• [^] # Re: Bonne initiative, mais ...

    Posté par . En réponse à la dépêche Interview de Vivian Siegel (PLoS). Évalué à 1.

    Etant passé par l'INRIA je pense qu'on peut même dire que monsieur fait preuve d'un corporatisme hallucinant.

    Mais bien sûr. Dès qu'on rétablit la vérité de l'intérieur en lieu et place des affabulations, on est corporatiste...

    A Rennes les mentions aux thèses ont été supprimées parce qu'elles servaient à pistoner et étaient données aussi bien pour récompenser les travaux que pour placer un gars proche d'un ponte.

    Il n'y a que les commissions de spécialistes de crétins qui tiennent compte des mentions aux thèses. Et le fait qu'il y ait du piston dans les recrutements, ce qui est bien entendu vrai, n'implique pas qu'il y en a pour les publications.

    Sinon l'objectif des chercheurs n'est pas que la diffusion des connaissances. J'ai vu un gars avoir une publi de prête attendre que la suite de ses travaux se terminent histoire de pouvoir en faire une deuxième plutôt que de publier en prenant le risque que quelqu'un publie avant lui une suite à ses travaux.

    Et alors ? C'est une stratégie de publication comme une autre. En publiant vite, tu es évalué vite ce qui est bon, mais tu risques de te faire piquer tes idées par des gens qui ont plus de puissance de travail que toi (gros labos avec beaucoup de fric et donc de thésards et stagiaires), ce qui est moins bon. Donc, je reformule ma phrase : entre une soumission d'article et sa publication, il s'écoule dans mon domaine entre un an et un an et demi. Voilà, ça te va, je ne suis plus corporatiste ?

    Idéalement, les auteurs devraient diffuser leur recherche sur le web, en gardant les droits sur leurs éditions.

    Tu es passé à l'INRIA, donc tu connais la recherche, ça se voit tout de suite... La recherche doit être évaluée. Il est indispensable de passer par des revues ou des conférences sérieuses, avec relecture de l'article par trois spécialistes. Tu n'as matériellement pas le temps de vérifier que les preuves contenues dans un article sont justes. Si tu as besoin du résultat, tu fais confiance au processus de relecture. Si tu pêches ça sur le web, tu dois faire ce processus toi même, c'est long et c'est une perte de temps.

    Le problème, c'est que beaucoup d'éditeurs sont aussi des pontes de la recherche, qu'ils sont influents, et que personne veut se prendre la tête, on est bien à sa place, on veut pas faire de vague et prendre le risque de ses engagements.

    Quelle accusation pitoyable ! Tous les chercheurs que je connais publient pour diffuser leur découvertes, pas pour faire plaisir aux éditeurs. Quant au choix des revues, il est de plus en plus guidé par les impacts factors pour de simple raison d'évaluation. L'éditeur, tout le monde s'en balance du moment qu'il fait son travail, à savoir garantir que le processus de relecture est rapide et de qualité.

    Un autre problème concerne les chercheurs qui trouvent un truc et publient pendant 15 ans des variantes de leur trouvaille qui n'apportent rien.

    Ouai, sauf que ça se voit tellement facilement qu'on s'en fout.

    En tout cas, bravo, tu connais bien le milieu, c'est assez flagrant.