• [^] # Re: Bruit.

    Posté par . En réponse à la dépêche Un Mur du Son contre le Mur des lois liberticides. Évalué à 6.

    La situation lorsqu'on est une minorité à l'intérieur d'un gouvernement n'est jamais simple. En 1997, le PS a eu la majorité absolue dans l'Assemblée. Ils auraient pu gouverner seuls, sans les Verts, le PCF ni le Mouvement des Citoyens. À partir de ce moment là, les autres composantes de la "gauche plurielle" étaient en position de faiblesse vis-à-vis du PS.

    Les Verts, comme le PCF, ont préféré faire partie du gouvernement, en tentant de peser sur les décisions, plutôt que d'être dans l'opposition. C'est un choix qui se comprend. À de nombreuses reprises, le PCF, comme les Verts, se sont retrouvés opposés à une décision de Mr. Jospin (sur des sujets communs ou différents). À chaque fois, la question de "claquer la porte" s'est posée. À chaque fois les deux partis ont jugé plus utile de rester dans le gouvernement.

    Après, on peut théoriquement voter contre une loi, tout en restant de le gouvernement. Le PCF a voté contre certaines lois, dont la LSQ. Mais voter contre un gouvernement que l'on soutient, ça pose aussi de gros problèmes. Vu qu'il est impossible de bloquer la loi de toute façon (majorité absolue du PS), voter contre ou s'abstenir ne change fondamentalement rien, c'est juste symbolique, mais ça peut avoir de graves conséquences sur les relations entre les partis à l'intérieur du gouvernement, et en définitive être nuisible aux _idées_ que le parti en question défend. Les critiquer de manière constructive oui, les dénigrer non.

    Je ne dis pas que je suis d'accord avec ce comportement. À titre personnel, je n'ai pas voté PCF en 2002 (même si c'est le parti dont je me sens le plus proche), parce que j'estimais justement que le PCF aurait du dire "NON !" sur certains sujets (exiger que certaines promesses comme le droit de vote pour les étrangers soient tenues, ne pas accepter certains points de politique étrangère, comme le soutien de la France à l'invasion du Kosovo et de l'Afghanistan, la LSQ, les privatisations, ...). Maintenant, il faut bien prendre en compte la situation en 1997-2002, où le PS pouvait parfaitement gouverner sans l'aide du PCF ni des Verts.

    Si on veut participer au gouvernement dans de telles conditions, et essayer de peser _concrètement_ pour certaines idées, il faut accepter d'avaler des couleuvres. Ou alors, on rejoint l'opposition, on reste fidèle à ses idées sur le principe, mais on ne peut pas vraiment les faire progresser dans la pratique. Il faut trouver un juste milieu entre ces deux extrêmes, et si, dans la "gauche plurielle", le PCF et les Verts ont accepté d'avaler trop de couleuvres AMHA, on ne peut pas non plus leur jeter la pierre.

    Pour l'impact d'une mobilisation, si on voit les revirements, même partiels, du gouvernement sur certains points précis (les chercheurs, les intermittants, les recalculés, les explusions locatives, ...) on ne peut nier que, au moins parfois, les luttes ont des effets concrets. Pas assez ? Certes, mais c'est au contraire une raison pour continuer les combats !

    PS: pour la comparaison entre le PCF et la Corée du Nord, j'ose espérer que c'était une blague...