• # Re: LinuxFrench remet en cause quelques associations du libre

    Posté par . En réponse à la dépêche LinuxFrench remet en cause quelques associations du libre. Évalué à 7.

    Quelques réactions en vrac :

    - sur l'image négative que donnerait les geeks :

    D'une part, le phénomène geek, comme le stéréotype de l'autiste boutonneux, n'ont pas attendu la communauté du libre pour apparaitre, et n'ont pas empêché pour autant l'adoption par le grand public de l'informatique. À partir de là, je me demande bien quel problème spécifique ça poserait au libre.

    Mais surtout, de quel droit l'auteur juge ces gens ? Il faudrait asseptiser la communauté de ces indésirables qui présentent mal, ou bien au moins les raser, les épouiller ? Et puis leur faire passer un BTS action commerciale tant qu'on y est...

    Non, ça n'est pas la responsabilité de tous les membres de la communauté de vendre du Linux au décideurs. Si l'auteur n'est pas capable d'accepter, de tolérer, la variété des motivations et des comportements des individus qui la composent, je me demande franchement ce qu'il fout là. Si certains veulent se revendiquer geek, rester volontairement inabordables pour le profane, c'est leur droit le plus strict. L'auteur nous parle un peu plus loin d'un peu plus d'auto-gestion des assos (au passage, elle sont gérées par qui actuellement sinon par leur membres ?), c'est bien, c'est bô, place à l'individu... « Mais vous lui passerez bien le cerveau au pressing d'abord, hein... Et quant à leurs copines, elle ont pas intérêt à la ramener avec leur site tout rose parceque sinon je vais dénoncé son inutilité devant tout le monde, nah ! »

    - sur les RTFM :

    Bah oui, toute la communauté n'est pas disposée en permanence à aider tout le monde gentillement. Là encore, rapellons qu'il s'agit juste d'un tas d'individus rassemblés simplement par un intérêt commun, mais qu'ils ont tous leur caractère et leurs humeurs. C'est comme ça, la communauté n'est pas la hotline de la Linux Inc. Je trouve dommage de ne retenir ainsi que cet aspect trivialement humain des choses alors que ce qu'il y a de vraiment caractéristique et d'exceptionnel c'est que, si ça n'est pas toujours au tout premier essai, on trouve toujours de parfaits inconnus près à nous consacrer du temps pour résoudre nos problèmes, alors qu'ils pourraient très bien être à la place devant la télé ou en train de copuler. Perso, c'est un mode de partage, de don de soit même, que je n'avais jamais rencontré dans la vie avant de tomber justement sur cette communauté. Je ne reviens toujours pas du nombre de LUGs qu'on a, du nombre de mailing listes ou de forum, du nombre de personnes qu'on trouve disponibles sur IRC, etc. Ah non pardon, sur IRC c'est des maichants, l'auteur à même des logs qui le prouve... Franchement, j'ai quelques rares autres centres d'intérêts que le libre dans la vie, et bah même si autant de gens les partagent, ils le font de façon bien moins altruiste.

    - sur les inconnus qui font tout et les connus qui ne font rien :

    Je ne remets pas en cause loin de là le boulot des inconnus, je pense qu'on est d'accord sur la valeur de leur travail. Par contre je trouve l'auteur bien ingrât envers les "figures du libre". C'est vrai qu'il y a de quoi être jaloux, on voit leur tronche dans des journaux, on lit leurs articles, on va à leurs conférences, on les entend à l'occasion à la radio, on pétitionne sous leurs textes, on adhère aux assos qu'ils président... Et pourtant, ces gens là ils font rien ? Et bah moi je pense au contraire qu'ils font beaucoup, même si je n'utilise pas leur code et qu'ils ne m'ont jamais dépanné sur IRC, parcequ'ils font justement tout ce que je viens de citer. Je pense que ça représente un gros investissement personnel, et franchement je n'aurais jamais le courage de changer ma place de petit grouillot inconnu avec eux.

    - sur le propos général de l'article :

    En fait, là où fondamentalement je bloque face à ce brulot, c'est que je ne trouve pas pertinente l'idée d'une remise en cause générale de la communauté. Les reflexions sur les objectifs, les moyens, l'image, etc. ont leur légitimité au sein d'une structure, par exemple associative, bref dans un groupe qui est là pour servir un but commun bien précis et incarner chacun leur petit bout d'un tout cohérent. Mais la communauté, ça n'est pas ça, c'est juste un ensemble d'electrons libres autour d'un noyau (ouais, bon, plusieurs, c'était pour la formule...). Il n'y a pas lieu de chercher à leur donner une direction, on peut juste s'en donner une à soit même, et éventuellement quand on s'en sent la carrure essayer d'en entrainer quelques autres avec nous sur des projets concrets. Enfin bref, je commence à me répéter...