• [^] # Re: Hummm cela cache aussi la brevetabilite des algo mathematiques

    Posté par . En réponse à la dépêche Brevets logiciels : analyse de la directive votée par le Conseil de l'UE. Évalué à 4.

    Desole de te le dire comme ca, mais tu melanges tout.

    Ah bon? Pourtant, tu sembles être d'accord avec moi sur beaucoup de points... J'ai l'impression que tu m'as pris pour un partisan des brevets, c'est une erreur. J'essaye juste de faire le naïf, et j'espère avoir une démarche constructive en évitant de tout rejeter en bloc sans réfléchir et sans relever les points intéressants.

    De plus, imagine qu'il n'existe qu'un seul algorithme qui puisse resoudre un probleme NP complet en temps fini. S'il est brevete, comment tu fais ensuite? Tu laisse tourner ta machine pendant des annees?

    Si on reprend les concepts de "novateur" et "non trivial" que devrait sous-tendre tout brevet, tu ne pourrais breveter qu'un algorithme que tu as toi-même mis au point. C'est ça la clé qui peut rendre les brevets logiciels potentiellement non-destructeurs. Tu feras donc tourner ta machine aussi longtemps qu'il était nécessaire avant la découverte de l'algorithme si tu ne veux pas payer de royalties.

    Le gros point noir : si un algorithme trivial est breveté, ça va conduire les programmeurs à coder des algorithmes volontairement mauvais.

    Oui si tu peux prouver que tu as deja invente la chose.
    Et paf!! => il te faut un brevet.


    Bah oui, on est tous d'accord avec ce problème là. Si la référence d'antériorité, c'est les brevets, alors on ne s'en sort plus : toute idée non encore brevetée va être considérée comme innovante. Je pense qu'ici, il y a un gouffre gigantesque entre l'esprit de la loi, et son application. L'esprit (je ne sais pas si c'est une bonne idée ou non), c'est que quand tu as une idée, alors la loi te protège en ce qui concerne son application industrielle. L'application, c'est que quand tu es gros, tu as du fric, tu sais comment faire, tu vas breveter tout un tas de trucs qui ont été inventés par les autres.

    AMHA, l'idée de "novateur" du texte, c'est (ou ça devrait être) que la personne (ou l'entreprise) qui demande le brevet doit être l'inventeur de l'idée. Dans un monde idéal ou ça se passerait comme ça, le monde peut continuer à tourner sans ton idée, comme si tu n'avais jamais existé, en fait. Ton idée va apporter un plus à l'humanité, et tu vas en récolter les fruits si elle est digne d'une application industrielle.

    Dans la réalité, ça risque d'être fort différent. Le détenteur du brevet va avoir piqué l'idée quelque part, c'est à dire que le brevet va porter sur quelque chose de déja acquis par l'humanité ; autrement dit, le brevet va apporter un frein à la connaissance humaine et au développement industriel.

    Je pense donc qu'il est toujours possible de rattrapper le coup, voire de tourner ces brevets à notre avantage. Mais il faudrait pour cela que l'office des brevets invalide systématiquement, sans compensation, et à tout moment, tout brevet pour lequel la preuve d'une antériorité peut être établie. Des banques officielles d'archives du web pourraient ainsi constituer des preuves fiables. Si un tel organisme peut produire des captures d'écran de GNOME de 1998 montrant clairement la disposition des fenêtres sur plusieurs bureaux, hop, le brevet de Micro$oft saute, et des poursuites sont éventuellement engagées pour tentative de dépot de brevet abusif.

    Alors évidemment, on peut dire "Ca ne sera jamais comme ça, freinons des quatre pieds pour ralentir le processus, comme ça le monde futur sera pourri moins vite", on peut aussi essayer de tirer les choses vers le haut. Parce que quoi qu'on en dise, les idées sont brevetables depuis ... l'invention du brevet. Je ne vois pas la différence fondammentale entre "Je brevette l'idée d'ouvrir une poubelle avec une pédale" et "je brevette l'idée d'ouvrir la corbeille avec un double-clic".