• [^] # Re: Ctrl-c Ctrl-v

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien La proposition de loi sur le droit d’auteur et l’IA torpillée à l’Assemblée après un vote au Sénat à l’unanimité. Évalué à 5 (+2/-0).

    Je reprends plus lentement: "la présomption n'est pas une preuve". Je sais pas comment rendre ça plus simple, et j'ai mis un lien pour l'expliquer.

    Ensuite, on peut discuter sur la rédaction exacte de la loi car c'est en effet un peu flou comme le souligne un amendement de Bothorel, mais en pratique, vu que les fabricants de modèle gardent les données pour entraîner les nouveaux modèles, ça devrait pas être trop dur de prouver ou pas que tu as les données.

    Prenons par exemple Minimax, attaqué par Disney et co. C'est un modèle à diffusion (de diffusion ?) dont le fonctionnement est simple. Tu génères un ensemble de pixel aléatoire, tu le passes à ton modèle en demandant un score de ressemblance avec ton prompt "Dark Vador qui nourrit un chat", et tu itères en retirant le bruit (c'est expliqué ici en détail) et en reposant la question jusqu'à ce que le modèle réponde "ressemblance: 99%".

    Mais pour entraîner ce modèle (qui reste au final un modèle de reconnaissance d'image utilisé à l'envers), il faut bien avoir des images avec Dark Vador et des images avec des chats, et il faut que ces images soient annotées avec le fait que ça montre Dark Vador, et d'autres qui montrent un chat. Donc ça devient simplement une recherche dans du texte, à savoir les annotations (alors bien sur, ça doit quand même faire un paquet d'image, mais beaucoup moins que sans ça).

    Dans les juridictions en common law, tu peux demander ça au moment de la phase de discovery. En juridiction française, ça n'a pas l'air de se passer comme ça, mais de ce que je lit, le juge peut ordonner la conservation de preuve (article 145 du code de procédure civile) sur demande d'un des deux partis. Mais pour ça, il faut pouvoir aller en justice d’où la loi en question.

    Je rajouterais aussi que les fabricants d'IA doivent fournir la liste des données pour la mise sur le marché en Europe (article 11 de l'AI Act, voir l'annexe IV, point 2.d pour les détails). Ça concerne que les IA dites "à haut risque", mais c'est aussi une classification qui me semble large, donc je pense pas que les modèles actuelles y échappent (ou sinon, ça serait dommage de louper des marchés juteux).