J'ai toujours des doutes avec ces annonces de trucs qui "violent délibérément la loi". Déja, n'importe qui vendant, distribuant, certifiant des logiciels libres et qui en fait une activité économique sérieuse ne peut que pâtir de cette situation—en gros, le logiciel "protestataire" se marginalise, il ne peut plus apparaître dans les dépôts, il ne peut plus être vendu avec du matériel, il ne peut plus être utilisé dans une entreprise ou une administration... Ça fait quand même quelques dizaines d'années que le logiciel libre est à la recherche d'une légitimité, et la publicité autour de courants libertariens (qui me semblent minoritaires, mais c'est pas comme si la communauté était homogène) risque d'avoir des conséquences qui débordent largement sur les autres logiciels qui n'avaient rien demandé.
L'autre point, c'est qu'il faut quand même rappeler de temps en temps que respecter les lois n'est théoriquement pas optionnel. Bien sûr, seuls les Californiens sont tenus de respecter les lois Californiennes, mais je trouve éthiquement condamnable de ne pas considérer le non-respect d'une loi locale comme un bug sérieux dans un logiciel. Si dans un logiciel d'annuaire interne il y a un champs "race" non-optionnel à côté de "nom" et "prénom", il me semble logique de pouvoir ouvrir un ticket pour expliquer au dev que dans mon pays, il est illégal de stocker cette information; tout dev normalement constitué devrait alors proposer de passer le champs en optionnel afin que je puisse utiliser le logiciel conformément au contexte local. Dans une telle procédure, je me fous totalement de ce que le dev pense des statistiques raciales ou même de mon avis personnel sur la question.
En cas de conflit moral, par exemple si la loi d'un pays impose d'envoyer les données personnelles sur un serveur de l'État, le plus prudent reste d'indiquer clairement que le logiciel n'est pas (et ne sera pas) utilisable dans tel ou tel pays.
[^] # Re: et GrapheneOS
Posté par arnaudus . En réponse au lien Ageless Linux : un ordinateur qui viole délibérément la loi californienne sur la vérification de l'âge. Évalué à 3.
J'ai toujours des doutes avec ces annonces de trucs qui "violent délibérément la loi". Déja, n'importe qui vendant, distribuant, certifiant des logiciels libres et qui en fait une activité économique sérieuse ne peut que pâtir de cette situation—en gros, le logiciel "protestataire" se marginalise, il ne peut plus apparaître dans les dépôts, il ne peut plus être vendu avec du matériel, il ne peut plus être utilisé dans une entreprise ou une administration... Ça fait quand même quelques dizaines d'années que le logiciel libre est à la recherche d'une légitimité, et la publicité autour de courants libertariens (qui me semblent minoritaires, mais c'est pas comme si la communauté était homogène) risque d'avoir des conséquences qui débordent largement sur les autres logiciels qui n'avaient rien demandé.
L'autre point, c'est qu'il faut quand même rappeler de temps en temps que respecter les lois n'est théoriquement pas optionnel. Bien sûr, seuls les Californiens sont tenus de respecter les lois Californiennes, mais je trouve éthiquement condamnable de ne pas considérer le non-respect d'une loi locale comme un bug sérieux dans un logiciel. Si dans un logiciel d'annuaire interne il y a un champs "race" non-optionnel à côté de "nom" et "prénom", il me semble logique de pouvoir ouvrir un ticket pour expliquer au dev que dans mon pays, il est illégal de stocker cette information; tout dev normalement constitué devrait alors proposer de passer le champs en optionnel afin que je puisse utiliser le logiciel conformément au contexte local. Dans une telle procédure, je me fous totalement de ce que le dev pense des statistiques raciales ou même de mon avis personnel sur la question.
En cas de conflit moral, par exemple si la loi d'un pays impose d'envoyer les données personnelles sur un serveur de l'État, le plus prudent reste d'indiquer clairement que le logiciel n'est pas (et ne sera pas) utilisable dans tel ou tel pays.