Voici la réponse de mon député (UMP) au mail type de l'ODEBI:
Monsieur, Madame,
Vous avez appelé mon attention sur le projet de loi pour la confiance
dans léconomie numérique et, plus particulièrement, sur le dispositif
de mise en jeu de la responsabilité civile et pénale des prestataires
techniques.
Ce régime de responsabilité est fixé par larticle 2 du projet de loi
qui transpose larticle 14 de la directive du 8 juin 2000 sur le
commerce électronique. Il modifie à cet effet les articles 43-8 et 43-9
de la loi du 30 septembre 1986, tels quils avaient été rédigés par
celle du 1er août 2000.
Le mécanisme proposé par larticle 14 de la directive du 8 juin 2000 a
pour objectif de mettre en place une responsabilité de lhébergeur quant
au maintien en ligne dune information litigieuse, dès lors quil a
connaissance de la présence de cette information sur son site.
Comme vous le savez, il sagit dun dispositif résultant dune
négociation interétatique communautaire. La France ne peut donc sen
exempter unilatéralement et doit le transposer.
Conformément à cette directive, le projet de loi ninstaure pas une
obligation générale de surveillance des contenus, qui serait
techniquement impossible, mais une simple obligation de moyens. La
responsabilité de lhébergeur est limitée. Elle ne peut être engagée que
sil a eu connaissance du caractère illicite des informations diffusées
et na rien fait, compte tenu de létat de lart, pour y mettre un
terme.
En outre, ce dispositif, dont vous considérez quil revient à privatiser
la justice numérique, nexclut nullement lintervention du juge. En
effet, la responsabilité de lhébergeur sera engagée sous le contrôle du
juge, à la fois pour sanctionner les défaillances de lhébergeur, sil
manque à son devoir de retrait, mais aussi pour assurer sa protection,
sil est confronté à une demande abusive de retrait de la part dun
internaute. Cette disposition a été votée sur linitiative de mon
collègue Patrice Martin-Lalande. Elle organise une réelle protection de
lhébergeur, qui sappuie au besoin sur le recours à une procédure de
notification.
Il me semble enfin essentiel de souligner que ce dispositif poursuit un
objectif quaucun dentre nous ne saurait contester : celui de faire
cesser des contenus dont la diffusion est constitutive dinfractions
particulièrement odieuses, quil sagisse de lapologie de crimes de
guerre, dincitation à la haine raciale ou de pédophilie.
Je suis, tout comme vous, attaché à la liberté du monde de linternet,
mais également soucieux quil ne devienne pas un espace de non-droit.
Les sites internet et les internautes se comptent aujourdhui par
millions, ce qui nécessite aussi dadapter les procédures.
A cet égard, le régime de responsabilité limitée des prestataires
techniques que le projet de loi met en place, me parait ajusté à
léchelle des sources potentielles de différends, dans la mesure où il
permet de régler des situations dans linstant, sous le contrôle a
posteriori du juge.
Je reste à votre entière disposition et vous prie de croire, Madame,
Monsieur, en lassurance de mes salutations distinguées.
# Re: LEN : Grogne des fournisseurs d'accès à Internet
Posté par Frédéric VANNIERE . En réponse à la dépêche LEN : Grogne des fournisseurs d'accès à Internet. Évalué à 1.
Monsieur, Madame,
Vous avez appelé mon attention sur le projet de loi pour la confiance
dans léconomie numérique et, plus particulièrement, sur le dispositif
de mise en jeu de la responsabilité civile et pénale des prestataires
techniques.
Ce régime de responsabilité est fixé par larticle 2 du projet de loi
qui transpose larticle 14 de la directive du 8 juin 2000 sur le
commerce électronique. Il modifie à cet effet les articles 43-8 et 43-9
de la loi du 30 septembre 1986, tels quils avaient été rédigés par
celle du 1er août 2000.
Le mécanisme proposé par larticle 14 de la directive du 8 juin 2000 a
pour objectif de mettre en place une responsabilité de lhébergeur quant
au maintien en ligne dune information litigieuse, dès lors quil a
connaissance de la présence de cette information sur son site.
Comme vous le savez, il sagit dun dispositif résultant dune
négociation interétatique communautaire. La France ne peut donc sen
exempter unilatéralement et doit le transposer.
Conformément à cette directive, le projet de loi ninstaure pas une
obligation générale de surveillance des contenus, qui serait
techniquement impossible, mais une simple obligation de moyens. La
responsabilité de lhébergeur est limitée. Elle ne peut être engagée que
sil a eu connaissance du caractère illicite des informations diffusées
et na rien fait, compte tenu de létat de lart, pour y mettre un
terme.
En outre, ce dispositif, dont vous considérez quil revient à privatiser
la justice numérique, nexclut nullement lintervention du juge. En
effet, la responsabilité de lhébergeur sera engagée sous le contrôle du
juge, à la fois pour sanctionner les défaillances de lhébergeur, sil
manque à son devoir de retrait, mais aussi pour assurer sa protection,
sil est confronté à une demande abusive de retrait de la part dun
internaute. Cette disposition a été votée sur linitiative de mon
collègue Patrice Martin-Lalande. Elle organise une réelle protection de
lhébergeur, qui sappuie au besoin sur le recours à une procédure de
notification.
Il me semble enfin essentiel de souligner que ce dispositif poursuit un
objectif quaucun dentre nous ne saurait contester : celui de faire
cesser des contenus dont la diffusion est constitutive dinfractions
particulièrement odieuses, quil sagisse de lapologie de crimes de
guerre, dincitation à la haine raciale ou de pédophilie.
Je suis, tout comme vous, attaché à la liberté du monde de linternet,
mais également soucieux quil ne devienne pas un espace de non-droit.
Les sites internet et les internautes se comptent aujourdhui par
millions, ce qui nécessite aussi dadapter les procédures.
A cet égard, le régime de responsabilité limitée des prestataires
techniques que le projet de loi met en place, me parait ajusté à
léchelle des sources potentielles de différends, dans la mesure où il
permet de régler des situations dans linstant, sous le contrôle a
posteriori du juge.
Je reste à votre entière disposition et vous prie de croire, Madame,
Monsieur, en lassurance de mes salutations distinguées.
Edouard JACQUE
Député de Meurthe et Moselle