• [^] # Re: Linus Torvalds et le logiciel libre

    Posté par . En réponse au journal Avis sur le livre "Richard Stallman et la révolution du logiciel libre". Évalué à 10 (+11/-1).

    Je pense que c'est le sous-titre de Just For Fun, le livre de Linus (traduit chez nous en « Il était une fois Linux ») qui résume le mieux la chose : « l'extraordinaire histoire d'une révolution accidentelle ».

    Et ironie de la chose, j'y retrouve un marque-page ouvrant le chapitre sur « la propriété intellectuelle », dans lequel on peut lire :

    La schizophrénie m'a d'ailleurs guetté à ce propos, comme je l'explique plus loin.

    Je ne veux pas dire que je n'ai pas d'opinion. J'ai de très fortes convictions en ce qui concerne la propriété intellectuelle, mais elles se partagent en arguments tant pour que contre. À vrai dire, c'est assez confondant car je trouve des arguments valables des deux côtés. Je pense que c'est lié au fait que la propriété intellectuelle offre véritablement deux côtés qui n'ont de commun que le nom.

    Linus a toujours été un « hippie pragmatique », ce qui se confirme quand on lit le livre et quand on regarde les vidéos ou il apparaît mais il faut également se souvenir qu'au départ, en 1991 mais également dans les années 1980 (pour les générations huit bits), nos plateformes n'étaient pas verrouillées, mais elles étaient pour ainsi dire toutes propriétaires quand même. À ce stade, il s'agissait surtout de lancer un projet participatif comme on l'avait tous fait à cette époque, puis, plus tard, de faire en sorte qu'il prospère et ne meure pas de causes naturelles comme c'était le cas pour 90 % des initiatives amateur.

    C'est le fait d'avoir mis en place une infrastructure libre et solide qui a permis ensuite à tout le mouvement de croître dessus, avec tous les bienfaits que l'on peut en tirer aujourd'hui tant c'est devenu aujourd'hui un enjeu au niveau international. Rétrospectivement, je trouve cela comparable au fait d'avoir déployé le réseau électrique en France dans les années 60 et 70.

    Parallèlement, le projet Linux a toujours été perméable à la contribution extérieure et cela a été une prouesse d'arriver à le faire à la fois sans se « perdre » et sans imposer une idéologie propre qui aurait fini par enfermer le projet et le conduire dans une impasse.

    En ce sens, on peut dire sans trop se mouiller je pense que Linus est d'une façon générale favorable à tout ce qui permet au projet d'avancer, quoi que ce soit, tant que ça reste dans la mesure de l'admissible. Et c'est précisément ce qui a permis au noyau d'aller si loin.