Non, je ne pense pas, parce que la dissonance cognitive est définie comme un malaise dû à un conflit plus ou moins inconscient. Bon c'est plus clairement présenté comme ça dans l'introduction de la version anglaise de la page Wikipédia.
Du coup, si ton conflit est conscient, ce n'est à priori plus de la dissonance cognitive, pour moi ça devient juste un choix, un compromis plus ou moins assumé. En tout cas, je trouverais ça inutile d'étiqueter ça comme de la dissonance cognitive, sinon on va se mettre à étiqueter toute situation de compromis comme de la dissonance cognitive. Or, des compromis, on en a en permanence. Qu'est-ce qu'on essaierait donc d'expliquer ou de montrer avec ça ?
Bon, la notion a pris un peu de plomb dans l'aile récemment, on se rend compte que Festinger a bidonné son étude fondatrice. Ça ne veut pas dire que la notion est fausse, mais j'ai entendu récemment un chercheur dans le domaine1 affirmer que la notion serait de toute façon infalsifiable et qu'elle ne passe pas le principe de parcimonie non plus : en général on peut expliquer les situations psychologiques sans elle.
Il s'en suivrait que débattre de savoir si telle ou telle situation relève de la dissonance cognitive serait plus ou moins futile... Bon, tout le monde n'était pas d'accord avec lui dans la salle, en particulier les doctorant·e·s pour qui la notion est centrale dans leur sujet... tu m'étonnes...
Le sujet m'intéresse mais passivement, je n'ai pas creusé cette piste et je ne l'ai pas vue mentionnée dans les page Wikipédia française et anglaise. Mais je dois avouer que j'ai été plutôt séduit : j'ai l'impression qu'utiliser la notion mène à une lecture un peu restrictive voir paresseuse des choses et qu'elle occulte facilement une lecture plus pertinente. J'ai l'intuition que quand on a envie de crier à la dissonance cognitive, il faut se forcer à chercher une lecture plus utile.
lors des Rencontres Jeunes Chercheur·euse·s le 9 juin dernier, pendant la session questions-réponses de sa présentation De l’expérience de Stanford à la dissonance cognitive : histoires de mythes scientifiques (au cours de laquelle j'ai appris cette histoire de bidonnage d'étude, mentionnée aussi au début de la page Wikipédia française). ↩
[^] # Re: La Sainte Tech
Posté par raphj (site web personnel) . En réponse au lien Linus Torvalds à propos de l'utilisation des LLM. Évalué à 2 (+0/-0).
Non, je ne pense pas, parce que la dissonance cognitive est définie comme un malaise dû à un conflit plus ou moins inconscient. Bon c'est plus clairement présenté comme ça dans l'introduction de la version anglaise de la page Wikipédia.
Du coup, si ton conflit est conscient, ce n'est à priori plus de la dissonance cognitive, pour moi ça devient juste un choix, un compromis plus ou moins assumé. En tout cas, je trouverais ça inutile d'étiqueter ça comme de la dissonance cognitive, sinon on va se mettre à étiqueter toute situation de compromis comme de la dissonance cognitive. Or, des compromis, on en a en permanence. Qu'est-ce qu'on essaierait donc d'expliquer ou de montrer avec ça ?
Bon, la notion a pris un peu de plomb dans l'aile récemment, on se rend compte que Festinger a bidonné son étude fondatrice. Ça ne veut pas dire que la notion est fausse, mais j'ai entendu récemment un chercheur dans le domaine1 affirmer que la notion serait de toute façon infalsifiable et qu'elle ne passe pas le principe de parcimonie non plus : en général on peut expliquer les situations psychologiques sans elle.
Il s'en suivrait que débattre de savoir si telle ou telle situation relève de la dissonance cognitive serait plus ou moins futile... Bon, tout le monde n'était pas d'accord avec lui dans la salle, en particulier les doctorant·e·s pour qui la notion est centrale dans leur sujet... tu m'étonnes...
Le sujet m'intéresse mais passivement, je n'ai pas creusé cette piste et je ne l'ai pas vue mentionnée dans les page Wikipédia française et anglaise. Mais je dois avouer que j'ai été plutôt séduit : j'ai l'impression qu'utiliser la notion mène à une lecture un peu restrictive voir paresseuse des choses et qu'elle occulte facilement une lecture plus pertinente. J'ai l'intuition que quand on a envie de crier à la dissonance cognitive, il faut se forcer à chercher une lecture plus utile.
lors des Rencontres Jeunes Chercheur·euse·s le 9 juin dernier, pendant la session questions-réponses de sa présentation De l’expérience de Stanford à la dissonance cognitive : histoires de mythes scientifiques (au cours de laquelle j'ai appris cette histoire de bidonnage d'étude, mentionnée aussi au début de la page Wikipédia française). ↩