• [^] # Re: Une de plus...

    Posté par . En réponse à la dépêche Les premiers pas d'Ubuntu Warty. Évalué à 10.

    >Je ne pense pas que ce "concept" puisse "s'imposer" (ou durer dans le temps), AMHA bien sur :)

    Je pense tout le contraire :)

    <MODE PHYLO>

    A trop évoluer dans le milieu du logiciel libre, on en vient à voir le logiciel libre comment une fin en soit. Pour beaucoup, promouvoir le logiciel libre se limite à promovoir l'ouverture du code, l'utilisation des standards, et la liberté de choisir, autrement dit l'abondance de logiciels. Ce qui est, à mon avis, une vision un peu limitée.

    Le logiciel libre n'est pas une fin, c'est un moyen. Pour reprendre les mots d'ObjectWeb, c'est un nouvel ecosystème pour l'informatique en général et le développement de logiciels en particulier. Un alternative à la logique individualiste qui prévaut actuellement.

    Personnellement, je vois le monde du logiciel libre comme un magma bouillonnant, une espèce de masse informe et vivante qui sans cesse évolue, crée, expérimente, explore des milliers de voies en parallèle. C'est un bouillon de culture d'où émergent des idées innovantes, à la manière des séances de brain-storming. La preuve : il suffit de ne pas s'informer pendant quelques mois pour être déjà dépassé et ne pas comprendre tout ce qui se passe dans la communauté.

    Mais, et c'est là l'astuce, l'informatique, au dela de l'aspect ludique qu'on peut lui trouver, est aussi et surtout utilisée pour remplir des tâches, pour répondre à des besoins précis et concrets. Or, on ne peut pas demander à un particulier ou une entreprise de tirer ce dont il/elle a besoin directement depuis le magma que constitue le monde du logiciel libre. Ils ne le peuvent tout simplement pas, parce qu'ils n'ont pas forcément toutes les connaissances requises pour choisir ; ils n'ont pas non plus le temps d'acquérir ces connaissances. Ils veulent que les choses marchent directement, sans avoir à se poser de questions, c'est tout.

    Et c'est là qu'interviennent de nouveaux acteurs dans cet écosystème : entre le magma producteur de technologies et les utilisateurs, il y a des entreprises qui font l'interface. Ces interfaces ont pour but de sélectionner des technologies qui, intégrées, forment des solution clé en main. C'est exactement ce que font les SSLL et c'est ce vers quoi ont tend. Dans ce modèle, c'est dans l'intéret des entreprises "interfaces" de contribuer au développement des logiciels libres puisqu'ils constituent leur matière première.

    </MODE PHYLO>

    Pour en revenir à Ubuntu, je vois l'équipe de développement, financée par Canonical, comme une interface entre l'utilisateur et le monde du logiciel libre : elle effectue des choix, intègre le tout, pour finalement distribuer une solution prête à l'emploi. C'est ce à quoi doit servir une distribution : fournir une solution fonctionnelle, en l'occurence un OS complet à destination des particuliers.

    <MODE EXTRAPOLATION>

    A mon avis, Mandrake se trompe de direction en voulant proposer à la fois une distribution facile à utiliser et un large choix applicatif. Elle ne joue pas bien son rôle d'interface. Elle est beaucoup trop penchée du coté du magma que de l'approche "solution".

    Du coup sa distribution ne touche que les membres de la communauté, en mesure de faire des choix, voire certains curieux n'ayant pas besoin que ça marche out-of-the-box.

    Et à ceux qui me diront "Oui, mais moi, ma grand-mère, elle utilise mandrake alors qu'elle n'y connait rien à l'informatique". Ok, soit, et qui a fait les choix d'environnement de bureau et d'applications ? Le petit-fils, bien-sûr ! qui dans ce cas a joué le rôle d'interface manquant à Mandrake.

    </MODE EXTRAPOLATION>

    On en revient donc toujours au même, à un moment ou à un autre, pour qu'une solution libre deviennent fonctionnelle, il faut que quelqu'un fasse des choix. Et c'est, a mon avis, ce "concept" qui va "s'imposer" ;)