Je ne voulais pas trop m'étaler (dans tous les sens ;o). Le « bien » était aussi un peu ironique (parce que ça n'est pas une règle).
La Chine a un comportement pragmatique dans le sens où les gouvernements chinois (y compris l'Empire) ne tournent pas autour du pot : on fait ce qu'il faut pour que ça fonctionne. P.ex. :
- tu nous embêtes, on te descend, et on fait payer la balle à la famille, ça fait passer le message (surtout dans une culture confucianiste) ;
- on doit construire une route de montagne, on utilise deux millions de militaires qui vont nous faire ça à la main, en portant les charges et en faisant des aller-retour toute la journée (du genre 30km de crapahutage avec 40kg sur le dos) ;
- on a une innondation qui arrive : on préfère noyer une région peu peuplée qu'une plus peuplée ou plus industrielle. Pour cet exemple particulier, dans nos «démocraties couchées» ou «dictatures molles», on tergiverserait jusqu'à ce qu'il soit trop tard, puis on tournerait encore en rond pour savoir à qui la faute (à personne). Les chinois, eux, décident.
Ok. J'ai pris des exemples pas très sympas (selon les critères occidentaux), mais c'est un peu ce que j'entends par pragmatique : ils prennent les faits et décident (non sans quelque corruption). On peut argumenter sur la décision, mais elle a le mérite d'être prise. Ils ne s'encombrent pas de considérations abstraites. En plus, grâce au confucianisme, ça ne pose (posait ?) pas trop de problèmes pour l'application.
Dans le cas qui nous intéresse ici, ils ont des ennuis avec Microsoft et les licences. Ils prennent les faits : ça coûte, ça les ennuie, c'est contre une loi. Malgré les pressions et les détours obscurs, ils décident d'éjecter MS.
Ça nous arrange parce qu'il y est question de libre (et d'anti-MS pour certains), mais ce qui intéresse les chinois c'est de ne pas être coincés par MS et l'OMC (ben oui, pirater à tout va et officiellement, ça n'aide pas pour pouvoir discuter avec les futurs partenaires).
Voilà, c'est ça pour moi le pragmatisme : ne pas s'encombrer de considérations abstraites, juste des faits.
[^] # Re: Le pragmatisme à la chinoise
Posté par Sylvain Sauvage . En réponse à la dépêche La municipalité de Pékin opte pour des logiciels "nationaux" libres et non libres. Évalué à 9.
La Chine a un comportement pragmatique dans le sens où les gouvernements chinois (y compris l'Empire) ne tournent pas autour du pot : on fait ce qu'il faut pour que ça fonctionne. P.ex. :
- tu nous embêtes, on te descend, et on fait payer la balle à la famille, ça fait passer le message (surtout dans une culture confucianiste) ;
- on doit construire une route de montagne, on utilise deux millions de militaires qui vont nous faire ça à la main, en portant les charges et en faisant des aller-retour toute la journée (du genre 30km de crapahutage avec 40kg sur le dos) ;
- on a une innondation qui arrive : on préfère noyer une région peu peuplée qu'une plus peuplée ou plus industrielle. Pour cet exemple particulier, dans nos «démocraties couchées» ou «dictatures molles», on tergiverserait jusqu'à ce qu'il soit trop tard, puis on tournerait encore en rond pour savoir à qui la faute (à personne). Les chinois, eux, décident.
Ok. J'ai pris des exemples pas très sympas (selon les critères occidentaux), mais c'est un peu ce que j'entends par pragmatique : ils prennent les faits et décident (non sans quelque corruption). On peut argumenter sur la décision, mais elle a le mérite d'être prise. Ils ne s'encombrent pas de considérations abstraites. En plus, grâce au confucianisme, ça ne pose (posait ?) pas trop de problèmes pour l'application.
Dans le cas qui nous intéresse ici, ils ont des ennuis avec Microsoft et les licences. Ils prennent les faits : ça coûte, ça les ennuie, c'est contre une loi. Malgré les pressions et les détours obscurs, ils décident d'éjecter MS.
Ça nous arrange parce qu'il y est question de libre (et d'anti-MS pour certains), mais ce qui intéresse les chinois c'est de ne pas être coincés par MS et l'OMC (ben oui, pirater à tout va et officiellement, ça n'aide pas pour pouvoir discuter avec les futurs partenaires).
Voilà, c'est ça pour moi le pragmatisme : ne pas s'encombrer de considérations abstraites, juste des faits.