Un autre exemple : depuis des années, les copropriétés équipées de chauffage collectif sont dans l'obligation d'installer des compteurs de chauffage individuels.
Il m'amuse cet exemple.
Parce qu'il y a quelques années (quand j'étais un jeune papa, en l'occurrence, mais peut-être égoïste... la suite dira à quel point), je me suis installé dans une copro d'un "éco-quartier" - le terme était à la mode - dont le bâti était conçu pour une isolation thermique globale très efficace, mais pas entre les logements. Et il avait été construit juste avant l'obligation des compteurs individuels, mais avec les "manchons" qui rendaient cette installation assez facile.
Quand le syndic est venu nous vendre cette merveilleuse prestation de son partenaire, qui nous faisait "cadeau" de l'installation des compteurs, j'avais eu le temps de constater que mon thermostat ne s'était, en 2 ans, déclenché que 2 journées. Pourquoi si peu ? Pas parce que j'étais un modèle de sobriété: il était réglé sur 19,5°C. Mais simplement parce que j'étais au second étage sur 6 et que mes voisins du dessous absorbaient le gros de ce qu'il fallait pour passer du froid sous-sol aux 19,5° de mon salon. Pareil pour celui du dernier étage, qui faisait tampon en dépit de l'isolation sans doute pas trop mauvaise du toit. Et pour ceux qui avaient des logements orientés plein nord.
Du coup, j'ai milité, en tant que membre du conseil syndical, pour ne pas respecter ce qui était présenté comme une obligation légale et qui allait avoir concrètement pour effet:
- de créer une rente pour la boite qui nous posait les compteurs, puisqu'elle allait toucher annuellement un joli pactole juste pour passer dans la rue une fois par mois avec son antenne pour relever les compteurs
- de pousser la facture aux résidents qui vivaient dans les logements les moins bien exposés, sans bonne raison à ça
- d'augmenter globalement les charges de la copro
Ça a été un échec, puisque la majorité des proprios (presque tous jeunes, copro toute neuve oblige) a préféré gagner quelques euros sur le dos des moins bien lotis et a donc voté pour la rente. Comme quoi... Mais j'imagine que s'ils racontaient ça à qqun aujourd'hui, ils me qualifieraient probablement de vieil égoïste frileux qui voulait pouvoir chauffer à 25° de manière à me disqualifier en tant que contradicteur.
Je dis pas que c'est le cas dans ton histoire, hein. Dans les copros plus anciennes, cette obligation avait vraiment du sens. J'ai juste trouvé rigolo de lire ça en regard de ma propre expérience. Ça permet de rappeler que les circonstances précises sont importantes et rarement véhiculées dans les discours des protagonistes, et qu'il faut donc prendre tout ça avec plein de pincettes.
[^] # Re: N'est-ce pas un droit ?
Posté par lesensei . En réponse à la dépêche Banques en ligne : l’authentification forte doit-elle imposer Android ou iPhone ?. Évalué à 3 (+3/-1).
Il m'amuse cet exemple.
Parce qu'il y a quelques années (quand j'étais un jeune papa, en l'occurrence, mais peut-être égoïste... la suite dira à quel point), je me suis installé dans une copro d'un "éco-quartier" - le terme était à la mode - dont le bâti était conçu pour une isolation thermique globale très efficace, mais pas entre les logements. Et il avait été construit juste avant l'obligation des compteurs individuels, mais avec les "manchons" qui rendaient cette installation assez facile.
Quand le syndic est venu nous vendre cette merveilleuse prestation de son partenaire, qui nous faisait "cadeau" de l'installation des compteurs, j'avais eu le temps de constater que mon thermostat ne s'était, en 2 ans, déclenché que 2 journées. Pourquoi si peu ? Pas parce que j'étais un modèle de sobriété: il était réglé sur 19,5°C. Mais simplement parce que j'étais au second étage sur 6 et que mes voisins du dessous absorbaient le gros de ce qu'il fallait pour passer du froid sous-sol aux 19,5° de mon salon. Pareil pour celui du dernier étage, qui faisait tampon en dépit de l'isolation sans doute pas trop mauvaise du toit. Et pour ceux qui avaient des logements orientés plein nord.
Du coup, j'ai milité, en tant que membre du conseil syndical, pour ne pas respecter ce qui était présenté comme une obligation légale et qui allait avoir concrètement pour effet:
- de créer une rente pour la boite qui nous posait les compteurs, puisqu'elle allait toucher annuellement un joli pactole juste pour passer dans la rue une fois par mois avec son antenne pour relever les compteurs
- de pousser la facture aux résidents qui vivaient dans les logements les moins bien exposés, sans bonne raison à ça
- d'augmenter globalement les charges de la copro
Ça a été un échec, puisque la majorité des proprios (presque tous jeunes, copro toute neuve oblige) a préféré gagner quelques euros sur le dos des moins bien lotis et a donc voté pour la rente. Comme quoi... Mais j'imagine que s'ils racontaient ça à qqun aujourd'hui, ils me qualifieraient probablement de vieil égoïste frileux qui voulait pouvoir chauffer à 25° de manière à me disqualifier en tant que contradicteur.
Je dis pas que c'est le cas dans ton histoire, hein. Dans les copros plus anciennes, cette obligation avait vraiment du sens. J'ai juste trouvé rigolo de lire ça en regard de ma propre expérience. Ça permet de rappeler que les circonstances précises sont importantes et rarement véhiculées dans les discours des protagonistes, et qu'il faut donc prendre tout ça avec plein de pincettes.