• [^] # Modèle économique

    Posté par . En réponse à la dépêche Débat sur le monopole de Microsoft à la Semaine de la Science. Évalué à 4.

    Le problème du modèle économique viable est peut-être le vrai problème du libre. Entre RedHat et Suse qui changent de stratégie, d'autre qui coulent, on voit bien que ce n'est pas facile. Pour vivre, une entreprise doit maintenir un avantage sur ses concurrents (je ne dis pas que la concurrence est bonne, je dis qu'elle existe dans le monde des entreprises). Les logiciels propriétaires sont généralement fermés, ce qui permet à la boite de conserver un avantage sur le logiciel. Dans le libre, ce n'est pas le cas; il faut donc trouver une autre source d'avantage, et la maintenir pour durer; et ça, ce n'est pas facile. Dans les services, les boites ont une avance en terme de maitrise technologique, mais il faut toujours courir pour ne pas se faire rattraper. Avec un logiciel fermé, on peut sprinter, et puis se reposer un peu. Avec un logiciel ouvert, tout le monde avance, main dans la main, donc il n'y a pas d'avantage. Ceci dit, je crois que peu de boites sont sereines, ou alors pas longtemps ?

    La concurrence est souvent vue et présentée comme un moyen permettant de satisfaire l'utilisateur final. Tout le monde veut garder un avantage : coût de revient (=> baisse des prix), technologique (progrès), connaissance (services toujours meilleurs), ...
    Mais la concurrence a aussi pas mal de conséquences négative :
    - au niveau de l'entreprise : elle fait tendre les salaires vers le bas (=> baisse pouvoir d'achat), le temps de travail vers le haut (=>vie familiale pourrie, maladies, ...)
    - au niveau de la société : la même "quantité de travail" donnerait de meilleurs résultats (plus vite, meilleure qualité) si elle était investie en coopération plutôt qu'en concurrence ... comme dans le libre ! En recherche, l'État français et l'Europe ont des actions (financement) qui permettent la mise en commun de compétences de laboratoires pour un progrès commun.

    Pour conclure, je pense que la base philosophique de libre est bonne, mais que pour l'essentiel, les mécanismes permettant sa mise en oeuvre sont encore à inventer, et probablement que ça devra passer par des décisions politiques.