Tiens, rien à voir... ou presque... lire jusqu'au bout (?)
Je reviens d'une semaine au Maroc (pays superbe, gens excellents... et patisseries mortelles ! ;-). Un jour, je suis allé en voiture au marché central à Casa (~blanca). Dans une rue qui jouxte ce marché central, il y a un parking en épis. Devant ce parking, il y a un mec qui bloque tout accès avec trois voitures : il fait la circulation pendant que vous manoeuvrez [1], il garde ce parking [2] (donc votre voiture) et il sélectionne lui-même ses clients [3] (il en refuse certains, je ne sais pour quelle raison). Vous le payez 3 Dirhams pour ses services. Il a peut-être une autorisation spéciale, je ne l'ai pas vérifié...
Bien sûr avec ma paie de français, au Maroc je peux me permettre sans aucun problème de payer ces 3 Dirhams (30 centimes d'euros), d'autant plus que ça fait vivre/travailler au moins une personne... et qu'il était sympa, poli et serviable.
Mais...
[1] Pour les aspects circulation, la loi (code de la route), le savoir-vivre et la politesse sont les règles partagées qui régissent cette circulation, donc là il s'agit d'un service forcé dont je n'avais pas besoin. Il s'est réservé exclusivement ce droit de service.
[2] Pour les aspects sécurité/gardiennage, ma caisse est fermée à clef, donc "secure" (tout est relatif bien entendu). Et puis les gens sont là, ce qui dissuade les malfrats, ou permet de signaler les infractions avant mon retour, exemple typique de partage de responsabilité et de services mutuels implicites et logiques (tu surveilles ma voiture d'un oeil, je surveille la tienne de la même façon). Là encore c'est un droit exclusif qu'il s'est octroyé et réservé.
[3] Pour la séléctivité, là encore le "péage" / la "taxe" dissuade bon nombre de personnes qui auraient voulu se garer (seuls les "riches" peuvent se le permettre, mais a priori ils le sont puisqu'ils ont une voiture), d'autant plus que le mec s'est permit (comme je le disait plus haut) de ne pas accepter certains clients... forme d'exclusion/discrimination et de non-partage.
Voilà, ceci est un excellent exemple de propriétarisation de l'espace public : blocage/"privatisation"/"privation" de l'espace public, exclusion, discrimination, marchandisation, services forcés, non-partage... mais je le répète, peut-être qu'il avait une quelconque autorisation dont je n'ai pas connaissance...
Voilà, je sais pas pourquoi je raconte ça... mais faîtes bien attention à la propriétarisation de ce qui doit être/rester public.
# Propriétarisation
Posté par Nÿco (site web personnel) . En réponse à la dépêche Est-ce que le logiciel doit prendre en otage les données ?. Évalué à 8.
Je reviens d'une semaine au Maroc (pays superbe, gens excellents... et patisseries mortelles ! ;-). Un jour, je suis allé en voiture au marché central à Casa (~blanca). Dans une rue qui jouxte ce marché central, il y a un parking en épis. Devant ce parking, il y a un mec qui bloque tout accès avec trois voitures : il fait la circulation pendant que vous manoeuvrez [1], il garde ce parking [2] (donc votre voiture) et il sélectionne lui-même ses clients [3] (il en refuse certains, je ne sais pour quelle raison). Vous le payez 3 Dirhams pour ses services. Il a peut-être une autorisation spéciale, je ne l'ai pas vérifié...
Bien sûr avec ma paie de français, au Maroc je peux me permettre sans aucun problème de payer ces 3 Dirhams (30 centimes d'euros), d'autant plus que ça fait vivre/travailler au moins une personne... et qu'il était sympa, poli et serviable.
Mais...
[1] Pour les aspects circulation, la loi (code de la route), le savoir-vivre et la politesse sont les règles partagées qui régissent cette circulation, donc là il s'agit d'un service forcé dont je n'avais pas besoin. Il s'est réservé exclusivement ce droit de service.
[2] Pour les aspects sécurité/gardiennage, ma caisse est fermée à clef, donc "secure" (tout est relatif bien entendu). Et puis les gens sont là, ce qui dissuade les malfrats, ou permet de signaler les infractions avant mon retour, exemple typique de partage de responsabilité et de services mutuels implicites et logiques (tu surveilles ma voiture d'un oeil, je surveille la tienne de la même façon). Là encore c'est un droit exclusif qu'il s'est octroyé et réservé.
[3] Pour la séléctivité, là encore le "péage" / la "taxe" dissuade bon nombre de personnes qui auraient voulu se garer (seuls les "riches" peuvent se le permettre, mais a priori ils le sont puisqu'ils ont une voiture), d'autant plus que le mec s'est permit (comme je le disait plus haut) de ne pas accepter certains clients... forme d'exclusion/discrimination et de non-partage.
Voilà, ceci est un excellent exemple de propriétarisation de l'espace public : blocage/"privatisation"/"privation" de l'espace public, exclusion, discrimination, marchandisation, services forcés, non-partage... mais je le répète, peut-être qu'il avait une quelconque autorisation dont je n'ai pas connaissance...
Voilà, je sais pas pourquoi je raconte ça... mais faîtes bien attention à la propriétarisation de ce qui doit être/rester public.