• [^] # Re: surprisedpikachu

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Nicolas Guillou juge de la cour pénale internationale sanctionné par les USA : « Ma vie personnelle est devenue un laboratoire de la perte de souveraineté ». Évalué à 7.

    Un retrait de permis de conduire, par exemple, est une décision administrative (du préfet) qui limite tes libertés fondamentales.
    Faut-il entre en branle toute la machine judiciaire à chaque grand excès de vitesse ou autre délit ?

    Mais rouler une voiture n'est pas un droit fondamental, au contraire de la liberté d'entreprendre. Au contraire, si on considère que retirer un permis n'arrive que quand on a une conduite dangereuse, ne pas le faire serait aller contre une liberté fondamental, le droit à la vie (article 2 de la CEDH).

    De même, je pense que retirer un permis ne serais pas une violation d'un traité international, alors que l'interdiction de revenir en Suisse serait sans doute plus douteux vu que l'accord de Schengen est un traité international (certes à visé économique plus qu'humanitaire, mais encore), et que je pense que ça poserais des questions compliquées si on lui (lui ou les autres que je cite) interdit de revenir en Suisse et/ou en Europe, parce qu'il a la nationalité suisse.

    C'est pourtant exactement ce que tu fais en faisant un commentaire (un peu hors-sujet) sur cette personne.

    J'attends de voir quel parti d’extrême droite va mettre (de bonne foi) "défendre l'état de droit et les droits humains" dans son programme. Je comprends que le fil sonne comme la défense d'un mec aux positions problématiques et dangereuses, mais le droit à un procès équitable, c'est aussi une liberté fondamentale (article 6 de la CEDH), et ceci d'autant plus quand l'impact est grand.

    Krunch parle de lui sans doute parce qu'il y a eu du bruit en Suisse (et en Belgique) autour de ça. Moi qui passe mon temps à écouter Complorama et à lire sur le sujet, j'avais jamais entendu parler de lui avant aujourd'hui (comme quoi, on en apprends tout les jours).

    On peut se poser la question de pourquoi celui ci fait du bruit et pas les autres, mais c'est à mon avis surtout une question de relais médiatique, lié à son travail, son age, et le fait sans doute qu'on écoute plus un mec blanc de 70 ans plutôt qu'une femme noire de 55 ans.

    Et pour moi, une question importante est aussi comment on en arrive à devoir passer par des sanctions administratives pour quelque chose qui est à la foi un signal politique, une mesure de protection de l'ordre public, et une question de droit fondamental. La complexité même de la question mériterais à mon avis un plus grand débat.

    Je pense que le souci primaire, c'est qu'on pense que la liberté d'expression doit être quasi absolue, donc on contourne ça en utilisant d'autres moyens. Et pourtant, la liberté d'expression, comme tout les droits fondamentaux, a des limites.

    On a des lois contre les discours de haines, contre la négation de la Shoah, contre la sédition et d'autres choses. Si on en veut plus, alors ça doit passer par un débat démocratique et par la justice, pas par une décision plus ou moins rapide sans grande clarté.

    Et si on décide qu'on est dans une situation exceptionnelle qui requiert de suspendre certaines libertés (comme une guerre ou une pandémie), j'estime que ça mérite au moins une annonce claire et un cadrage, cadrage qui semble incomplet ici.