• [^] # Re: sur phrase d'intro ...

    Posté par . En réponse à la dépêche Le Conseil de l'UE s'apprête à balayer le vote du Parlement sans discussion. Évalué à 9.

    Mais c'est vrai que c'est dur de faire comprendre aux gens qu'ils vivent 10 ans de plus qu'avant, et donc qu'il n'y a plus assez de sous pour payer leur retraite... à part si ils cotisent plus... mais ça la gauche n'y a même pas pensé.

    Ce que la droite n'arrive pas à comprendre, c'est un phénomène appelé augmentation de la productivité. Grâce aux nouvelles technologies, à la rentabilisation des équipements, à la méchanisation, ... la productivité (quantité de services ou produits crées par chaque heure de travail) augemente de plus de 3%, chaque année, depuis 1945. Donc, si chaque personne travaille autant, on augmente de 3% l'ensemble de la production chaque année.

    Le coût supplémentaire des retraites, avec le "papy boom", le déficit des naissances, et l'augmentation de la longévité, est au pire de 1% du PIB par an. Soit, un tiers de ce que l'augmentation de la productivité offre.

    Donc, sans réformer les retraites, il reste 2% d'augmentation de la productivité à répartir, entre augmentation du pouvoir d'achat et diminution du temps de travail.

    Le problème, c'est que cette augmentation de la productivité, en général, se solde par une augmentation du chômage. Donc, pas de production supplémentaire. Augmenter la durée de cottisation dans un tel contexte (plus de main d'oeuvre disponible que de postes disponibles), ne peut conduire qu'à une seule chose: une augmentation encore plus grande du chômage, ce qui ne résout aucun problème.

    La question est donc: d'où vient cet accroissement du chômage ? Autrement dit, où part le gain provoqué par la hausse de la productivité ? La réponse se trouve si l'on regarde une autre colonne de chiffres: la répartition des richesses entre salaires et profits boursiers. La part de la richesse qui va dans les profits boursiers a plus que doublé en 20 ans.

    Voilà le phénomène. L'augmentation de productivité devrait permettre de maintenir le régime de rertraites, d'augmenter les salaires, et de diminuer le temps de travail. Mais actuellement, elle ne sert qu'à augmenter encore plus les profits des spéculateurs boursiers, qui compriment le personnel autant que possible (licenciements, et bloquage du pouvoir d'achat).

    Vu que, autre scandale, seuls les salaires sont taxés pour financer la caisse de retraites et la caisse d'assurance maladie, cet argent qui part vers les marchés financiers creuse de plus en plus les trous du système social.

    Et les Raffarin sont alors heureux de crier au "déficit" pour justifier la casse du système de protection sociale, gagné par le sang et les larmes de nos résistants.