• [^] # Re: Choses louches, et il y pourrait y avoir dans cette liste au moins une occurrence de harcèlement avec diffamation par fabrication

    Posté par . En réponse au lien les petits gars bizarres à éviter du Logiciel Libre. Évalué à 2 (+2/-2).

    Alors déjà, merci de la remise en contexte. Elle est tout à fait bienvenue.

    Il n'en reste pas moins que personne n'a le droit de juger un comportement qui ne fait pas de victime. Par victime, j'entends "personne physique qui a subi un dommage corporel ou psychique ou une atteinte à ses biens".

    Que l'homosexualité aie une base génétique appelle deux réponses de ma part :

    1. C'est pas du tout impossible ;
    2. Ça ne la rend pas intrinsèquement non modifiable.

    Oui, je prends ton contre-pied total, ça va rendre la discussion intéressante :)

    Y a-t-il des gènes de l'homosexualité ? Honnêtement, je ne le sais pas. Il n'y a probablement pas un gène unique. Par contre, ce qui est absolument certain, c'est que notre attirance pour les personnes d'un sexe donné est, elle, génétique. Comment le savoir ? C'est assez facile : 90% des personnes à formule chromosomique XY sont attirées préférentiellement par les femmes, et 90% des personnes à formules chromosomiques XX sont attirées préférentiellement par les hommes. On peut pinailler sur les chiffres, mais c'est globalement ça. Autrement dit, ta formule chromosomique détermine ton attirance sexuelle. Pourquoi y a-t-il des exceptions ? Il n'est pas interdit d'envisager un allèle moins efficace d'un gène qui coderait pour une attirance donnée, le genre de mécanismes assez classiques en génétique. Donc sur la plausibilité a priori d'une base génétique à l'homosexualité, pas d'objection, sous réserve de trouver le ou les gènes impliqués. Mais je n'ai pas les connaissances pour savoir si ça a été recherché depuis.

    Est-ce que pour autant, qu'un comportement soit génétique le rend non modifiable ? Non, loin de là ! De toutes les espèces animales, l'espèce humaine se singularise par son cerveau particulièrement plastique. On peut presque tout apprendre ou désapprendre. Au point qu'il est quasi impossible, pour un comportement donné, de savoir s'il est inné ou acquis, et d'ailleurs la question n'a souvent pas grand sens puisque nous ne nous développons pas dans un vide culturel. Bon, sauf qu'on a essayé pour l'homosexualité : ça ne marche pas. Pas de bol.

    Note d'ailleurs que tous les arguments énoncés peuvent être utilisés tels quels pour défendre la pédophilie. La pédophilie, c'est génétique, on n'y peut rien. Alors si l'on n'y peut rien, il est moralement impossible de condamner un pédophile puisqu'il est l'esclave de ses gènes (l'expression est inspirée de Richard Dawkins). En fait, ça renvoie à une thématique encore plus fondamentale : celle de l'association entre liberté et responsabilité. Sans liberté, pas de responsabilité, mais en cas de liberté, la responsabilité vient inévitablement.

    Sauf que je condamne fermement les agressions sexuelles sur mineur (note d'ailleurs que la thématique de la liberté revient en filigrane dans mon post) et pas les homosexuels. Pourquoi ? Eh bien parce que encore une fois, et avant même le début du débat, il n'y a pas de victimes de l'homosexualité. Une fois établi que les homosexuels respectent le consentement (c'est le cas, et c'est ce qui me fait considérer le film La vie d'Adèle comme profondément homophobe), il n'y a pas de raison de raison de construire un raisonnement quelconque basé sur la liberté ou non d'être homosexuel. Pas de victime, pas de jugement. Fin du débat avant même qu'il ait commencé.

    Le passage du PACS a été en parti motivé par un jugement de la CEDH (dans mon souvenir, même si je ne me souviens plus exactement des détails, et peut être que je confonds avec le mariage)

    Sur le PACS et la CEDH, je ne sais pas. Par contre, pour le mariage homosexuel, tu peux regarder avec intérêt la décision du conseil constitutionnel du 28 janvier 2011. Le conseil y répond à une QPC qui argumente que les homosexuels sont injustement discriminés car ils n'ont pas le droit de se marier. Le conseil y répond que :

    1. Les homosexuels ont parfaitement le droit de se marier, juste pas avec des personnes de même sexe ;
    2. Le législateur a cru bon d'imposer que le mariage soit entre personnes de sexe opposé, et la Constitution n'impose ni cette solution ni la solution contraire ;
    3. Le législateur a parfaitement le droit de régler des problèmes différents par des solutions différentes ;
    4. Le Conseil Constitutionnel n'est pas législateur.

    On peut critiquer, surtout les points 3 et 4, mais de toute façon, l'année suivante, la gauche gagne les élections présidentielle et législative, et ce point figure à son programme. La suite, tu la connais.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.