Ça va ensemble. Lutter contre l’installation des datacenters dédiés à l’IA est une des manières de lutter contre l’IA.
Par ailleurs, c’est côté production que le pouvoir est concentré. Dans le cas du pétrole, c’est Total et compagnie qui ont un grand pouvoir, une grosse force de lobbying, etc. C’est donc naturel que la bataille se passe côté production.
Et puis, c’est très con, mais il faut voir les dynamiques de luttes et ce qui motive quelqu’un à se bouger. La production est un point très concret susceptible de motiver l’action. Si j’habite à Eybens et qu’un datacenter menace de pousser devant ma fenêtre, ce qui risque de ruiner la belle vue sur les montagnes et causera peut-être des problèmes énergétiques et d’approvisionnement en eau localement, des nuisances sonores, je suis très très motivé pour me battre contre et inviter le gestionnaire d’environnement à considérer son installation à un autre endroit qui serait, lui, prêt à ruiner son environnement. Clairement, un datacenter qui s’installe au pied de ma rue, c’est mon problème "individuel" imminent et urgent donc c’est là-dessus que je suis le plus susceptible de me concentrer, là, maintenant.
Ça peut être efficace si la réponse est la même partout : si tout le monde s’oppose à l’installation du datacenter dans son coin, ça ne peut plus se faire (ça parait utopique, certes).
Se battre côté production, c’est aussi adresser le problème avec une approche collective (à un problème collectif — certes démarré par quelques individus puissants). Tu peux même travailler sur de la régulation, afin que les producteurs ne puissent tout simplement pas fournir de quoi faire une utilisation déraisonnable de la chose. Quelqu’un ne peut pas avoir une utilisation déraisonnable si le producteur ne peut pas fournir lui service.
Côté consommation, sauf erreur, le levier c’est surtout la sensibilisation, et il vise l’individu.
Mais rien n’empêche de lutter sur plusieurs fronts, côté production comme côté utilisateurice, avec une approche collective comme avec une approche individuelle. Au contraire, c’est ce qui me parait le plus efficace. La sensibilisation, c’est très bien, si personne ne veut de ce service de merde, les producteurs seront moins motivés pour le fournir... mais bon, j’ai du mal à croire que les gens vont massivement se priver. La sensibilisation ne suffit pas non plus : même si tu es sensibilisé·e, si tu penses que tes concurrents vont l’utiliser et que ça va les rendre plus productifs, tu pourrais décider de t’y mettre (cf les discussions précédentes).
[^] # Re: Cible erronée ?
Posté par raphj (site web personnel) . En réponse au lien Intelligence artificielle: la gronde contre les data centers se répand à travers le monde. Évalué à 7 (+5/-0). Dernière modification le 03 août 2026 à 16:01.
Ça va ensemble. Lutter contre l’installation des datacenters dédiés à l’IA est une des manières de lutter contre l’IA.
Par ailleurs, c’est côté production que le pouvoir est concentré. Dans le cas du pétrole, c’est Total et compagnie qui ont un grand pouvoir, une grosse force de lobbying, etc. C’est donc naturel que la bataille se passe côté production.
Et puis, c’est très con, mais il faut voir les dynamiques de luttes et ce qui motive quelqu’un à se bouger. La production est un point très concret susceptible de motiver l’action. Si j’habite à Eybens et qu’un datacenter menace de pousser devant ma fenêtre, ce qui risque de ruiner la belle vue sur les montagnes et causera peut-être des problèmes énergétiques et d’approvisionnement en eau localement, des nuisances sonores, je suis très très motivé pour me battre contre et inviter le gestionnaire d’environnement à considérer son installation à un autre endroit qui serait, lui, prêt à ruiner son environnement. Clairement, un datacenter qui s’installe au pied de ma rue, c’est mon problème "individuel" imminent et urgent donc c’est là-dessus que je suis le plus susceptible de me concentrer, là, maintenant.
Ça peut être efficace si la réponse est la même partout : si tout le monde s’oppose à l’installation du datacenter dans son coin, ça ne peut plus se faire (ça parait utopique, certes).
Se battre côté production, c’est aussi adresser le problème avec une approche collective (à un problème collectif — certes démarré par quelques individus puissants). Tu peux même travailler sur de la régulation, afin que les producteurs ne puissent tout simplement pas fournir de quoi faire une utilisation déraisonnable de la chose. Quelqu’un ne peut pas avoir une utilisation déraisonnable si le producteur ne peut pas fournir lui service.
Côté consommation, sauf erreur, le levier c’est surtout la sensibilisation, et il vise l’individu.
Mais rien n’empêche de lutter sur plusieurs fronts, côté production comme côté utilisateurice, avec une approche collective comme avec une approche individuelle. Au contraire, c’est ce qui me parait le plus efficace. La sensibilisation, c’est très bien, si personne ne veut de ce service de merde, les producteurs seront moins motivés pour le fournir... mais bon, j’ai du mal à croire que les gens vont massivement se priver. La sensibilisation ne suffit pas non plus : même si tu es sensibilisé·e, si tu penses que tes concurrents vont l’utiliser et que ça va les rendre plus productifs, tu pourrais décider de t’y mettre (cf les discussions précédentes).