Un beau troll mis à l'eau par ses célibataires mêmes. (1)
Technologies et richesses, partage ou concurrence des connaissances. Mais aussi: rêve ou réalité?
Linux, permet à tout le monde d'avoir accès au meilleur de la technologie, parce que le code est ouvert et sans un droit d'entrée à payer. Je trouve cela intéressant, politiquement, dans un monde où les écarts grandissent entre riches et pauvres, et où justement c'est en grande partie grâce à la technologie que les riches sont riches. Je me fais certainement des idées mais je vois un peu Linus et les gens du libre comme une chouette bande qui joue à robin des bois.
Après "on sait bien" qu'il y a de l'argent derrière, beaucoup d'argent, ibm, sun, novell, mandrake, tout cela contre le monopole de microsoft. Pour eux c'est aussi une aubaine de voir du code émerger efficacement (en terme de parts de marché) contre m$.
Mais c'est à se demander si cet argent est un "retour du réel" ou une "ironie de l'histoire"? Est-ce un tour de passe-passe du progrès en marche, qui amène les robins des bois en pull et sandales à lutter contre un groupe qui monopolise l'argent le savoir et le pouvoir?
Ou est-ce simplement un effet de réel, une opportunité attrapée par quelques mastodontes pour lutter contre d'autres mastodontes? Et au fond on resterait encore et toujours dans la logique de marché.
Après tout, peu importe s'il y a de l'argent. ça ne salit pas tout. Serge Daney parlait souvent du cinéma comme d'un art impur, un produit de l'industrie et de la créativité. Quand O'Selznick rencontre Hitchcock, ils parlent argent, ils bataillent sur des droits, des dollars, et tout un tas de choses pas attrayantes. Mais à la fin il reste des films.
Alors si ibm paye une petite armée de développeurs pour faire du code ouvert, et paye une petite armée d'avocats pour le défendre, tant mieux. Car à la fin il reste des connaissances, des programmes, que l'on peut partager.
Tout cela est idéaliste, mais l'effet se paraît viral, réel et à long terme.
Ceci dit, tout cela est bien bien loin du communisme, car le code open source demande, exige la pluralité des projets, la pluralité des sources, l'égalité des droits des développeurs et des utilisateurs, et une anarchie où chacun s'arroge le droit d'être responsable (de lire et modifier) ce qu'il utilise.
C'est assez loin d'une vision soviétique et pyramidale. C'est trop anar pour être vraiment....
Et puis, prêter une immense conscience collective à un groupe de gens qui passent leurs journées seuls devant un clavier, c'est pas gagné... Il y aurait, il y a une sorte de conscience collective virtuelle? Sans rencontres, sans statuts, qui passerait par les imaginaires véhiculés par internet?
Oui bien sûr mais où sont les frontières?
Bon enfin voilà quoi....
(1) Ch'tit emprunt à Duchamp... et à Jean-François Vilar.
# Dommage...
Posté par Gabriel . En réponse à la dépêche Internet et le Libre dans l'Huma Hebdo. Évalué à 10.
Technologies et richesses, partage ou concurrence des connaissances. Mais aussi: rêve ou réalité?
Linux, permet à tout le monde d'avoir accès au meilleur de la technologie, parce que le code est ouvert et sans un droit d'entrée à payer. Je trouve cela intéressant, politiquement, dans un monde où les écarts grandissent entre riches et pauvres, et où justement c'est en grande partie grâce à la technologie que les riches sont riches. Je me fais certainement des idées mais je vois un peu Linus et les gens du libre comme une chouette bande qui joue à robin des bois.
Après "on sait bien" qu'il y a de l'argent derrière, beaucoup d'argent, ibm, sun, novell, mandrake, tout cela contre le monopole de microsoft. Pour eux c'est aussi une aubaine de voir du code émerger efficacement (en terme de parts de marché) contre m$.
Mais c'est à se demander si cet argent est un "retour du réel" ou une "ironie de l'histoire"? Est-ce un tour de passe-passe du progrès en marche, qui amène les robins des bois en pull et sandales à lutter contre un groupe qui monopolise l'argent le savoir et le pouvoir?
Ou est-ce simplement un effet de réel, une opportunité attrapée par quelques mastodontes pour lutter contre d'autres mastodontes? Et au fond on resterait encore et toujours dans la logique de marché.
Après tout, peu importe s'il y a de l'argent. ça ne salit pas tout. Serge Daney parlait souvent du cinéma comme d'un art impur, un produit de l'industrie et de la créativité. Quand O'Selznick rencontre Hitchcock, ils parlent argent, ils bataillent sur des droits, des dollars, et tout un tas de choses pas attrayantes. Mais à la fin il reste des films.
Alors si ibm paye une petite armée de développeurs pour faire du code ouvert, et paye une petite armée d'avocats pour le défendre, tant mieux. Car à la fin il reste des connaissances, des programmes, que l'on peut partager.
Tout cela est idéaliste, mais l'effet se paraît viral, réel et à long terme.
Ceci dit, tout cela est bien bien loin du communisme, car le code open source demande, exige la pluralité des projets, la pluralité des sources, l'égalité des droits des développeurs et des utilisateurs, et une anarchie où chacun s'arroge le droit d'être responsable (de lire et modifier) ce qu'il utilise.
C'est assez loin d'une vision soviétique et pyramidale. C'est trop anar pour être vraiment....
Et puis, prêter une immense conscience collective à un groupe de gens qui passent leurs journées seuls devant un clavier, c'est pas gagné... Il y aurait, il y a une sorte de conscience collective virtuelle? Sans rencontres, sans statuts, qui passerait par les imaginaires véhiculés par internet?
Oui bien sûr mais où sont les frontières?
Bon enfin voilà quoi....
(1) Ch'tit emprunt à Duchamp... et à Jean-François Vilar.