• [^] # Pilotes fermés et revenus

    Posté par . En réponse à la dépêche Article de B. Decroocq & Lemaire : "Free as a beer". Évalué à 8.

    Je pense qu'il y a un malentendu au niveau de la nature exacte de la source de revenu que constitue le caractère fermé d'un pilote. Aujourd'hui, le but du jeu, lorsqu'un constructeur ne publie pas ses sources, est pour lui, non de gagner de l'argent par le biais d'un quelconque support (je n'ai jamais vu Nvidia vendre un patch pour ses propres pilotes!), mais bien de forcer les clients à acheter plus de matériel, en mettant fin le plus rapidement possible à sa prise en charge.

    Vous voulez faire tourner votre scanner sous votre linux-2.6 ? Mais, mon cher monsieur, ce périphérique date d'il y a 2 ans, son pilote n'est plus maintenu, achetez-en donc un nouveau... Quand bien même le client choisirait un scanner d'un concurrent, ça ne changerait rien, puisqu'il y aura bien un client de ce concurrent pour choisir l'un des leurs... Et tout le monde s'y retrouve (sauf le client, mais lui, personne ne lui demande son avis, voyons).

    D'où la dangerosité des pilotes libres pour ce modèle économique : si le client peut attendre que son scanner casse avant d'en racheter un, parce que ce stupide pilote est maintenu à jour, et si le scanner casse dans 4 ans, eh bien, ça fait 50% de ventes en moins!

    Ce qui explique pourquoi les constructeurs de périphériques n'ont strictement aucun intérêt à voir apparaître des pilotes libres.

    En fait, la seule raison pour laquelle certains en font, c'est que les distributions Linux refusent généralement les pilotes propriétaires, par conséquent, dès qu'un concurrent à la traine décide, pour survivre, de collaborer à des pilotes libres, il risque de s'emparer d'un marché potentiellement très vaste, chose bien sûr inacceptable pour celui qui domine le marché propriétaire.

    Cf. nVidia contre ATI...