• [^] # Article H4r7: bien et bof

    Posté par . En réponse à la dépêche Pour H4r7.org, le copyleft est victime de la charte anti-piraterie. Évalué à 10.

    Effectivement, j'abonde dans ce sens : à la lecture de cette brève, on ne sait rien de rien, sauf qu'apparemment pour H4r7 un nouveau modèle de distribution de la musique (sous copyleft, à l'instar des logiciels libres) serait mis à mal. Pourquoi, Comment ? On n'en sait strictement rien. Apparemment ce ne sont que paroles dans l'air...

    Heureusement la lecture du texte pousse les choses de façon intéressante. Du moins avant le dernier paragraphe, véritable parjure de tout leur réquisitoire, mais j'y reviendrais.

    Il est vrai que que certains propos du premier ministre sont parfaitement contradictoires. D'un côté on met en avant les logiciels libres. Je caricature (mais je dois pas être loin de la vérité) ; « ça coûte pas cher, c'est efficace, et ça bénéficie d'une bonne presse, et on n'a pas de véritable acteur du monde propriétaire qui va nous en vouloir, du moins pas en France, ni en Europe : jackpot. »

    Par contre, pour le marché de l'audio visuel en général, et plus particulièrement de la musique, le son de cloche est bien différent. Il ne sonne même plus sur la même tonalité, voire la même octave. Sacrée différence : il y a de sociétés à protéger et qui sont dans notre secteur, on peut pas les mettre à mal, et encore moins se les mettre à dos. Trop puissants (notamment financièrement).

    Notre 1er ministre évoquant donc « des idées nouvelles, proposant de faire table rase de la propriété intellectuelle pour mettre en place des systèmes de mutualisation séduisant par leur simplicité et qui seraient de fausses bonnes idées, qui détruiraient un modèle de financement de la création qui a fait ses preuves. »

    Seulement ce modèle prouve aujourd'hui qu'il ne fait plus ses preuves. Il rate même ses games une à une, et par ses fausses notes commence à se mettre de plus en plus de monde à dos. Néanmoins cette phrase, que l'on pourrait croire anodine, montre bien qu'il y a un empressement à vouloir aller contre les idées soutenues par des groupes comme Zebda dans nos régions, et par des sites comme http://magnatune.com(...) par delà l'atlantique. À quand un magnatune sur notre sol ? Apparemment il nous faudra en rêver, notre premier minister (et donc tout son gouvernement) trouvant ses idées futiles, voire dangereuses.

    Mais nous ne pouvons faire que le rêver, car rien ne peut faire en sorte que ces modes d'expression n'existent pas : et de toute façon ils existent ! Par contre il est facile de faire en sorte qu'ils ne soient jamais exposés à la douce lumière du soleil, et donc finalement périssent par eux-même, car pas de public pour les soutenir. Il est vrai que c'est la culture qui a le plus à souffrir de l'appât continuel du gain et la non volonté de faire face aux puissants, car ils ont de gros comptes en banque. Finalement tout n'est qu'une histoire de taille... (mauvais blague, je me fustige, pardon).


    Mais là n'est pas le seul point de danger. Le danger réside aussi et surtout dans une limitation de l'Internet, qui ne fera que retrancher encore plus les utilisateurs dans leur volonté de braver la loi. Poussant les gens à une volonté de désobéissance civique, parce que de toute façon, on peut toujours tout contourner. Les systèmes de communication sont de plus en plus chiffrés, cryptés, décentralisés et anonymes. Tout cela concourant à une quasi impossibilité de savoir qui partage et qui télécharge quoi. La solution finale étant un anéantissement de l'Internet. Chose Impossible cependant : des millions d'entreprises investissent chaque années dans ce nouvel espace presque infini de vente. Nous tombons alors dans un paradoxe sans fin. Le serpent se mort la queue, mais ce n'est pas la première fois, ni la dernière.


    Je fais l'impasse sur la partie énonçant les "possibles" amalgames entre pirate. Quoique leur description des trois types de pirate me fait réagir. L'une d'elle dit « Un pirate peut être celui qui copie frauduleusement et à usage non privé une œuvre ou un logiciel et l'utilise, le publie ou le revend. » Je ne suis pas d'accord, car la confusion sur ce terme va beaucoup plus loin, et c'est chose voulue, il faut entretenir le flou et ne pas clarifier les choses et encore moins les termes si on veut diriger et faire ce qu'on veut.

    L'une des définitions de « pirate » est aujourd'hui tout simplement celui qui copie quelque chose tombant sous la coupe du copyright. Qu'importe que celui-ci le fasse pour un usage strictement privé, c'est un pirate car il a copié ce qu'il n'avait pas le droit de faire.

    Leur trois définitions du terme pirate sont en fait exactes. Mais comme ils le font pour le terme de hacker, il aurait été judicieux de montrer jusqu'où va la confusion quand on parle de « pirate » sur l'Internet.



    Néanmoins l'idée générale de l'article est bonne, mais je pense qu'il pourrait être plus clair et direct tout en étant mieux développé. Et beaucoup plus insister sur le fait que l'art n'est jamais gratuit. Tout comme les logiciels ne le sont jamais. Un logiciel, tout comme une chanson ou un film va demander du temps et de l'intelligence durant tout son processus créatif. Ce n'est pas gratuit. Par contre il est vrai que cela bouleverse les idées préconçues du système dans lequel nous évoluons. La musique ainsi distribuée fait peur, car on a l'impression que c'est gratuit. Et effectivement, la diffusion est gratuite, mais cela peut entrer dans des modèles économiques viables. Seulement ce ne sont pas ceux des grands groupes qui gèrent notre vie, parce que nous nous n'avons pas le temps de le faire, alors confions leur.

    C'est là qu'il nous faut réagir. Proposer de nouveaux systèmes. Mais bien plus que tout cela : c'est maintenant qu'il faut les mettre en place. Pas le plus possible, pas dans la précipitation, mais vite !

    Et ce n'est pas en passant par la SACEM - comme le préconise dans un râle d'idiotie l'article de H4r7 - qui devra écouter tout ce qui est navigue sur le réseau que nous allons trouver la solution ! Car nombreux seront les internautes qui n'accepteront pas de payer indirectement les artistes sous copyright via une taxe obligatoire, alors qu'ils n'alimentent leur discothèque personnelle et celle de leurs amies que via les systèmes alternatifs, les trouvant beaucoup plus justes.

    De plus cela n'aurait qu'un effet pervers des internautes qui se diront « à quoi me casser le c** à aller acheter un bout de plastoc sans intérêt alors que je viens de télécharger les WAV prêt à encoder en OGG Vorbis de fou et que de toute façon j'ai déjà payé son auteur via les droits d'auteurs ? De plus, l'activité resterait totalement ilégale. Cela ne serait qu'encore une autre taxe Tasca, contre laquelle il faudrait aussi s'insurger (voire la boycotter en n'achetant ses médias vierges qu'à l'étranger).


    À noter aussi une pétition pour la prise en compte de la diffusion de la musique sous copyleft dans les dispositions de la nouvelle loi : http://www.petitiononline.com/vnatrc81/petition.html(...)