• # Vu d'ici...

    Posté par . En réponse à la dépêche Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. Évalué à 6.

    Vu de France le filme peut mal passer.

    Puis il ne faut pas le regarder comme un filme "normal". D'une certaine manière il ne mérite pas sa palme d'or. Mais le festival de Cannes a eu 1000 fois raison de lui donner cette palme. Sans ça, le film n'aurait probablement pas été diffusé aux USA (du moins pas avant les élections). Parmis les buts d'un festival il y a la promotion/diffusion du cinéma et le festival a fait mouche avec cette décision.
    N'oublions pas que le jury de Canne était majoritairement américain !

    Je dois avouer être un peu fatigué par la critique facile de taxer le film de propagande. C'est un film d'opinion. Donc ça peut être vu comme de la propagande. Et alors ?!
    Ça n'enlève rien au film qui reste globalement objectif. Sauf quelques détails donc l'invasion de l'afghanistan qu'il justifie pour des raisons pétrolières et là je ne le suis pas du tout. Mais par rapport de la couverture des média américains de l'"affaire" irakienne, c'est très très objectif !

    On dénonce la "propagande" de Moore mais il faut voir le niveau formidable de propagande aux USA. Les journalistes sont à 90 % des toutous de G. Bush.
    Il y a quelques mois (en février si mes souvenir sont bon) 74 % des américains pensaient que Saddam Hussein était lié aux attentats du 11 septembre.

    La zapping de Canal+ d'hier était allucinant.
    On voyait Bush interrompu par un journaliste pour lui souhaiter un joyeu anniversaire !
    De la science fiction. Et tous les autres journalistes pour reprendre en coeur !
    Je ne sais pas ce qu'à gagné le plus lèche botte des journalistes.

    Fasse à ça, la "propagande" de Moore est anecdotique voire de bon ton. Il faut prendre conscience que la propagande de la maison blanche n'est pratiquement jamais considéré comme de la propagande par les journalistes américains. Alors dénoncer la propagande de Moore en ignorant la propagande de la maison blanche : ça coince sérieusement chez moi.

    Pour en revenir au film, on peut dire qu'il est un peu facile. Les faits vont indiscutablement dans le sens du film. On peut regretter qu'il ne s'attarde pas beaucoup sur l'image déplorable des USA dans le "reste du monde". On peut aussi regretter qu'il insiste beaucoup plus sur les morts américains que sur les morts irakiens (beaucoup plus nombreux, on parle de 15 à 20 000 morts (combien de blessé ?)). Notons que l'administration Bush ne tient aucune comptabilité sur les morts irakiens. Il n'y a aucun chiffre officiel.

    Où je m'interroge, et le film n'y répond pas de façon satisfesante (ce qui est bien bien dommage), c'est comment fait une grande démocratie comme les US (car c'est une formidable démocratie) pour descendre aussi bas, pour verrouiller les media à ce point, pour "bloquer" le raisonnement des citoyens. Je connais le patriotisme américain mais je ne crois pas que ça puisse être la seule raison.

    Si on tient compte de l'objectif du film, c-à-d réveiller l'opinion américaine, les faires réfléchir, alors le film est presque une réussite totale. La lecture de commentaires sur slashdot enlève tout doute sur ce point. Voilà de la "propagande" qui ne peut pas faire de mal aux américains. Mais vu d'ici, ça peut ressembler à un pétard mouillé.

    J'ajoute deux petites choses. Ceux qui disent que ce film ne va rien changer chez ceux qui votent républicain se trompent. La panic provoqué par ce film à la maison blanche le prouve. De plus, les américains ne sont pas 100 % républicain ou 100 % démocrate. C'est comme en France avec la droite et la gauche.
    Si Kerry est élu, ça ne va pas changer grand chose pour l'Irak. Les républicains ont pratiquement toujours défendu la position de Bush (même si c'est à contre-coeur). Bref, Kerry a été et est piègé par la propagande Bush qui a approuvé. Donc, bizarrement, Moore n'a pas fait un film pro-démocrate.

    Quoiqu'il en soit, et même si certains le souhait (calcul machiavélique pour affaiblir les USA), il serait catastrophique que l'administration actuelle soit reconduite (ou alors il faut qu'elle change beaucoup).