avec un Parlement Européen qui doit avoir à peine plus de 15 ans pour une construction européenne commencée au début des années 50, ça fait une longue tradition d'Europe non démocratique qui a pourtant donné de bons résultats. Pourquoi ?
Parce qu'elle n'est pas anti-démocratique puisque les négociateurs étaient des délégués de gouvernements élus démocratiquement. C'est donc une simple délégation, tout comme le Parlement national. L'effet vicieux vient, selon moi, de la création d'une bureaucratie européenne avec sa propre vision et dépourvue de pression populaire (comme les inscrits sur la nomenklatura à la belle époque soviétique). Cette bureaucratie se démarque donc de plus en plus des aspirations populaires et de la réalité sociale.
L'autre point c'est que pendant longtemps l'Europe a servi à développer l'économie de tous ses membres, les rendre inter-dépendants pour finir par être solidaires, réduire les inégalités économiques *d'états à états* de façon à réduire le risque de conflit. Maintenant on veut essayer de passer à une Europe politique avec des outils qui n'étaient en aucun cas prévu pour. Forcément ça grippe et on va mettre quelque temps à trouver de nouveaux outils adaptés et à peu près consensuels.
Dernier point, et comme ça a été dit par d'autres ici et ailleurs (et même à d'autres époques, je pense à Montesquieu ou même Condorcet parfois) un corps électoral mal informé, ou même désinformé, et empreint de passions risque fort de voter une décision certes démocratique mais loin d'être juste (principe basique de philosophie politique tout de même : plus de démocratie != plus de justice). On a trop tendance à identifier la démocratie au bien quitte à y perdre en justice et en tolérance. Sur ce vaste sujet, je ne peux que recommander dans les livres "récents" Fareed Zakaria ("L'avenir de la liberté") et Vladimir Volkoff ("Pourquoi je suis moyennement démocrate"), ou sinon revenir carrément à Condorcet et Tocqueville.
Bref, cela étant dit, la décision de la présidence irlandaise me révolte au plus au point. J'espère qu'elle se pétera la gueule.
[^] # Re: sur phrase d'intro ...
Posté par vjm . En réponse à la dépêche Le Conseil de l'UE s'apprête à balayer le vote du Parlement sans discussion. Évalué à 4.
Parce qu'elle n'est pas anti-démocratique puisque les négociateurs étaient des délégués de gouvernements élus démocratiquement. C'est donc une simple délégation, tout comme le Parlement national. L'effet vicieux vient, selon moi, de la création d'une bureaucratie européenne avec sa propre vision et dépourvue de pression populaire (comme les inscrits sur la nomenklatura à la belle époque soviétique). Cette bureaucratie se démarque donc de plus en plus des aspirations populaires et de la réalité sociale.
L'autre point c'est que pendant longtemps l'Europe a servi à développer l'économie de tous ses membres, les rendre inter-dépendants pour finir par être solidaires, réduire les inégalités économiques *d'états à états* de façon à réduire le risque de conflit. Maintenant on veut essayer de passer à une Europe politique avec des outils qui n'étaient en aucun cas prévu pour. Forcément ça grippe et on va mettre quelque temps à trouver de nouveaux outils adaptés et à peu près consensuels.
Dernier point, et comme ça a été dit par d'autres ici et ailleurs (et même à d'autres époques, je pense à Montesquieu ou même Condorcet parfois) un corps électoral mal informé, ou même désinformé, et empreint de passions risque fort de voter une décision certes démocratique mais loin d'être juste (principe basique de philosophie politique tout de même : plus de démocratie != plus de justice). On a trop tendance à identifier la démocratie au bien quitte à y perdre en justice et en tolérance. Sur ce vaste sujet, je ne peux que recommander dans les livres "récents" Fareed Zakaria ("L'avenir de la liberté") et Vladimir Volkoff ("Pourquoi je suis moyennement démocrate"), ou sinon revenir carrément à Condorcet et Tocqueville.
Bref, cela étant dit, la décision de la présidence irlandaise me révolte au plus au point. J'espère qu'elle se pétera la gueule.