Je vais surement me faire détester, mais bon, voilà mon opinion à propos de l'original (en anglais, donc):
- le style est hyper basique
- l'intrigue est tellement téléphonée qu'au bout du quart du bouquin vous pouvez en dire la fin
- c'est encombré de termes et raisonnements pseudos-techniques qui sont d'un kitch digne de Star Trek (TOS). ceci dit ça a un certain charme, au moins...
- ça manque entièrement de finesse (du genre Valenti et Rosen... ben voyons)
- ça se sent à 10 milliards de km que ça a été écrit par un geek, pour des geeks
- à mon avis, c'est entièrement hermétique à qui que ce soit ne lisant pas régulièrement linuxfr/slashdot/the register/etc.
- certaines parties, certains aspects du problème sont présentés de manière bâclée et à la limite de la crédibilité à mon gout (les conséquences sociales, les conséquences sur les libertés individuelles et la préservation des droits de l'homme les plus élémentaires: cf. par exemple le passage où Robert envoie un commando de la mort contre les jeunes...)
- et pour couronner le tout, ça se prend au sérieux (contrairement à l'innénarable "Histoire des Pingouins")
Ce qui n'empêche pas que l'idée de fond est intéressante et vraie, mais en meme temps elle est résumable en une phrase, et pas vraiment neuve : "la monopolisation de l'information, du savoir et des moyens d'y accéder est un danger pour le progrès et la liberté". Le nombre de bouquins écrits sur ces thèmes (ou des thèmes connexes), et de bien meilleure qualité, abondent, alors je me permets plutot de vous donner le conseil de lire, autour de ces thèmes, durant ces vacances, et pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait:
- 1984 (pour l'aspect oppressif du régime totalitaire induit par le cas où ce monopole est étatique)
- Le meilleur des mondes (sur l'insidieuse suppression de liberté individuelle et de progrès induite par un controle des masses notamment de manière médiatique, donc par monopole d'information - ce qu'on appelerait aujourd'hui la pensée unique)
- Fahrenheit 451 (là c'est encore plus évident, c'est pratiquement exactement la meme idée que dans autonomy qui y est développée, et avec tout le talent de Bradbury)
- Le nom de la rose (ou la puissance de l'obscurantisme et des systèmes établis face aux progrès et à la raison)
- ....
(yen a encore plein d'autres, mais ceux-là me viennent spontanément, et, de plus, ce sont de grands classiques hyper-connus)
Dernière chose: lisez aussi ça: http://www.washingtonmonthly.com/features/2004/0407.turner.html(...)
Le fait que ce soit Ted Turner qui ait écrit ça est tout bonnement stupéfiant. D'un autre coté, ça prouve au moins qu'il y a des gens intelligents et avec quand meme une certaine influence qui se préoccupent de ces problèmes, et pas juste une poignée de geeks qui lisent les 4 memes sites de nouvelles ;-)
[^] # Re: affreux
Posté par anonyme512 . En réponse à la dépêche Autonomy : un roman Libre pour emporter à la plage. Évalué à 10.
- le style est hyper basique
- l'intrigue est tellement téléphonée qu'au bout du quart du bouquin vous pouvez en dire la fin
- c'est encombré de termes et raisonnements pseudos-techniques qui sont d'un kitch digne de Star Trek (TOS). ceci dit ça a un certain charme, au moins...
- ça manque entièrement de finesse (du genre Valenti et Rosen... ben voyons)
- ça se sent à 10 milliards de km que ça a été écrit par un geek, pour des geeks
- à mon avis, c'est entièrement hermétique à qui que ce soit ne lisant pas régulièrement linuxfr/slashdot/the register/etc.
- certaines parties, certains aspects du problème sont présentés de manière bâclée et à la limite de la crédibilité à mon gout (les conséquences sociales, les conséquences sur les libertés individuelles et la préservation des droits de l'homme les plus élémentaires: cf. par exemple le passage où Robert envoie un commando de la mort contre les jeunes...)
- et pour couronner le tout, ça se prend au sérieux (contrairement à l'innénarable "Histoire des Pingouins")
Ce qui n'empêche pas que l'idée de fond est intéressante et vraie, mais en meme temps elle est résumable en une phrase, et pas vraiment neuve : "la monopolisation de l'information, du savoir et des moyens d'y accéder est un danger pour le progrès et la liberté". Le nombre de bouquins écrits sur ces thèmes (ou des thèmes connexes), et de bien meilleure qualité, abondent, alors je me permets plutot de vous donner le conseil de lire, autour de ces thèmes, durant ces vacances, et pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait:
- 1984 (pour l'aspect oppressif du régime totalitaire induit par le cas où ce monopole est étatique)
- Le meilleur des mondes (sur l'insidieuse suppression de liberté individuelle et de progrès induite par un controle des masses notamment de manière médiatique, donc par monopole d'information - ce qu'on appelerait aujourd'hui la pensée unique)
- Fahrenheit 451 (là c'est encore plus évident, c'est pratiquement exactement la meme idée que dans autonomy qui y est développée, et avec tout le talent de Bradbury)
- Le nom de la rose (ou la puissance de l'obscurantisme et des systèmes établis face aux progrès et à la raison)
- ....
(yen a encore plein d'autres, mais ceux-là me viennent spontanément, et, de plus, ce sont de grands classiques hyper-connus)
Dernière chose: lisez aussi ça:
http://www.washingtonmonthly.com/features/2004/0407.turner.html(...)
Le fait que ce soit Ted Turner qui ait écrit ça est tout bonnement stupéfiant. D'un autre coté, ça prouve au moins qu'il y a des gens intelligents et avec quand meme une certaine influence qui se préoccupent de ces problèmes, et pas juste une poignée de geeks qui lisent les 4 memes sites de nouvelles ;-)