Même sous couvert de blague, c'est dommage d'alimenter cette méprise. Les (enfin la plus grande frange des) anti-OGM français ne disent pas qu'ils sont contre l'ingénierie génétique, ils disent qu'il est irresponsable de cultiver des champs d'OGM dans l'état actuel de nos connaissances sur le sujet.
Pour prendre une illustration simple : il y a quelques années, tous les scientifiques qui travaillaient sur les OGM prétendaient que la "barrière des espèces" étant une sorte de mur infranchissable, on pouvait cultiver un champ d'OGM et en laissant quelques mètres de sécurité sur les bords, il n'y avait aucun risque de dissémination. Aujourd'hui, après avoir constaté de la dissémination à plusieurs centaines de mètres entre des espèces pourtant éloignées génétiquement, leur position a évolué.
Les "anti-OGM" (dont je fais partie, bas les masques) disent seulement "faites toutes les expérimentations que vous voulez en laboratoire, en serre, mais pas en plein champ car c'est encore du domaine de la bidouille".
Pour prendre un autre exemple particulièrement intéressant et quasiment inconnu, en génétique on croit depuis Crick & Watson que la plupart des gènes, l'expérience montrant qu'ils sont non-codants (la séquence de bases ne produit pas une protéine), sont donc inutiles (violant par là-même un principe universel de la nature, à savoir que rien dans le vivant n'est inutile, mais passons). On se sert de cela lorsqu'on veut ajouter un gène à un organisme : on l'insère à un endroit non-codant. Malheureusement, on vient de faire une découverte fondamentale il y a quelques années : on a constaté expérimentalement qu'après manipulation génétique, l'expression d'un gène pourtant situé loin de l'endroit de la manipulation (peut-être même dans un autre chromosome, mais ma mémoire défaille) était altérée ; c'était la première preuve de l'utilité du non-codant, et une remise en question totale de toutes les manipulations génétiques effectuées depuis la découverte de l'ADN. Le non-codant contrôle l'expression des gènes ; mais bien sûr, on n'a pas la première idée sur comment ça marche.
Et j'ajouterai pour conclure que tous les organismes manipulés génétiquement se sont révélés extrêmement fragiles. Bien sûr, on n'a pas le début d'une explication non plus.
Alors avec tout ça, planter à tout va en plein champ, moi ça ne me semble pas raisonnable.
[^] # Re: Qu'en pense José ?
Posté par gc . En réponse à la dépêche Améliorer les performances du noyau avec un algorithme génétique. Évalué à 7.
Pour prendre une illustration simple : il y a quelques années, tous les scientifiques qui travaillaient sur les OGM prétendaient que la "barrière des espèces" étant une sorte de mur infranchissable, on pouvait cultiver un champ d'OGM et en laissant quelques mètres de sécurité sur les bords, il n'y avait aucun risque de dissémination. Aujourd'hui, après avoir constaté de la dissémination à plusieurs centaines de mètres entre des espèces pourtant éloignées génétiquement, leur position a évolué.
Les "anti-OGM" (dont je fais partie, bas les masques) disent seulement "faites toutes les expérimentations que vous voulez en laboratoire, en serre, mais pas en plein champ car c'est encore du domaine de la bidouille".
Pour prendre un autre exemple particulièrement intéressant et quasiment inconnu, en génétique on croit depuis Crick & Watson que la plupart des gènes, l'expérience montrant qu'ils sont non-codants (la séquence de bases ne produit pas une protéine), sont donc inutiles (violant par là-même un principe universel de la nature, à savoir que rien dans le vivant n'est inutile, mais passons). On se sert de cela lorsqu'on veut ajouter un gène à un organisme : on l'insère à un endroit non-codant. Malheureusement, on vient de faire une découverte fondamentale il y a quelques années : on a constaté expérimentalement qu'après manipulation génétique, l'expression d'un gène pourtant situé loin de l'endroit de la manipulation (peut-être même dans un autre chromosome, mais ma mémoire défaille) était altérée ; c'était la première preuve de l'utilité du non-codant, et une remise en question totale de toutes les manipulations génétiques effectuées depuis la découverte de l'ADN. Le non-codant contrôle l'expression des gènes ; mais bien sûr, on n'a pas la première idée sur comment ça marche.
Et j'ajouterai pour conclure que tous les organismes manipulés génétiquement se sont révélés extrêmement fragiles. Bien sûr, on n'a pas le début d'une explication non plus.
Alors avec tout ça, planter à tout va en plein champ, moi ça ne me semble pas raisonnable.