• [^] # Re: Merci Antoine

    Posté par . En réponse au lien Debian autorise l'IA dans son code Linux, et une partie de la communauté claque la porte. Évalué à 10 (+8/-0).

    'Fin le plus rapide pour ton patient c'est de l'inclure dans un essai thérapeutique. S'il y a un essai, il faut l'inclure dedans, pas simuler des données.

    Parce que bon, on parle d'effondrement de modèle, mais c'est pas une problématique de LLM, c'est une problématique de toute analyse de données, dont il se trouve que le réseau de neurones est un cas particulier. Simuler des patients, fût-ce avec un réseau de neurones, c'est juste une méthode pour mettre de la jolie techno autour de "j'ai pas essayé mais t'inquiète je suis sûr ça marche". Bah non. Si ça marche, tu le donnes à des vrais patients et tu le prouves. Les cimetières sont remplis de gens qui ont pris des médicaments dont on était sûrs qu'ils allaient marcher.

    Alors, est-ce que ça prend 10 ans ? Eh bah ça dépend. On peut grossièrement dichotomiser : il y a les progrès marginaux et les game changers. Le dernier game changer que j'ai en tête, c'est contre la mucoviscidose, mais celui que je connais le mieux, c'est contre l'hépatite C. En gros, on n'avait pas grand chose contre l'hépatite C, on avait un traitement à base d'interféron, ça marchait à environ 50% (moins sur certaines souches virales), c'était 6 mois à un an de traitement, ça rendait dépressif, les patients mouraient par suicide (véridique). À côté de ça, une hépatite C non traitée, c'était 10 à 20 ans d'évolution chronique avant de finir en cirrhose et décès par insuffisance hépatique ou cancer.

    Et puis est arrivé un traitement miraculeux. Qui te guérit une hépatite C à tous les coups, en 15 jours, avec peu d'effets secondaires.

    Bon ben je te fais pas un dessin : l'essai clinique, il a pas pris 10 ans. Quand l'efficacité est majeure, t'inquiète pas, c'est vite plié. Autant les labos que les autorités veulent une mise sur le marché rapide. Et surtout, quand ton médicament marche du feu de dieu, les données mettent pas 10 ans à arriver. Parce que tu as pas besoin de recruter 1 million de patients pour faire des stats. Cas extrême : si demain je découvre un traitement qui guérit la rage sans effets secondaires, j'aurai besoin de recruter exactement 1 patient dans mon essai clinique, et ça sera pas dans le groupe contrôle. Parce que la rage, avec le meilleur traitement actuel, ça reste 100% de létalité et tout le monde le sait.

    Après tu as les améliorations marginales. Souvent par amélioration de l'existant. On va tester une nouvelle manière de combiner chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. On va gagner 6% de mortalité à 5 ans, c'est déjà ça. Ça, oui, ça prend du temps. Mais faut être réaliste : personne n'espère avec insistance une amélioration mineure.

    Donc, en définitive : si une amélioration majeure est en cours de développement, elle arrivera sur le marché avec toute la rapidité dont on est capable. Si on a besoin de stats poussées, sur des milliers de patients, alors c'est que l'amélioration n'est pas si urgente, et inventer des données ne changera rien au problème et pourrait même l'aggraver.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.