Un peu de mal avec ton post. Pour te répondre au sujet des "régions qui mettent leur langue locale en avant" (étant concerné au premier chef, puisque parlant breton moi-même), je te dirai qu'elles ne le font pas par souci de se "replier" sur leurs "racines", et que cela ne les empêche pas, au contraire, d'accompagner ces politiques de politiques d'ouverture vers les autres cultures. Par exemple, les écoles Diwan en Bretagne se font fort d'offrir l'enseignement du plus grand nombre de langues possible (il y a entre autres des cours de russe et d'arabe) à côté de la langue bretonne et du français.
On parle beaucoup, à tort et à travers, de "repli identitaire" à propos des politiques culturelles régionales : en même temps, on refuse de voir que ces régions font tout pour s'ouvrir à l'Europe et sortir du carcan de l'Etat-Nation. Qui est-ce qui souffre de "repli identitaire" actuellement ? Les régions qui s'ouvrent à l'Europe et au monde, en essayant de s'affranchir du chaînon national, ou les Etats-nations qui essaient de protéger leur influence culturelle, parfois post-coloniale, de façon plus ou moins autoritaire ? On se pose peu la question de savoir ce que cache la politique de soutien à la francophonie dans les pays d'Afrique...
L'autre exemple qui me vient à l'esprit est l'article 2 de la constitution, qui stipule que la langue de la République est le français. Au moment où cet amendement avait été voté (loi Toubon, 1993), les défenseurs des langues régionales s'étaient inquiétés, on les avait rassérénés en prétendant que cet amendement avait vocation à lutter contre l'influence grandissante de l'anglais. Résultat, dix ans après, le CNRS (organisme public) et l'INSERM publient la majorité de leurs papier en anglais (et je ne peux que les approuver) sans que la République y trouve à redire; par contre, quand il s'est agi d'intégrer les écoles Diwan dans le service public, on leur a opposé l'article 2, sous prétexte que "la langue de la République est le français" et que la plupart des cours sont assurés en breton. Pourtant, le principe des "classes européennes" où les différentes matières sont enseignées dans d'autres langues que le français n'ont pas eu à subir ce genre de brimades... Y a-t-il des langues plus égales que d'autres ?
[^] # Re: Ordre du jour ?
Posté par o_reor . En réponse à la dépêche Brevets logiciels : nouvelle offensive surprise. Évalué à 2.
On parle beaucoup, à tort et à travers, de "repli identitaire" à propos des politiques culturelles régionales : en même temps, on refuse de voir que ces régions font tout pour s'ouvrir à l'Europe et sortir du carcan de l'Etat-Nation. Qui est-ce qui souffre de "repli identitaire" actuellement ? Les régions qui s'ouvrent à l'Europe et au monde, en essayant de s'affranchir du chaînon national, ou les Etats-nations qui essaient de protéger leur influence culturelle, parfois post-coloniale, de façon plus ou moins autoritaire ? On se pose peu la question de savoir ce que cache la politique de soutien à la francophonie dans les pays d'Afrique...
L'autre exemple qui me vient à l'esprit est l'article 2 de la constitution, qui stipule que la langue de la République est le français. Au moment où cet amendement avait été voté (loi Toubon, 1993), les défenseurs des langues régionales s'étaient inquiétés, on les avait rassérénés en prétendant que cet amendement avait vocation à lutter contre l'influence grandissante de l'anglais. Résultat, dix ans après, le CNRS (organisme public) et l'INSERM publient la majorité de leurs papier en anglais (et je ne peux que les approuver) sans que la République y trouve à redire; par contre, quand il s'est agi d'intégrer les écoles Diwan dans le service public, on leur a opposé l'article 2, sous prétexte que "la langue de la République est le français" et que la plupart des cours sont assurés en breton. Pourtant, le principe des "classes européennes" où les différentes matières sont enseignées dans d'autres langues que le français n'ont pas eu à subir ce genre de brimades... Y a-t-il des langues plus égales que d'autres ?