En fait, je poserais plutot le problème de cette manière:
un logiciel de taille moyenne (disons un client de messagerie instantanée simple) et un moteur, ça a probablement une complexité pas si éloignée l'une de l'autre, notamment en termes d'impact sur les brevets (un moteur moderne, avec une injection électronique, ça n'est pas simple).
seulement voilà, pour faire un moteur, il faut de gros moyens, ce qui suppose
a) des investissements lourds à rentabiliser
b) la nécessité de disposer d'une grosse structure humaine
donc un moteur nécessite un mécanisme de protection adapté. mais l'autre conséquence de ces deux points est que de toutes façons, seule une grosse entreprise peut concevoir un moteur, ainsi que déposer des brevets. les brevets permettent dans ce cas d'éviter le pillage des investissements consentis dans la recherche, ils équilibrent le système.
dans le cas du logiciel, le problème est radicalement différent. le développement logiciel est à la portée matérielle de tout le monde ou presque. le développement de logiciels ne nécessite ni de lourds investissements, ni de disposer d'une grosse structure humaine. les brevets interviennent alors comme facteur déstabilisant, et non comme facteur d'équilibre. la vérification, l'acquisition ou meme la défense (en justice) d'UN brevet est à la portée d'un individu, mais la masse de brevets potentiellement impliquée dans le développement d'un logiciel est hors de portée de l'individu ou de la PME
en effet, l'autre "alibi" des brevets est la protection du petit inventeur. en disant petit inventeur, on pense toujours à l'inventeur génial type "concours Lépine", qui invente la rape à fromage qui coupe le beurre.
l'ennui c'est que, comme tu le soulignes, le logiciel le plus basique qui soit est l'association d'un nombre de logiciels/algorithmes/idées infiniment supérieur à son équivalent matériel. ainsi, la rape à fromage qui coupe le beurre est l'association de deux matériels potentiellement brevetables: un dispositif pour raper du fromage, et un dispositif pour couper du beurre.
ça n'a rien d'étonnant: les logiciels sont par essence uniquement constitués d'idées, et agissent en général sur des éléments qui ne sont eux mêmes que des idées ou leur représentation sous une forme particulière: bref, c'est du virtuel.
reste le cas des logiciels agissant sur la matière, mais là c'est une autre histoire, parce que le coté matériel implique souvent la nécessité d'investissements lourds et d'une grosse structure...
[^] # Re: Il faudra de toutes façons faire qque chose
Posté par anonyme512 . En réponse à la dépêche Brevets logiciels : nouvelle offensive surprise. Évalué à 5.
un logiciel de taille moyenne (disons un client de messagerie instantanée simple) et un moteur, ça a probablement une complexité pas si éloignée l'une de l'autre, notamment en termes d'impact sur les brevets (un moteur moderne, avec une injection électronique, ça n'est pas simple).
seulement voilà, pour faire un moteur, il faut de gros moyens, ce qui suppose
a) des investissements lourds à rentabiliser
b) la nécessité de disposer d'une grosse structure humaine
donc un moteur nécessite un mécanisme de protection adapté. mais l'autre conséquence de ces deux points est que de toutes façons, seule une grosse entreprise peut concevoir un moteur, ainsi que déposer des brevets. les brevets permettent dans ce cas d'éviter le pillage des investissements consentis dans la recherche, ils équilibrent le système.
dans le cas du logiciel, le problème est radicalement différent. le développement logiciel est à la portée matérielle de tout le monde ou presque. le développement de logiciels ne nécessite ni de lourds investissements, ni de disposer d'une grosse structure humaine. les brevets interviennent alors comme facteur déstabilisant, et non comme facteur d'équilibre. la vérification, l'acquisition ou meme la défense (en justice) d'UN brevet est à la portée d'un individu, mais la masse de brevets potentiellement impliquée dans le développement d'un logiciel est hors de portée de l'individu ou de la PME
en effet, l'autre "alibi" des brevets est la protection du petit inventeur. en disant petit inventeur, on pense toujours à l'inventeur génial type "concours Lépine", qui invente la rape à fromage qui coupe le beurre.
l'ennui c'est que, comme tu le soulignes, le logiciel le plus basique qui soit est l'association d'un nombre de logiciels/algorithmes/idées infiniment supérieur à son équivalent matériel. ainsi, la rape à fromage qui coupe le beurre est l'association de deux matériels potentiellement brevetables: un dispositif pour raper du fromage, et un dispositif pour couper du beurre.
ça n'a rien d'étonnant: les logiciels sont par essence uniquement constitués d'idées, et agissent en général sur des éléments qui ne sont eux mêmes que des idées ou leur représentation sous une forme particulière: bref, c'est du virtuel.
reste le cas des logiciels agissant sur la matière, mais là c'est une autre histoire, parce que le coté matériel implique souvent la nécessité d'investissements lourds et d'une grosse structure...