D'ailleurs peut-être que le sens qu'il a pris en français est en partie dû au fait que c'est une langue qui se prête mal aux expressions courtes et agglomérées du Newspeak ?
À mon avis non. Le français se prête parfaitement bien à faire du nouveau parler.
Le processus de "banalisation" du mot «novlang» est le même que celui de «fasciste» qui aujourd'hui veut simplement dire «de droite, avec quelques idées sécuritaires».
D'abord des gens l'ont utilisé intentionnellement pour récupérer une partie de la charge émotionnelle embarquée dans le mot; ensuite, comme personne n'a lu 1984 ni n'a compris le programme de Mussolini, ces mots ont été utilisés à tort et à travers. Et à force de les utiliser pour dire n'importe quoi, ces mots se sont vidés de leur sens.
Et c'est très dommage parce que aujourd'hui on n'a plus de mot pour exprimer «la politique de Mussolini» ni pour exprimer «un appauvrissement de la langue dans le but de n'être plus capable de penser à certaines choses».
Aujourd'hui les gens qui utilisent le mot «fasciste» n'expriment finalement pas plus que ce qu'exprime le mot «inbien» en nouveau parler.
Perso, je dirais que dire à propos de l'IA «on va investir pour profiter à tous les Français et améliorer les services publics» est de l'enfumage.
Utiliser «novlang» pour qualifier la phrase «on va investir pour profiter à tous les Français et améliorer les services publics» est un appauvrissement spectaculaire de la langue. Surtout que «novlang», d'après le Robert et le Larousse est un mot extrêmement vague qui regroupe un milliard de techniques rhétoriques.
Bref. Ironiquement, le mot «novlang» est devenu un nouveau parler. Un mot passe-partout qui ne permet pas d'exprimer précisément ce qui ne va pas dans un discours.
[^] # Re: «renforce nos services publics»
Posté par LaurentClaessens (site web personnel) . En réponse au lien La France va investir 655 millions d’euros dans l’IA; le premier ministre souhaite qu'elle...«renforce nos services publics»...(oui, oui). Évalué à 3 (+2/-1).
À mon avis non. Le français se prête parfaitement bien à faire du nouveau parler.
Le processus de "banalisation" du mot «novlang» est le même que celui de «fasciste» qui aujourd'hui veut simplement dire «de droite, avec quelques idées sécuritaires».
D'abord des gens l'ont utilisé intentionnellement pour récupérer une partie de la charge émotionnelle embarquée dans le mot; ensuite, comme personne n'a lu 1984 ni n'a compris le programme de Mussolini, ces mots ont été utilisés à tort et à travers. Et à force de les utiliser pour dire n'importe quoi, ces mots se sont vidés de leur sens.
Et c'est très dommage parce que aujourd'hui on n'a plus de mot pour exprimer «la politique de Mussolini» ni pour exprimer «un appauvrissement de la langue dans le but de n'être plus capable de penser à certaines choses».
Aujourd'hui les gens qui utilisent le mot «fasciste» n'expriment finalement pas plus que ce qu'exprime le mot «inbien» en nouveau parler.
Perso, je dirais que dire à propos de l'IA «on va investir pour profiter à tous les Français et améliorer les services publics» est de l'enfumage.
Utiliser «novlang» pour qualifier la phrase «on va investir pour profiter à tous les Français et améliorer les services publics» est un appauvrissement spectaculaire de la langue. Surtout que «novlang», d'après le Robert et le Larousse est un mot extrêmement vague qui regroupe un milliard de techniques rhétoriques.
Bref. Ironiquement, le mot «novlang» est devenu un nouveau parler. Un mot passe-partout qui ne permet pas d'exprimer précisément ce qui ne va pas dans un discours.