• [^] # Re: Lisez-bien...

    Posté par . En réponse à la dépêche Le brevet de Microsoft sur le double-clic sur PDA est accepté !. Évalué à 5.

    Les brevets sans limites sont un frein à l'innovation.

    Le brevet a été inventé (!) pour encourager l'innovation, et notamment pour obliger les inventeurs à publier les détails de leur invention, afin de faire avancer la Science.
    En contrepartie, il accorde un avantage à l'inventeur (sinon tout le monde garderait ses inventions secrètes), sous la forme d'un avantage concurrentiel : le monopole.
    Ce monopole est à durée limitée, et est soumis à "l'entretien" du brevet, sous forme de redevance annuelle progressive.
    (au passage il y a une foultitude de brevets qui sont tombés prématurément dans le domaine public faute de paiement, mais tout le monde se garde bien de le crier sur tous les toits que son brevet n'est plus valide. Pour être sûr il faut payer une recherche à l'OEB.)

    Récompenser l'effort de recherche des entreprises me paraît tout à fait justifié, dans un cadre qui était à l'origine la révolution industrielle : grosses usines, industrie lourde, procédés mécaniques ayant une vitesse d'évolution assez faible.
    Combien de PME ne vivent que parce que leur brevet a empêché le géant du secteur de s'approprier leur niche technlogique ?

    Cependant l'époque a changé, et 20 ans maxi de monopole, c'est beaucoup trop, en tout cas dans des domaines où les performances doublent tous les 18 mois !

    Le pb, c'est quand on commence à breveter des idées, et non plus des procédés. Une entreprise à alors le pouvoir, avec un brevet bien conçu, de verrouiller complètement un marché, sans apporter quoi que ce soit à la science. Avoir une récompense sans avoir investi en recherche. Le beurre et l'argent du beurre.

    A la limite, ca ne me gênerait pas que les logiciels soient brevetables, à condition de respecter l'esprit du brevet : c'est une implémentation qui est brevetée, pas l'algorithme générique. Et l'objet de l'invention doit être divulgé dans le brevet, ici c'est le code source. Seraient alors passibles de contrefaçon seulement ceux qui recopieraient ce source, pas ceux qui en feraient une autre implémentation (avec une autre syntaxe, ou dans un autre langage).
    Vous trouvez que ca ressemble au principe du copyright ? Vous avez raison !
    A une différence quand même : l'obligation de publication, qui peut encourager l'innovation connexe, et facilite la diffusion une fois le brevet tombé dans le domaine public. Enfin je ne vais pas vous apprendre les avantages de l'Open Source ... (j'ai pas dit libre)

    Pour conclure, je suis pour les brevets, mais dans un cadre précis.
    Notamment, pas de brevet pour les logiciels et les méthodes commerciales, qui sont la porte ouverte au brevetage des idées, et qui sont déjà bien protégés.C'est exactement ce que le Parlement Européen a voté, donc continuons à défendre cette décision !