• [^] # Re: Instruction à domicile

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Le Droit d'Instruire, par l'incroyable N. B.. Évalué à 10 (+10/-0).

    Ça n'est pas comparable : la police et la justice sont indiscutablement des domaines régaliens. Pas l'éducation des enfants, à moins d'être dans un régime totalitaire où on cherche à prendre en main le destin de tous les citoyens.

    Je pense que ça se discute, en tout cas assimiler le fait d'avoir un enseignement public unique à un régime totalitaire me semble bien ridicule. Le contenu de l'enseignement compte plus que la manière de le dispenser dans le cadre du régime totalitaire.

    L'éducation des enfants est un service public, certes, tout comme l'hôpital public. Ça n'implique pas que ce soit obligatoire. Qu'il soit obligatoire d'instruire et d'éduquer les enfants, c'est admis, mais ça n'implique pas non plus que ce soit obligatoirement dans le service public.

    C'est un choix politique, il y a de bonnes raisons de le faire ainsi aussi, tout comme il y a aussi des raisons de ne pas le faire. Cela ne me semble pas si évident.

    Par ailleurs, la monoculture a rarement de bons effets. À une époque, l'apprentissage de la lecture dans l'enseignement public se faisait officiellement avec une méthode qui s'appelle la méthode globale, dont on a par la suite découvert qu'elle avait eu des conséquences assez néfastes. Comment aurait-on pu se rendre compte d'une telle erreur s'il n'y avait aucune alternative à l'enseignement public ? Actuellement, on est en passe de se rendre compte que l'infomatisation de l'enseignement dégrade son efficacité. Mais comment s'en rendrait-on compte s'il n'y avait pas d'écoles garanties sans écran ? Et ça, des écoles sans écrans, une chose est certaine, ce n'est pas dans le public qu'on en trouvera.

    Alors je peux t'annoncer qu'il y a des remèdes à cela sans recourir à des établissements privés ou l'enseignement à la maison. Mais déjà je suis peu convaincu que ces méthodes alternatives permettent de faire avancer le débat public car il faudrait des recherches scientifiques qui comparent et isolent les variables pour s'assurer de la réussite ou non d'une méthode. En particulier dans l'école à la maison cela devient difficile car les pratiques diffèrent de famille en famille et que les contrôles ne permettent pas d'évaluer avec rigueur l'application des méthodes.

    Ensuite rien n'empêche l'école publique de :

    • De varier les styles d'enseignement et de laisser une certaine liberté aux établissements et enseignants ;
    • D'avoir des publics cibles ou des formations différentes tout comme on a des filières générales, techniques ou professionnelles et différentes sections en leur sein ;
    • D'avoir des écoles expérimentales pour évaluer d'autres manières d'enseigner :
    • D'évaluer ce qui se fait à l'étranger (chose qu'on fait relativement rarement dans beaucoup de domaines, pourtant ça permettrait d'avoir de bonnes idées aussi sans réinventer la roue).

    De la même façon qu'on a des options qui diffèrent entre les établissements publics, dans le supérieur on a dans le public du DUT, du BTS, de l'université, des grandes école, etc. Voir en école public = éducation figée unique me semble pas conforme en ce qui est possible de faire.

    La seule justification que j'y vois me semble carrément indéfendable : comme c'est trop efficace, il faut empêcher ceux qui en ont les moyens de le faire.

    Et tu as des preuves que c'est si efficace ?

    Il faudrait aussi séparer les variables, si par exemple ceux qui font l'école à la maison sont surtout des gens fortunés qui ont déjà en moyenne de meilleures performances lorsque leurs enfants suivent une scolarité à l'école publique, tu auras du mal à conclure.