Ou simpliste, c'est selon le point de vue. Mais intéressante. Et il faut bien lever le lièvre là où il est.
La nécessité (l'oeuvre n'étant pas déjà produite ou reproduite) d'un financement par la collectivité, devrait être, suivant la proposition de cc.it, "cause d'extinction des droits patrimoniaux et des droits voisins".
C'est une hypothèse de travail intéressante, mais incomplète : à moins que l'État ne soit prêt à mettre sérieusement la main au portefeuille (ie, à avoir une véritable manne financière pour la création, comparativement à ce qu'offre le privé), cela poussera en avant le mécénat privé et fera reculer la subvention publique.
L'idée serait de créer une gigantesque base de données, rendant ainsi disponible le bien commun
Mais il est déjà disponible le bien commun : il n'y a qu'à (presque) se baisser. Allez dans n'importe quelle bibliothèque. Allez chez n'importe quel magasin de partition, et des oeuvres du domaine public, il y en a à la pelle, plus que vous ne pourrez jamais en savourer en une seule vie.
Ah mais oui :
- il faut savoir jouer d'un instrument de musique, lire une partition, et tout ça...
- ça n'est pas contemporain, ce n'est pas socialement reconnu ni valorisé, donc, c'est nul. Car, ce n'est un secret pour personne, l'essentiel de la musique, aujourd'hui, n'est pas appréciée pour elle-même ou ce qu'elle signifie, mais pour ce qu'elle nous offre un contexte de rencontre sociale. Il faut juste que quelqu'un arrive à recontextualiser aujourd'hui une musique du passé pour qu'elles (la personne en question, et la musique en question) paraissent soudain "géniales" et "évidentes, pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt !?".
Que voulez-vous, nous sommes pauvres de nous.
L'existence de cette base de données permettrait à n'importe qui "de télécharger de la musique, des écrits, des images,
Génial ! Trop fort. Trop bien. Je télécharge, tu télécharges, il télécharge, nous téléchargeons, vous téléchargez, ils téléchargent. Gé-ni-al : je passe mon temps à télécharger, à jouir de ce que je télécharge, mais... je fais quoi au fait ? Ah oui. Je bosse (quand je peux) pour pouvoir me payer mon ordinateur et ma connexion à haut débit pour télécharger et jouir (je caricature un peu, mais à peine, hein).
Il n'y a pas un truc qui cloche, là ?
Tout ceci va à l'encontre des intérêts de ceux qui tirent encore du profit de ce qui est désormais patrimoine de l'humanité.
Parce qu'en profiter, librement, "gratuitement", ce n'est pas en tirer du profit, peut être ?
Remarquez bien. Ce n'est pas l'initiative italienne que je critique. Elle est bonne, intéressante. Elle tape là où ça fait mal, c'est très bien. C'est le discours autour qui me gêne. Parce qu'il est... fondamentalement insipide, hédoniste et nihiliste.
# Attention à la marche...!
Posté par romain . En réponse à la dépêche Italie : subventions publiques = domaine public. Évalué à 10.
C'est une hypothèse de travail intéressante, mais incomplète : à moins que l'État ne soit prêt à mettre sérieusement la main au portefeuille (ie, à avoir une véritable manne financière pour la création, comparativement à ce qu'offre le privé), cela poussera en avant le mécénat privé et fera reculer la subvention publique.
Mais il est déjà disponible le bien commun : il n'y a qu'à (presque) se baisser. Allez dans n'importe quelle bibliothèque. Allez chez n'importe quel magasin de partition, et des oeuvres du domaine public, il y en a à la pelle, plus que vous ne pourrez jamais en savourer en une seule vie.
Ah mais oui :
- il faut savoir jouer d'un instrument de musique, lire une partition, et tout ça...
- ça n'est pas contemporain, ce n'est pas socialement reconnu ni valorisé, donc, c'est nul. Car, ce n'est un secret pour personne, l'essentiel de la musique, aujourd'hui, n'est pas appréciée pour elle-même ou ce qu'elle signifie, mais pour ce qu'elle nous offre un contexte de rencontre sociale. Il faut juste que quelqu'un arrive à recontextualiser aujourd'hui une musique du passé pour qu'elles (la personne en question, et la musique en question) paraissent soudain "géniales" et "évidentes, pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt !?".
Que voulez-vous, nous sommes pauvres de nous.
Génial ! Trop fort. Trop bien. Je télécharge, tu télécharges, il télécharge, nous téléchargeons, vous téléchargez, ils téléchargent. Gé-ni-al : je passe mon temps à télécharger, à jouir de ce que je télécharge, mais... je fais quoi au fait ? Ah oui. Je bosse (quand je peux) pour pouvoir me payer mon ordinateur et ma connexion à haut débit pour télécharger et jouir (je caricature un peu, mais à peine, hein).
Il n'y a pas un truc qui cloche, là ?
Parce qu'en profiter, librement, "gratuitement", ce n'est pas en tirer du profit, peut être ?
Remarquez bien. Ce n'est pas l'initiative italienne que je critique. Elle est bonne, intéressante. Elle tape là où ça fait mal, c'est très bien. C'est le discours autour qui me gêne. Parce qu'il est... fondamentalement insipide, hédoniste et nihiliste.