• [^] # Re: Comme d'habitude

    Posté par . En réponse à la dépêche Royaume-Uni : un rapport gouvernemental très favorable au modèle Open-Source. Évalué à 10.

    "- Le coût du ticket de sortie des logiciels fermés devrait être évalué régulièrement et intégré au TCO."

    Excellente idée !
    On pourrait tout simplement reprendre les chiffres de coût de migration annoncés pas les uns ou les autres (ceux des études commandées par Microsoft par exemple) et les transférer du TCO de la solution libre vers celui de la solution propriétaire.


    Le TCO est une vaste farce.
    Un modèle de TCO est un plan comptable qui se heurte au problème des coûts cachés :
    - coûts qu'on oublie d'imputer (par exemple le ticket de sortie)
    - coûts qu'on ne sait pas ou mal ventiler (par exemple quelle part du ticket de sortie imputer à l'autisme de solutions propriétaires et quelle part serait toujours nécessaire de dépenser pour adopter la solution libre).
    Un calcul de TCO n'est valable que pour une entreprise donnée à un moment donnée. On peut même se demander si un modèle de TCO universel est possible.

    Le TCO est trompeur parcequ'il ne prend en compte qu'une moitié du problème (les coûts) et ne considère pas l'essentiel de l'équation comptable : les gains, la valeur apportée par l'informatique à l'organisation.

    Là ou le bas blesse c'est que si on a déjà un mal fou à estimer les coûts, on en a encore plus à estimer les gains (certains pensent même que c'est impossible).

    Par gain j'entend par exemple une augmentation de la productivité qui permet indirectement d'augmenter la rentabilité/l'efficacité de l'organisation.
    Par exemple, migrer de Windows95 vers Win2K permet d'avoir des machines qui ne plantent plus toutes les deux minutes. Si on rapporte le temps passé par un employé à rebooter sa machine à son salaire horaire, on obtient assez rapidement un gain ou plutot une économie facilement mesurable (reste à se demander si ce temps n'aurait pas été perdu de toute façon).


    Aujourd'hui on se demande si Linux coûte moins cher que Windows ou vice-versa. C'est très bien. Mais je préfère me demander comment Linux, même en coutant éventuellement plus cher que Windows, peut apporter plus de valeur.

    Dans le doute à propos de la rentabilité économique et en estimant que coûts et gains des deux solutions sont relativement proches, on peut toujours faire son choix sur des critères stratégiques (indépendance, être en position forte pour négocier, être sur d'avoir du support, permettre aux utilisateurs de se former "gratuitement" à la maison en ayant le même système et les mêmes logiciels) ou politiques (liberté, facilité de s'associer à d'autres organisations pour mutualiser ses moyens sur un projet, etc.).

    On peut alors faire son choix sereinement et si on décide de sortir du modèle Microsoft, on peut aussi (et surtout) se poser des questions sur son parc informatique et tenter de réinventer le poste de travail.
    Pourquoi continuer systématiquement dans la voie des clients lourds parfois totalement inadaptés et chers à maintenir alors qu'une solution hybride taillée sur mesure est tout à fait envisageable ?

    BeOS le faisait il y a 20 ans !