Ah mais j'en suis parfaitement conscient, mais ça reste hypocrite et égoïste, parce qu'on parle du confort des bourgeois sédentaires des centre villes sans considérer les conséquences sur les 90% restants: (i) les ruraux, (ii) ceux qui travaillent en ville sans y habiter, (iii) les 'esclaves' des bourgeois qui rendent cette vie non-motorisée confortable (livreurs à vélo, chauffeurs VTC, services municipaux qui contrôlent les accès, les bornes automatiques, qui entretiennent les espaces verts, etc ...), (iv) tous ceux qui n'en sont pas au même stade social et qui n'ont pas eu le temps de profiter de la surconsommation avant de s'en passer, (v) les beaufs et les vroumvroum pouet pouet (qui votent et qui ont un pouvoir de nuisance), (vi) ceux qui n'ont pas les moyens d'accepter les surcoûts liés à ce mode de vie (parking privé au lieu de parking dans la rue, immobilier plus cher, coût de la vie plus élevé à cause de la logistique d'approvisionnement plus complexe et des marges plus élevées des commerces plus petits...), (vii) ceux pour qui les véhicules individuels restent indispensables et qui sont socialement ejectés des centre villes (service à la personne, travail de nuit...), (viii) ceux pour qui le véhicule personnel reste un facteur d'émancipation (pour gérer une vie personnelle ou professionnelle compliquée...).
Si l'argument, c'est "il est quand même bien plus agréable de vivre dans une ville sans voiture", on est 100% d'accord, pas la peine de mettre des photos pour illustrer un point qu'il n'y a pas besoin de discuter. Mon argument, c'est juste que si tu es personnellement dans un cas où tu vois un avantage à vivre dans une ville sans voiture, alors tu as la chance de faire partie d'une catégorie très privilégiée de Français. Tu peux bien sûr argumenter sur le fait que cette catégorie devrait être plus nombreuse, ou même qu'il est possible d'adapter son mode de vie pour se rapprocher de cette catégorie, alors pourquoi pas. Mais mon problème, c'est qu'on en revient vite à nier qu'on est en train d'imposer une solution de bourgeois à un problème de bourgeois, sans même s'apercevoir que ça revient à écraser encore plus la partie de la société qui est la moins privilégiée, avec même parfois un cynisme à peine déguisé (dans le genre "en plus le vélo c'est bon pour la santé, ils devraient être contents").
[^] # Re: de toute facon
Posté par arnaudus . En réponse au lien Oui, la France peut vivre sans voiture (cette étude le prouve). Évalué à 4 (+4/-3).
Ah mais j'en suis parfaitement conscient, mais ça reste hypocrite et égoïste, parce qu'on parle du confort des bourgeois sédentaires des centre villes sans considérer les conséquences sur les 90% restants: (i) les ruraux, (ii) ceux qui travaillent en ville sans y habiter, (iii) les 'esclaves' des bourgeois qui rendent cette vie non-motorisée confortable (livreurs à vélo, chauffeurs VTC, services municipaux qui contrôlent les accès, les bornes automatiques, qui entretiennent les espaces verts, etc ...), (iv) tous ceux qui n'en sont pas au même stade social et qui n'ont pas eu le temps de profiter de la surconsommation avant de s'en passer, (v) les beaufs et les vroumvroum pouet pouet (qui votent et qui ont un pouvoir de nuisance), (vi) ceux qui n'ont pas les moyens d'accepter les surcoûts liés à ce mode de vie (parking privé au lieu de parking dans la rue, immobilier plus cher, coût de la vie plus élevé à cause de la logistique d'approvisionnement plus complexe et des marges plus élevées des commerces plus petits...), (vii) ceux pour qui les véhicules individuels restent indispensables et qui sont socialement ejectés des centre villes (service à la personne, travail de nuit...), (viii) ceux pour qui le véhicule personnel reste un facteur d'émancipation (pour gérer une vie personnelle ou professionnelle compliquée...).
Si l'argument, c'est "il est quand même bien plus agréable de vivre dans une ville sans voiture", on est 100% d'accord, pas la peine de mettre des photos pour illustrer un point qu'il n'y a pas besoin de discuter. Mon argument, c'est juste que si tu es personnellement dans un cas où tu vois un avantage à vivre dans une ville sans voiture, alors tu as la chance de faire partie d'une catégorie très privilégiée de Français. Tu peux bien sûr argumenter sur le fait que cette catégorie devrait être plus nombreuse, ou même qu'il est possible d'adapter son mode de vie pour se rapprocher de cette catégorie, alors pourquoi pas. Mais mon problème, c'est qu'on en revient vite à nier qu'on est en train d'imposer une solution de bourgeois à un problème de bourgeois, sans même s'apercevoir que ça revient à écraser encore plus la partie de la société qui est la moins privilégiée, avec même parfois un cynisme à peine déguisé (dans le genre "en plus le vélo c'est bon pour la santé, ils devraient être contents").