> LA SANTE C'EST L'AFFAIRE DE LA PUISSANCE PUIBLIQUE.
Mais le libéralisme, par son principe même, vise à réduire le contrôle de la puissance publique sur l'économie, que ce soit pour protéger l'environement, pour protéger la santé, ou pour lutter contre les inégalités sociales. Lorsque les pouvoirs publics disent "non, les entreprises n'ont pas à faire ça" ou "on va ajouter une taxe sur le produit truc parce qu'il pollue", c'est une entorse au libéralisme.
Le libéralisme, c'est limiter au maximum, voir supprimer, les interventions de l'état sur l'économie, et laisser le libre marché se réguler tout seul. Selon les principes d'Adam Smith, la concurrence diminuera alors les prix, et les clients choisiront les produits qui leur conviennent le mieux, donc tout le monde y gagnera. Résumé par Adam Smith par la formule que je paraphrase de mémoire (si qqn a la citation exacte sous la main, je suis preneur): "dans une économie de libre marché où chaque acteur agit pour son intéret personnel, le marché atteindra de lui-mêmel'efficacité maximale comme guidé par une main invisible"
Mais comme l'ont démontré les économistes modernes, ceci ne fonctionne pas, à cause de beaucoup de phénomènes non pris en compte par Adam Smith, comme:
- l'asymétrie de l'information (le vendeur en sait souvent plus que le client sur les conséquences et les risques du produit)
- les barrières à l'entrée (le coût pour qu'un nouveau concurrent entre dans un marché, qui dépend du domaine, mais qui peut être très élevé)
- les externalités (comme la pollution) et les conséquences à long terme, qui sont souvent sous-estimées
- la logique de la théorie des jeux (en Bourse, on essaie pas d'acheter les actions d'une entreprise dans laquelle on a confiance, mais dans laquelle on pense que les autres vont avoir confiance, et on se retrouve souvent dans le cas du dilemme du prisonnier[1])
- la répartition des richesses: la main invisble Adam Smith et les autres théories du libéralisme parlent d'efficacité dans l'absolu, mais jamais du partage des richesses et des inégalités possibles
- l'instabilité: si, en effet, dans le modèle économique classique (sans regarder les effets de l'asymétrie de l'information et des comportements type théorie des jeux) un système de marché admet un équilibre mathématique "optimal"[2], cet équilibre a été démontré comme étant instable (donc, comme une bille en haut d'une colline, il suffit d'un coup de vent, et elle peut dévaler la pente jusqu'en bas; et croire que le système va atteindre tout seul cet équilibre est totalement irréaliste)
> Et c'est de la faute du libéralisme qui les citoyens d'un pays ne veulent pas payer plus d'impôts pour la solidarité alors qu'ils ont largement les moyens ?
Les impôts, et surtout les impôts ciblés (sur les plus riches, sur les plus polluants, ...) sont une entorse au libéralisme. Faire payer les "riches" pour fournir du social aux "pauvres", c'est du socialisme, voir une forme hyper-limitée de communisme, et c'est une entorse au libéralisme.
> La Suède est plus sociale ou moin libérale ?
Les deux, puisque l'influence des pouvoirs publics sur l'économie est plus forte.
> Plein le cul des alter-bidule qui nous chie de l'ultra-machin pour tous les maux de la terre.
Cette phrase résume bien la profondeur de ta réflexion, n'est-ce pas ?
[^] # Re: sur le libéralisme
Posté par Gaël Le Mignot . En réponse à la dépêche Le Conseil de l'UE s'apprête à balayer le vote du Parlement sans discussion. Évalué à 7.
Mais le libéralisme, par son principe même, vise à réduire le contrôle de la puissance publique sur l'économie, que ce soit pour protéger l'environement, pour protéger la santé, ou pour lutter contre les inégalités sociales. Lorsque les pouvoirs publics disent "non, les entreprises n'ont pas à faire ça" ou "on va ajouter une taxe sur le produit truc parce qu'il pollue", c'est une entorse au libéralisme.
Le libéralisme, c'est limiter au maximum, voir supprimer, les interventions de l'état sur l'économie, et laisser le libre marché se réguler tout seul. Selon les principes d'Adam Smith, la concurrence diminuera alors les prix, et les clients choisiront les produits qui leur conviennent le mieux, donc tout le monde y gagnera. Résumé par Adam Smith par la formule que je paraphrase de mémoire (si qqn a la citation exacte sous la main, je suis preneur): "dans une économie de libre marché où chaque acteur agit pour son intéret personnel, le marché atteindra de lui-mêmel'efficacité maximale comme guidé par une main invisible"
Mais comme l'ont démontré les économistes modernes, ceci ne fonctionne pas, à cause de beaucoup de phénomènes non pris en compte par Adam Smith, comme:
- l'asymétrie de l'information (le vendeur en sait souvent plus que le client sur les conséquences et les risques du produit)
- les barrières à l'entrée (le coût pour qu'un nouveau concurrent entre dans un marché, qui dépend du domaine, mais qui peut être très élevé)
- les externalités (comme la pollution) et les conséquences à long terme, qui sont souvent sous-estimées
- la logique de la théorie des jeux (en Bourse, on essaie pas d'acheter les actions d'une entreprise dans laquelle on a confiance, mais dans laquelle on pense que les autres vont avoir confiance, et on se retrouve souvent dans le cas du dilemme du prisonnier[1])
- la répartition des richesses: la main invisble Adam Smith et les autres théories du libéralisme parlent d'efficacité dans l'absolu, mais jamais du partage des richesses et des inégalités possibles
- l'instabilité: si, en effet, dans le modèle économique classique (sans regarder les effets de l'asymétrie de l'information et des comportements type théorie des jeux) un système de marché admet un équilibre mathématique "optimal"[2], cet équilibre a été démontré comme étant instable (donc, comme une bille en haut d'une colline, il suffit d'un coup de vent, et elle peut dévaler la pente jusqu'en bas; et croire que le système va atteindre tout seul cet équilibre est totalement irréaliste)
> Et c'est de la faute du libéralisme qui les citoyens d'un pays ne veulent pas payer plus d'impôts pour la solidarité alors qu'ils ont largement les moyens ?
Les impôts, et surtout les impôts ciblés (sur les plus riches, sur les plus polluants, ...) sont une entorse au libéralisme. Faire payer les "riches" pour fournir du social aux "pauvres", c'est du socialisme, voir une forme hyper-limitée de communisme, et c'est une entorse au libéralisme.
> La Suède est plus sociale ou moin libérale ?
Les deux, puisque l'influence des pouvoirs publics sur l'économie est plus forte.
> Plein le cul des alter-bidule qui nous chie de l'ultra-machin pour tous les maux de la terre.
Cette phrase résume bien la profondeur de ta réflexion, n'est-ce pas ?
[1] http://www.eleves.ens.fr/home/grasland/prisonnier/(...)
[2] Optimum au sens de Perano, c'est à dire ne prenant pas en compte la répartition des richesses.