• [^] # Re: anglicismes

    Posté par . En réponse au journal Un skill pour apprendre à l'IA à utiliser Manjaro. Évalué à 5.

    Je dirais "publication par roulement" pour rolling release, ça fait moins accidentel que glissante, mais bon on comprend.

    Justement, le but premier de la communication est de se faire comprendre. Il y a des cas ou l'anglicisme est superflu parce que le français a un mot qui décrit parfaitement ce dont on parle, sans freiner la compréhension (numérique/digital, kernel/noyau, thread/fil (si c'est une discussion), etc.) Mais si je lis "Distribution à publication par roulement" franchement le sens ne me viendra pas instantanément. J'aurai un doute. Alors que "rolling release" tout le monde ici saura de quoi je parle. Parfois l'anglais est juste... plus adapté. Est-ce qu'on a le sentiment de se trouver face à un anglicisme superflu quand on lit "e-mail" ? Je n'ai jamais pu adopter "courriel" et je n'ai pas l'impression qu'il ait réussi à supplanter son anglicisme dans la population.

    Les québécois font plus l'effort de traduire que les français.

    La position des québécois est très politique. Parfois jusqu'à l'absurde (Poulet Frit du Kentucky) mais tout en disant "céduler l'outfit pour son chum" (du vécu, j'ai fait 5 ans là-bas). Mais je les comprends, 80% du pays parle une autre langue (anglais à 56%, français à 20%) et ils subissent la pression de l'anglais par l'ouest et par le sud (USA). C'est une lutte pour la survie de leur culture. Ailleurs, le français n'est pas vraiment en danger même si il est en perpétuelle mutation (et c'est heureux). Enfin, dans mon métier l'anglais est extrêmement majoritaire, c'est un fait. Le code est en anglais, la documentation des bibliothèques est en anglais, les sous-traitants parlent anglais... donc à moins d'avoir un message politique à faire passer, c'est assez naturel de continuer avec cette langue. J'adore la littérature française et la richesse de cette langue mais là ce n'est pas ce qui m'intéresse donc je dis rolling release au CTO puis j'éteins l'écran et je retourne re-relire Dumas.

    – Ah ! ma foi, dit Danglars, si l’on était responsable de tout ce que l’on dit en l’air !
    – Oui, lorsque ce que l’on dit en l’air retombe par la pointe. »