'un des concurrents s'était lancé dans cette voie et a obligé les autres à suivre...
Quant à tester un ordinateur, il y a une foultitude de produits de benchmark dont les chiffres parlent d'eux-mêmes et peuvent facilement servir de comparateur entre machines. Parce qu'on parle de machine, comme un frigo ou un aspirateur.
Un CD, une pièce de théâtre, un film, ce sont des oeuvres artistiques. Il ne m'apparait pas idiot de vouloir se faire rembourser sa place de ciné si au bout de 30 minutes on ressort de la salle dégoûté (pour la logistique, c'est autre chose). Idem pour une pièce de théatre. Pour le CD, les vendeurs de boite remboursaient les CD qu'on leur ramenait ... jusqu'à l'apparition généralisée des graveurs.
bref, une oeuvre artistique, c'est une affaire de goût. ce n'est pas un bien de consommation comme un autre (aspirateur ou PC) et c'est en ça que le marché actuel se plante. Il faut corriger le tir, et certainement pas avec de la répression qui convient très bien pour les voleurs d'aspirateur.
[^] # Re: Libérer, d'accord, mais pirater, pas d'accord
Posté par Sun Wukong . En réponse à la dépêche Appel du Nouvel Observateur contre la répression du peer-to-peer. Évalué à 8.
Sous la pression de l'industrie, les disquaires achetaient (je garde l'imparfait) des albums : deux ou trois dizaines de "John Ny" par ex. Sans connaitre les modalités de paiement exact, ils payaient "comptant j+30". Impossible pour eux de négocier un prix pour une trentaine de malheureux disques. Six mois plus tard, le disquaire constate qu'il lui reste une dizaine d'invendus et par expérience, il sait qu'il ne les vendra pas et qu'il les a sur les bras.
Chez l'agitateur d'idées (qui n'agite pas grand chose dans ce débat d'idées), on commande dans le même temps 100 000 exemplaires du même album, pour alimenter tous les magasins de France et de Navarre. Avec 100 000 albums pressés et non pas vendus (!) c'est déjà un disque d'or. Et cette commande massive a permis de négocier des réductions importantes. Donc ça va augmenter les ventes. Mais le propos n'est pas là : six mois après, un flop est un flop et il reste 20000 albums dans les bacs : pas grave, l'agitateur d'idées les renvoie à son fournisseur et se fait rembourser.
Face à des conditions de vente inéquitables, beaucoup de disquaires ont fermé. C'était pourtant chez eux qu'à l'époque du vinyl on pouvait demander à écouter un disque. Puis le CD a pris le dessus du marché, et il est devenu quasi-impossible en France d'écouter un album avant de l'acheter. Je me revois encore à la fin des années 80 en Allemagne avec une dizaine de CD devant la platine en libre écoute. Dans le même temps, chez l'agitateur d'idées strasbourgeois, on avait le droit d'acheter et de ne pas aimer après l'achat. La pression des consommateurs a dûe être forte pour que l'on se décide à moins rémunérer les actionnaires et à investir dans du matériel d'écoute pour les clients dans les magasins... Ou alors, l'un des concurrents s'était lancé dans cette voie et a obligé les autres à suivre...
Quant à tester un ordinateur, il y a une foultitude de produits de benchmark dont les chiffres parlent d'eux-mêmes et peuvent facilement servir de comparateur entre machines. Parce qu'on parle de machine, comme un frigo ou un aspirateur.
Un CD, une pièce de théâtre, un film, ce sont des oeuvres artistiques. Il ne m'apparait pas idiot de vouloir se faire rembourser sa place de ciné si au bout de 30 minutes on ressort de la salle dégoûté (pour la logistique, c'est autre chose). Idem pour une pièce de théatre. Pour le CD, les vendeurs de boite remboursaient les CD qu'on leur ramenait ... jusqu'à l'apparition généralisée des graveurs.
bref, une oeuvre artistique, c'est une affaire de goût. ce n'est pas un bien de consommation comme un autre (aspirateur ou PC) et c'est en ça que le marché actuel se plante. Il faut corriger le tir, et certainement pas avec de la répression qui convient très bien pour les voleurs d'aspirateur.