Je pense que tu veux bien dire qu'elles ne sont qu'une pâle imitation du fonctionnement de notre esprit, mais .. ben dans le doute ?
Oui, je me suis embrouillé avec une double négation (assez ironique, si l'on sait que la double négation fût source de débats entre platonicien et intuitionniste en philosophie des mathématiques). Je conteste que l'on épuise le fond de l'a priorisme kantien et que ces IA soient intelligentes (à quelque degré que ce soit).
Il en faudrait bien plus pour me convaincre du contraire (si tant est que ce soit possible). Ce que je trouve étonnant dans cette conférence, par exemple, c'est sa présentation de l'idéalisme transcendantale :
idéalisme transcendantal : connaissance résulte du traitement de l'expérience par les formes a priori de l'esprit
Premièrement, cette thèse centrale chez Kant est le cœur de sa réfutation de l'empirisme humien : le concept de cause est a priori, établi en correspondance avec la forme des jugements hypothétiques. Deuxièmement, si l'on cherche un équivalent en informatique théorique c'est dans l'analyse statique et les logiques de programmes que cela se trouve, non dans les réseaux de neurones. C'est aussi enseigné au Collège de France, c'est la première année de cours de Xavier Leroy : Programmer = démontrer ? La correspondance de Curry-Howard aujourd'hui. Approche de la programmation assez aux antipodes des réseaux de neurones, mais personne ne viendra soutenir que l'implémentation du type checker d'un assistant de preuves comme Rocq confère l'intelligence à nos machines (et pourtant, on est bien plus proche de Kant que via le principe d'abduction). Et il y a une différence fondamentale dans le résultat obtenu : dans un cas (Kant et Curry-Howard) on obtient la certitude d'un programme « sans bugs », dans l'autre (générateur de code) on prie pour que tout se passe bien.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: La mise en perspective de la philosophie est interessante.
Posté par kantien . En réponse au lien De la philo aux maths, de l'intelligence pas si artificielle (Conf ENS Stéphane Mallat). Évalué à 4. Dernière modification le 17 avril 2026 à 00:01.
Oui, je me suis embrouillé avec une double négation (assez ironique, si l'on sait que la double négation fût source de débats entre platonicien et intuitionniste en philosophie des mathématiques). Je conteste que l'on épuise le fond de l'a priorisme kantien et que ces IA soient intelligentes (à quelque degré que ce soit).
Il en faudrait bien plus pour me convaincre du contraire (si tant est que ce soit possible). Ce que je trouve étonnant dans cette conférence, par exemple, c'est sa présentation de l'idéalisme transcendantale :
Premièrement, cette thèse centrale chez Kant est le cœur de sa réfutation de l'empirisme humien : le concept de cause est a priori, établi en correspondance avec la forme des jugements hypothétiques. Deuxièmement, si l'on cherche un équivalent en informatique théorique c'est dans l'analyse statique et les logiques de programmes que cela se trouve, non dans les réseaux de neurones. C'est aussi enseigné au Collège de France, c'est la première année de cours de Xavier Leroy : Programmer = démontrer ? La correspondance de Curry-Howard aujourd'hui. Approche de la programmation assez aux antipodes des réseaux de neurones, mais personne ne viendra soutenir que l'implémentation du type checker d'un assistant de preuves comme Rocq confère l'intelligence à nos machines (et pourtant, on est bien plus proche de Kant que via le principe d'abduction). Et il y a une différence fondamentale dans le résultat obtenu : dans un cas (Kant et Curry-Howard) on obtient la certitude d'un programme « sans bugs », dans l'autre (générateur de code) on prie pour que tout se passe bien.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.