Sans vouloir prétendre déchiffrer les arcanes et les errements des marchés, les baisses inexpliquées ne sont pas toujours si idiotes qu'il parait. Les marchés à l'instar de tout ce qui est en mouvement, en accélération devrais-je dire, ne sont pas équilibrés et sont toujours en train de se rétablir.
Avertissement : je caricature surement un peu, beaucoup, en réduisant, le rôle d'autres boites que red hat, et, le nombre de type de clients. C'est un moyen réthorique qu'on m'accordera j'espère.
Le gros problème, je crois, dans l'observation et l'analyse des boites en croissance ou sur des marchés en croissance explosive consiste à évaluer un futur totalement inconnu à partir des chiffres du passé :
- avant l'année dernière et cette année le marché linux n'avait pas une configuration extrèmement expansive, en terme de revenu ;
- c'était essentiellement un marché de niche, dont la croissance, en terme de revenu était générée par Red Hat en grande partie, et par une meilleure gestion des relations avec les clients, qui de quasi gratuit passaient au statut de clients payant.
- Cette année et l'année dernière, le marché linux sort de sa niche, avec les démarches "enterprise" de red hat, le "club" mandrake, et le rachat de SUse par Novell qui introduit de facto cette distribution chez les clients Novell.
J'y vois deux conséquences :
- le chiffre de toutes les sociétés croit*, celui de red hat aussi
- le chiffre de red hat ne croit* plus tout seul.
Une troisième apparait :
- les chiffres de red hat pour ètre extrèmement positifs ne sont pas aussi importants que les investisseurs pouvaient s'y attendre. Parce que d'autres sociétés ont capté une partie des revenus et de la croissance. Ce que savent les investisseurs, c'est_toujours_comme_ça.
A ça s'ajoute :
- l'assise résolument libre et ouverte de red hat implique un partage et pas seulement du code source. Ce qui rend la concurrence plus précoce que pour une société qui développe son marché dans l'édition logicielle dans un modèle propriétaire. Il me semble.
- le fait de démarrer avec une base installée énorme, mais non relutive, doit "tamponner" les effets de croissance exponentielle d'une technologie qui "prend".
Autrement dit, si on compare Red Hat à d'autres sociétés du secteur qui ont envahi à une époque donnée le marché de l'édition logicielle, elle ne croit pas aussi vite qu'on pourrait s'y attendre ; c'est comme si il y avait un marché de l'occasion avant d'avoir un marché du neuf. Déroutant non ?
Donc entre les effets prévisibles mais plus précoces que prévus et ceux qui ne l'étaient pas tout à fait par les investisseurs, il s'est produit un hiatus sanctionné immédiatement par une prise de bénéfice et probablement une mise en observation. C'est en fait plutot sain.
RHAT a toujours été un titre sujet à une baisse aprés les résultats - à cause je pense d'une politique de communication extrèmement sérieuse, des chiffres prudents voire pessimistes. Et une fois que le pli est pris...
[^] # Désolé mais c'est dans la news - intermède d'explication de ce qui à mon avis a fait baisser RHAT sur résultats positifs
Posté par jo7 . En réponse à la dépêche GFS à nouveau en GPL et résultats financiers de Red Hat. Évalué à 4.
Avertissement : je caricature surement un peu, beaucoup, en réduisant, le rôle d'autres boites que red hat, et, le nombre de type de clients. C'est un moyen réthorique qu'on m'accordera j'espère.
Le gros problème, je crois, dans l'observation et l'analyse des boites en croissance ou sur des marchés en croissance explosive consiste à évaluer un futur totalement inconnu à partir des chiffres du passé :
- avant l'année dernière et cette année le marché linux n'avait pas une configuration extrèmement expansive, en terme de revenu ;
- c'était essentiellement un marché de niche, dont la croissance, en terme de revenu était générée par Red Hat en grande partie, et par une meilleure gestion des relations avec les clients, qui de quasi gratuit passaient au statut de clients payant.
- Cette année et l'année dernière, le marché linux sort de sa niche, avec les démarches "enterprise" de red hat, le "club" mandrake, et le rachat de SUse par Novell qui introduit de facto cette distribution chez les clients Novell.
J'y vois deux conséquences :
- le chiffre de toutes les sociétés croit*, celui de red hat aussi
- le chiffre de red hat ne croit* plus tout seul.
Une troisième apparait :
- les chiffres de red hat pour ètre extrèmement positifs ne sont pas aussi importants que les investisseurs pouvaient s'y attendre. Parce que d'autres sociétés ont capté une partie des revenus et de la croissance. Ce que savent les investisseurs, c'est_toujours_comme_ça.
A ça s'ajoute :
- l'assise résolument libre et ouverte de red hat implique un partage et pas seulement du code source. Ce qui rend la concurrence plus précoce que pour une société qui développe son marché dans l'édition logicielle dans un modèle propriétaire. Il me semble.
- le fait de démarrer avec une base installée énorme, mais non relutive, doit "tamponner" les effets de croissance exponentielle d'une technologie qui "prend".
Autrement dit, si on compare Red Hat à d'autres sociétés du secteur qui ont envahi à une époque donnée le marché de l'édition logicielle, elle ne croit pas aussi vite qu'on pourrait s'y attendre ; c'est comme si il y avait un marché de l'occasion avant d'avoir un marché du neuf. Déroutant non ?
Donc entre les effets prévisibles mais plus précoces que prévus et ceux qui ne l'étaient pas tout à fait par les investisseurs, il s'est produit un hiatus sanctionné immédiatement par une prise de bénéfice et probablement une mise en observation. C'est en fait plutot sain.
RHAT a toujours été un titre sujet à une baisse aprés les résultats - à cause je pense d'une politique de communication extrèmement sérieuse, des chiffres prudents voire pessimistes. Et une fois que le pli est pris...