L'article lui-même n'est pas terrible, en mode "des bus toutes les demi-heures partout et plein de pistes cyclables, trop facile".
Pourtant l'étude est plus nuancée, et pour le coup, pointe de bonnes choses, en prenant en compte les différents cas, y compris la population vieillissante/handicapée et la faible densité. Parce que non, en effet, on ne met pas "un bus tous les demi-heures" pour desservir tous les hameaux des zones à très faible densité, et on ne s'attends pas à ce que des personnes à mobilité réduite utilisent un vélo, même à assistance électrique. Dans ce genre de coin, la seule solution (en plus des pistes cyclables pour les valides, qui ne remplacent pas non plus les voies empruntables par les véhicules motorisés) c'est de mettre en place un système performant de transport à la demande (TAD). Et c'est là le seul vrai reproche que je ferais à l'étude : elle en parle mais rapidement, et ne chiffre pas le coût et les besoins sur ce genre de service, alors que c'est assez essentiel.
Par chez moi (9 habitants/km2 parait-il), l'intercommunalité a bien mis en place un TAD, à un tarif en plus très accessible, mais les situations pour l'utiliser sont si drastiques qu'au final tout le monde a une auto ou se débrouille avec un voisin (y compris quand le TAD serait utilisable). Et c'est dommage, parce que si c'était plus accessible, je réfléchirais plus sérieusement à me passer d'auto. Les transports en communs sont minables, les voies empruntables en vélo sont accidentogènes, mais un bon TAD changerait déjà pas mal de choses. Après, si tout s'améliorait, ce serait le rêve.
Pour ceux qui n'ont pas lu l'étude : l'idée est de favoriser à fond le multimodal et l'alternative à la voiture (comment rejoindre les transports en commun en se passant au maximum de l'auto) mais ne demande pas de supprimer l'auto et les routes ; simplement de faire que les alternatives soient suffisamment bonnes pour que le choix d'avoir une auto ne soit plus une obligation. Ils le disent eux-même : faut bien que les véhicules de santé puissent continuer à accéder à tous les coins. Mais l'idée est bien de mutualiser le coût de l'auto quand elle est nécessaire (un TAD, c'est pas une voiture qui dort au garage ; un véhicule utilitaire, ce n'est pas le même usage que la voiture particulière), et de permettre de s'en passer dans le reste des cas.
Ce qui est intéressant, c'est qu'elle propose plus de mesures incitatives (abaisser le coût d'accès aux mobilités alternatives) que punitives (il y en a un peu, mais ça reste assez gentil et logique, comme de passer des routes à 30 : utopique à mon avis mais ça serait pourtant appréciable).
# Préférer l'étude à l'article
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Oui, la France peut vivre sans voiture (cette étude le prouve). Évalué à 6 (+4/-0).
L'article lui-même n'est pas terrible, en mode "des bus toutes les demi-heures partout et plein de pistes cyclables, trop facile".
Pourtant l'étude est plus nuancée, et pour le coup, pointe de bonnes choses, en prenant en compte les différents cas, y compris la population vieillissante/handicapée et la faible densité. Parce que non, en effet, on ne met pas "un bus tous les demi-heures" pour desservir tous les hameaux des zones à très faible densité, et on ne s'attends pas à ce que des personnes à mobilité réduite utilisent un vélo, même à assistance électrique. Dans ce genre de coin, la seule solution (en plus des pistes cyclables pour les valides, qui ne remplacent pas non plus les voies empruntables par les véhicules motorisés) c'est de mettre en place un système performant de transport à la demande (TAD). Et c'est là le seul vrai reproche que je ferais à l'étude : elle en parle mais rapidement, et ne chiffre pas le coût et les besoins sur ce genre de service, alors que c'est assez essentiel.
Par chez moi (9 habitants/km2 parait-il), l'intercommunalité a bien mis en place un TAD, à un tarif en plus très accessible, mais les situations pour l'utiliser sont si drastiques qu'au final tout le monde a une auto ou se débrouille avec un voisin (y compris quand le TAD serait utilisable). Et c'est dommage, parce que si c'était plus accessible, je réfléchirais plus sérieusement à me passer d'auto. Les transports en communs sont minables, les voies empruntables en vélo sont accidentogènes, mais un bon TAD changerait déjà pas mal de choses. Après, si tout s'améliorait, ce serait le rêve.
Pour ceux qui n'ont pas lu l'étude : l'idée est de favoriser à fond le multimodal et l'alternative à la voiture (comment rejoindre les transports en commun en se passant au maximum de l'auto) mais ne demande pas de supprimer l'auto et les routes ; simplement de faire que les alternatives soient suffisamment bonnes pour que le choix d'avoir une auto ne soit plus une obligation. Ils le disent eux-même : faut bien que les véhicules de santé puissent continuer à accéder à tous les coins. Mais l'idée est bien de mutualiser le coût de l'auto quand elle est nécessaire (un TAD, c'est pas une voiture qui dort au garage ; un véhicule utilitaire, ce n'est pas le même usage que la voiture particulière), et de permettre de s'en passer dans le reste des cas.
Ce qui est intéressant, c'est qu'elle propose plus de mesures incitatives (abaisser le coût d'accès aux mobilités alternatives) que punitives (il y en a un peu, mais ça reste assez gentil et logique, comme de passer des routes à 30 : utopique à mon avis mais ça serait pourtant appréciable).