• # Calmooooooooos

    Posté par . En réponse à la dépêche Le jugement européen contre Microsoft entre parenthèses. Évalué à 10.

    Dites, que Microsoft soit une entreprise diabolique aux méthodes commerciales honteuses et à l'intérêt technologique limité si ce n'est douteux, tout ça je veux bien.

    Mais je suis complétement stupéfait de voir les réactions que suscite une procédure administrative tout à fait normale : le sursis d'exécution en attendant la décision d'un appel. Microsoft a en effet fait appel de la décision de la Commission Européenne (comme prévu) auprès du Tribunal européen de première instance et, le plus normalement du monde, comme dans toute justice administrative correctement constituée (en France, par exemple), ce genre de procédure d'appel entraîne un sursis dans l'exécution de la peine initiale.

    Qu'est ce qui est choquant là-dedans ? La même procédure d'appel a prévalu pour Schneider et Legrand lorsque Mario Monti a empêché leur fusion. Vous voulez qu'on créé des procédures d'exception unique parce que c'est Microsoft ? Vous vouez les groupes de pression aux gémonies et vous voudriez qu'au nom des logiciels libres on fasse fi des procédures administratives les plus basiques ? Réfléchissez un peu à ce que vous dîtes.

    La seule motivation de la Commission Européenne c'est d'avoir suivie les procédures légales, surprenant non ? Et que dire de l'amalgame ridicule entre la présidence tournante (tous les 6 mois, actuellement tenue par l'Irlande, patrie européenne de Microsoft) et la Commission Européenne (changée tous les 5 ans, indépendante).

    Je n'ose même pas répondre aux autres commentaires proposant, par exemple, de remplacer la Commission par le Parlement, comme si la concentration des pouvoirs exécutif et législatif en un seul organisme était un gage de justice simplement parce qu'il est _ELU_ (démocratie != justice).

    Je vous rappelle au passage que plus un système politique est démocratique, plus il est soumis aux groupes de pression. C'est un problème qui a justement mené les pères fondateurs de deux républiques de part et d'autre de l'Atlantique à préférer la République par rapport à la démocratie pure et dure.

    Faisons également remarquer qu'il est risible de moquer l'influence des groupes de pression et de vouloir à tout prix une procédure d'exception contre Microsoft au nom des logiciels libres, ou encore de célébrer les actions de la FSF Europe ou de l'APRIL auprès des instances dirigeantes en faveur du logiciel libre, ce qui n'est rien d'autre que du lobbying ! Non pas que je sois contre ces actions, mais je rappelle juste à quel point les déclarations accompagnant cette dépêches sont contradictoires...