> C'est d'ailleurs pour ça qu'ils détiennent des brevets qui permettent d'empêcher
> de sauver des vies dans les pays du tiers monde.
:)
Il s'agit évidemment d'une boutade pour faire remarquer que les grands pharmaciens investissent beaucoup dans des traitement pour les petits bobos des gens habitant les pays industrialisés et pas trop sur des domaines de la santé publique peu ou pas rentables (ce qui n'est pas en soi très choquant, ce qui l'est c'est l'hypocrisie qui consiste à dire qu'ils se cassent le cul pour sauver des vies et qu'ils dépensent plein d'argent pour rechercher des médicaments qui vont sauver des vies, en mettant en avant des montants d'investissements qui contiennent tout et n'importe quoi, au même moment où on parle de dérembourser des tas de médicaments pour service rendu insuffisant...)
> Je faisais la comparaison avec une invention mécanique. Le développement du
> programme est comparable (du point de vue étape) à la mise en production d'un
> objet.
non. La réalisation d'un programme n'est que très difficilement comparable à la production de biens manufacturés. Tes comparaisons trouvent vite leurs limites, tu devrais choisir d'autres analogies. L'étape de la fabrication en série par un outil industriel n'existe pas en informatique (sauf pour le support, mais c'est un aspect périphérique et sans objet ici).
> Le brevet a été créé à l'origine pour inciter les entreprises à faire de la recherche,
> en leur garantissant un retour sur investissement.
> Toi ce que tu dis, c'est ce qu'il faut pour qu'un brevet soit déposable.
Là encore tu as tout faux, le brevet a été créé pour inciter les inventeurs (on parlait peu de sociétés et de départements de R&D à l'époque) à publier les "recettes" de leur inventions pour que tout le monde en profite, tout en s'assurant que les concurrents ne pourraient pas en bénéficier sans contrepartie pendant un certain temps. Sans brevet, tu as toujours la resource d'utiliser le secret industriel par exemple.
Il y a des posts directement ou en filigrane plusieurs idées fausses assez courantes :
- Les brevêts sont le résultat principal de l'activité de R&D des entreprises.
Le rôle d'une entreprise est de produire des biens et des services et de les vendre ; la R&D trouve sa justification dans la production de nouveau bien et services ou dans l'amélioration de ceux existants pour les rendre plus compétitifs et attractifs. Le brevet est un mécanisme de protection parmi d'autres, quand il devient la source principale de revenu, c'est une anomalie.
- Sans brevets les entreprises n'investiraient pas et ne recouperaient pas leurs investissements.
C'est une affirmation gratuite. Le brevet n'est qu'un des moyens de protection disponible et le travail nécessaire pour dupliquer un produit concurrent et l'industrialiser est très loin d'être négligeable pour les produits fabriqués aujourd'hui (reverse ingeneering, recréation de processus de fabrication, etc)
- Le brevet récompense un long travail de recherche.
Rien n'est plus faux. Le brevet ne récompense rien et sert à protéger une invention. Le système ne fait pas de différence entre le chercheur qui a passé cinq ans a fermer une demi douzaine de voies de recherche prometteuses avant de tomber sur quelque chose et celui qui a été droit au but. Et celui qui a passé dix ans sur le problème sans rien trouver, il a rien. Le brevet est attaché au résultat pas au travail ni au montant de l'investissement.
Le domaine des médicaments posent des problèmes spécifiques en matière de brevets comme par exemple si on peut autoriser le brevetage d'une molecule existant à l'état naturel (par exemple dans un plante), si on peut s'assoir dessus pour des raisons humanitaires (par exemple soigner des africains pas solvables), etc.
Ces problèmes spécifiques ne sont pas les même que ceux posés par les brevets logiciels comme la trivialité de certains brevets, le fait de recouvrir de manières transversale un nombre considérable de domaines d'applications disjoints, d'empêcher l'interopérabilité, de protéger un format de fichier ou un protocole, etc
[^] # Re: Qui est notre champion national ?
Posté par Paerro Trime . En réponse à la dépêche Brevets Logiciels, dernière action, dernière chance !. Évalué à 1.
> de sauver des vies dans les pays du tiers monde.
:)
Il s'agit évidemment d'une boutade pour faire remarquer que les grands pharmaciens investissent beaucoup dans des traitement pour les petits bobos des gens habitant les pays industrialisés et pas trop sur des domaines de la santé publique peu ou pas rentables (ce qui n'est pas en soi très choquant, ce qui l'est c'est l'hypocrisie qui consiste à dire qu'ils se cassent le cul pour sauver des vies et qu'ils dépensent plein d'argent pour rechercher des médicaments qui vont sauver des vies, en mettant en avant des montants d'investissements qui contiennent tout et n'importe quoi, au même moment où on parle de dérembourser des tas de médicaments pour service rendu insuffisant...)
> Je faisais la comparaison avec une invention mécanique. Le développement du
> programme est comparable (du point de vue étape) à la mise en production d'un
> objet.
non. La réalisation d'un programme n'est que très difficilement comparable à la production de biens manufacturés. Tes comparaisons trouvent vite leurs limites, tu devrais choisir d'autres analogies. L'étape de la fabrication en série par un outil industriel n'existe pas en informatique (sauf pour le support, mais c'est un aspect périphérique et sans objet ici).
> Le brevet a été créé à l'origine pour inciter les entreprises à faire de la recherche,
> en leur garantissant un retour sur investissement.
> Toi ce que tu dis, c'est ce qu'il faut pour qu'un brevet soit déposable.
Là encore tu as tout faux, le brevet a été créé pour inciter les inventeurs (on parlait peu de sociétés et de départements de R&D à l'époque) à publier les "recettes" de leur inventions pour que tout le monde en profite, tout en s'assurant que les concurrents ne pourraient pas en bénéficier sans contrepartie pendant un certain temps. Sans brevet, tu as toujours la resource d'utiliser le secret industriel par exemple.
Il y a des posts directement ou en filigrane plusieurs idées fausses assez courantes :
- Les brevêts sont le résultat principal de l'activité de R&D des entreprises.
Le rôle d'une entreprise est de produire des biens et des services et de les vendre ; la R&D trouve sa justification dans la production de nouveau bien et services ou dans l'amélioration de ceux existants pour les rendre plus compétitifs et attractifs. Le brevet est un mécanisme de protection parmi d'autres, quand il devient la source principale de revenu, c'est une anomalie.
- Sans brevets les entreprises n'investiraient pas et ne recouperaient pas leurs investissements.
C'est une affirmation gratuite. Le brevet n'est qu'un des moyens de protection disponible et le travail nécessaire pour dupliquer un produit concurrent et l'industrialiser est très loin d'être négligeable pour les produits fabriqués aujourd'hui (reverse ingeneering, recréation de processus de fabrication, etc)
- Le brevet récompense un long travail de recherche.
Rien n'est plus faux. Le brevet ne récompense rien et sert à protéger une invention. Le système ne fait pas de différence entre le chercheur qui a passé cinq ans a fermer une demi douzaine de voies de recherche prometteuses avant de tomber sur quelque chose et celui qui a été droit au but. Et celui qui a passé dix ans sur le problème sans rien trouver, il a rien. Le brevet est attaché au résultat pas au travail ni au montant de l'investissement.
Le domaine des médicaments posent des problèmes spécifiques en matière de brevets comme par exemple si on peut autoriser le brevetage d'une molecule existant à l'état naturel (par exemple dans un plante), si on peut s'assoir dessus pour des raisons humanitaires (par exemple soigner des africains pas solvables), etc.
Ces problèmes spécifiques ne sont pas les même que ceux posés par les brevets logiciels comme la trivialité de certains brevets, le fait de recouvrir de manières transversale un nombre considérable de domaines d'applications disjoints, d'empêcher l'interopérabilité, de protéger un format de fichier ou un protocole, etc