• # Les difficultés des librairies sont multifactorielles

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Déclin de la presse, crise de la librairie, baisse du niveau scolaire : l’écrit continue de régresser en France. Menace sur la culture et la démocratie. Évalué à 7 (+5/-1). Dernière modification le 22 juin 2026 à 14:30.

    En tant que commerces de quartier, les librairies rencontrent le même type de difficultés que leurs collègues des autres secteurs, comme celui du vêtement notamment.

    1/ Les modes de consommation ont changé, nombre de gens achètent leurs livres papier en ligne plutôt que d’aller à la librairie. Ça peut aller même assez loin, comme cette bibliothécaire qui suggère à un lecteur qui avait perdu le livre de le commander sur Amazon, alors qu’il y avait une librairie à deux pas de la bibliothèque (le lecteur en question est allé à la librairie, a trouvé le bouquin et l’a ramené illico à la bibliothèque et il a rapporté l’histoire sur Mastodon).

    2/ Les prix des baux commerciaux, en France, qui ne sont pas encadrés et peuvent plomber un commerce, c’est d’ailleurs souvent l’une des raisons qui fait que les commerces mettent la clé sous la porte après trois ans, donc au moment du renouvellement du bail 3-6-9 et des augmentations de loyer. Et c’est aussi l’une des raisons de la désertification commerciale des centre-villes. Ça n’est pas spécifique aux librairies, il suffit de discuter un peu avec les commerçants. On n’a pas forcément à leur demander d’ailleurs, ainsi un patron de bazar m’a une fois expliqué ses angoisses au sujet du loyer (quelque chose comme 2 000 € mensuel, il faut vendre beaucoup pour pouvoir commencer à gagner de l’argent et se payer).

    3/ La faiblesse des marges, elle est au maximum de 38 % du prix public (pour les grosses librairies) si je ne me trompe pas (mauvaise mémoire des chiffres), mais plus souvent légèrement supérieure à 30 % (je n’ai plus les détails en tête). Il faut savoir que, dans le commerce de détail les marges permettent le plus souvent au commerçant de fixer ses prix et de faire la « culbute » (ce qui ne les rend pas automatiquement riches pour autant). À ma connaissance certains produits en mercerie et en cosmétique ont aussi des marges assez faibles, mais je ‘en connais pas les détails. Cela dit, les merceries ont presque disparu du paysage. D’ailleurs l’emblématique mercerie bobo parisienne la Droguerie va fermer ainsi que toutes ses autres boutiques.

    4/ Le livre est souvent assez cher ou jugé tel ce qui rend son achat difficile pour les personnes qui ont des revenus modestes.

    5/ Les modes lecture ont changé aussi. C’est valable pour la presse d’ailleurs.

    Donc mettre ça sur le compte des gamins et de gamines qui ne liraient plus, je trouve ça assez léger.

    Je n’ai aucun avis sur systemd