> Les citoyens déterminent le gouvernement lors des législatives en choisissant leurs
> parlementaires en fonction desquels le président nomme le premier ministre.
> 2 niveaux d'indirection c'est pas la mer à boire !
>
> Ca peut te déplaire, mais c'est de la démocratie.
> ...
> Franchement, ce genre de discours ressemble à un nilhisme qui écarte des urnes
> des gens justement qui vont critiquer les élus qu'ils n'ont évidemment pas élu.
Prenons le cas de la France où je vis.
Le président de cette république a été élu avec 82% des suffrages exprimés au deuxième tour en 2002. A priori on peut dire que c'est de la démocratie.
Mais sachant que son unique rival au stade du second tour était un fasciste raciste brutal, qu'il a même refusé de débattre avec cet unique adversaire en public, que les médias ont pratiquement tous mené une campagne de diabolisation de son adversaire et ne lui ont pas posé la moindre question embarrassante lors de ses allocutions télévisées, qu'il avait obtenu moins de 20% des suffrages exprimés au premier tour (avec près de 40% d'abstention), que tout le monde sait qu'il s'est toujours comporté en truand, etc., peut-on encore parler de démocratie?
Techniquement, oui. Selon les règles fixées, il a gagné les élections. Mais où est sa légitimité? Cette élection lui permet-elle de prendre n'importe quelle décision sans consulter le public pendant 5 longues années?
Continuons avec le choix de son premier ministre: un type dont pratiquement personne n'a jamais entendu parler au niveau national, issu d'une formation politique libérale dont le leader n'avait fait que 4% au premier tour des présidentielles (avec toujours près de 40% d'abstention). et dont on sait qu'il est largement considéré comme un homme de paille manipulé entre autre par un ancien premier ministre (non élu par le peuple, donc) qui a réussi a provoquer l'une des plus grosse contestation populaire par la brutalité de ses contre-réformes (décembre 1995).
Là, il y a déjà de sérieuses déperditions de démocratie, non?
Mais ce n'est pas tout! Après deux an de gouvernement, la contestation populaire contre ce premier ministre et sa politique est d'une ampleur impressionante. A l'occasion des élections régionales, cette contestation a enfin les moyens de s'exprimer officiellement par les urnes. Résultat: une baffe sans précédent! Le parti au pouvoir ne conserve plus qu'une seule région sur 22! Réaction du président élu démocratiquement: je conserve le même premier ministre! Alors là, explique-moi où est-ce-qu'il subsiste une once de démocratie?
Ou alors, en gros, ce qu'on appelle démocratie sous nos lattitudes, c'est le fait de choisir parmi une poignée de types lequel aura l'immense privilège de faire ce qu'il veut de la destinée commune pendant 5 ans...
Mais tu as sans doute raison: ce sont les gens comme moi qui émettent des doutes quant à la réalité de la démocratie dans des pays comme la France qui font que l'on s'approche de plus en plus de la barre des 50% d'abstentionnistes...
[^] # Re: sur phrase d'intro ...
Posté par Toucouch . En réponse à la dépêche Le Conseil de l'UE s'apprête à balayer le vote du Parlement sans discussion. Évalué à 4.
> parlementaires en fonction desquels le président nomme le premier ministre.
> 2 niveaux d'indirection c'est pas la mer à boire !
>
> Ca peut te déplaire, mais c'est de la démocratie.
> ...
> Franchement, ce genre de discours ressemble à un nilhisme qui écarte des urnes
> des gens justement qui vont critiquer les élus qu'ils n'ont évidemment pas élu.
Prenons le cas de la France où je vis.
Le président de cette république a été élu avec 82% des suffrages exprimés au deuxième tour en 2002. A priori on peut dire que c'est de la démocratie.
Mais sachant que son unique rival au stade du second tour était un fasciste raciste brutal, qu'il a même refusé de débattre avec cet unique adversaire en public, que les médias ont pratiquement tous mené une campagne de diabolisation de son adversaire et ne lui ont pas posé la moindre question embarrassante lors de ses allocutions télévisées, qu'il avait obtenu moins de 20% des suffrages exprimés au premier tour (avec près de 40% d'abstention), que tout le monde sait qu'il s'est toujours comporté en truand, etc., peut-on encore parler de démocratie?
Techniquement, oui. Selon les règles fixées, il a gagné les élections. Mais où est sa légitimité? Cette élection lui permet-elle de prendre n'importe quelle décision sans consulter le public pendant 5 longues années?
Continuons avec le choix de son premier ministre: un type dont pratiquement personne n'a jamais entendu parler au niveau national, issu d'une formation politique libérale dont le leader n'avait fait que 4% au premier tour des présidentielles (avec toujours près de 40% d'abstention). et dont on sait qu'il est largement considéré comme un homme de paille manipulé entre autre par un ancien premier ministre (non élu par le peuple, donc) qui a réussi a provoquer l'une des plus grosse contestation populaire par la brutalité de ses contre-réformes (décembre 1995).
Là, il y a déjà de sérieuses déperditions de démocratie, non?
Mais ce n'est pas tout! Après deux an de gouvernement, la contestation populaire contre ce premier ministre et sa politique est d'une ampleur impressionante. A l'occasion des élections régionales, cette contestation a enfin les moyens de s'exprimer officiellement par les urnes. Résultat: une baffe sans précédent! Le parti au pouvoir ne conserve plus qu'une seule région sur 22! Réaction du président élu démocratiquement: je conserve le même premier ministre! Alors là, explique-moi où est-ce-qu'il subsiste une once de démocratie?
Ou alors, en gros, ce qu'on appelle démocratie sous nos lattitudes, c'est le fait de choisir parmi une poignée de types lequel aura l'immense privilège de faire ce qu'il veut de la destinée commune pendant 5 ans...
Mais tu as sans doute raison: ce sont les gens comme moi qui émettent des doutes quant à la réalité de la démocratie dans des pays comme la France qui font que l'on s'approche de plus en plus de la barre des 50% d'abstentionnistes...
Toucouch