• [^] # Re: oui c'est fou !

    Posté par . En réponse au journal Dévoilement de 6 mois d'enquête sur le numérique - Commission d'enquête. Évalué à 6 (+6/-0).

    Ils ne sont pas vulnérables ils sont complices.

    Je pense qu'on surestime le pouvoir d'un-e élu-e local-e [1], sur un mandat de quelques années, les élu·e·s n'ont pas la main sur tout l'écosystème d'une institution (région, département, commune, interco, etc.). Ils et elles peuvent exprimer une tendance politique, c'est leur rôle d'élu·e. Mais la mise en œuvre doit se faire en association avec les services dans lesquels bossent les agents, sinon ça ne tiendra pas.

    En gros, si le ou la DSI est partant·e, qu'un plan sur la durée est prévu pour adapter les usages, étudier les points de blocage (genre des applis avec un éditeur qui impose un OS), les contrats avec les prestataires (imprimantes et tant d'autres choses), et qu'il y a une volonté politique appuyée sur une connaissance en plus de la prise de conscience, alors dans ce cas les planètes sont alignées et c'est le moment qu'il faut saisir. Si ce n'est pas le cas, on doit chercher à les aligner, et ce n'est pas forcément par manque de volonté, mais la priorisation vient souvent de problèmes beaucoup plus « terre à terre » (rénovation de voirie, arbitrage sur des budgets de plus en plus contraints pour financer la culture locale, l'entretien des parcs, la liste est sans fin). Les agents sont aussi débordé·e·s par de multiples sujets, et souvent en effectif insuffisant.

    Ça nous semble incompréhensible à nous, féru·e·s de logiciels libres, que tout le monde n'ait pas la facilité, l'envie ou même le besoin de se libérer des GAFAM et autres hyperscalers, mais c'est aussi une réalité. Pour moi, imposer de modifier un outil de travail à des dizaines, voire des centaines, de travailleurs et travailleuses ce n'est pas un sujet anodin qui se discute sur le bord d'un blog ou d'un forum, avec du yakafocon ou autres dénigrements, et surtout sans les concerné·e·s

    Là dessus, des costard-cravatés débarquent en renouvelant un parc logiciel que les agents connaissent déjà (ou sont prêts à s'adapter à ses nouveautés magiques), et tu gagnes des heures de discussions avec les services. Je ne connais pas d'élu·e qui ne soit pas conscient·e de gâcher de la thune en payant des licences pour des OS et applications dont ils et elles connaissent les alternatives vertueuses, avec même les solutions de support associées et locales, mais les ressources disponibles pour faire la transition ne sont pas perceptibles immédiatement, et rapidement un autre sujet de canalisation d'eau qui pète, ou de club de foot qui se scinde vient prendre le dessus.

    Élu·e, ce n'est pas un boulot à plein temps pour 99,99% d'entre eux, c'est un engagement pour faire que la volonté des urnes s'applique et que tout le monde vive au mieux, et le sujet du numérique aussi important soit-il, n'est pas encore perçu — à tort on sait — comme essentiel (sauf par moi qui ne suis plus élu, mais bon je continue de militer :))

    [1] lesquel·le·s représentent l'immense majorité des élu·e·s. Et au passage, les ministres ne sont pas élu·e·s, mais sont nommé·e·s.