• [^] # Re: Svp arrêter de dire ce genre de chose.

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche L’économie du logiciel est-elle morte ?. Évalué à 6.

    Je conviens volontiers de trois choses :

    1. Si le corpus d'entrainement n'existe pas, il est difficile d'entrainer une IA.

    2. Le travail créé par une IA reste perfectible et peut nécessiter des reprises importantes par un humain.

    3. Les IA semblent ne savoir créer que par interpolation, pas par extrapolation (par conception, elles restent dans leur cadre de référence que constitue leur jeu de données d'apprentissage ; si cela leur assure une certaine pertinence, cela les enferme aussi).

    Mais aucun de ces éléments ne me semble invalider mon inquiétude (et non mon affirmation, puisque, je le rappelle, le titre de ma dépêche était une question) :

    1. Les entreprises et les établissements publics se dotent de plus en plus d'IA privées, qu'ils alimentent par des corpus qui leur sont propres et ne sont pas sur la place publique. Si le commun des mortels n'a pas accès à un gros volume de code COBOL, il en va différemment pour une banque.

    2. Étant développeur à la base, je suis bien placé pour savoir que la compétence la mieux partagée par l'ensemble des développeurs est la création de bogues et de code perfectible. Tout comme une IA. Et nous avons tous vu notre code repris ou réécrit par un collègue ou contributeur plus expérimenté, quand celui-ci ne nous a tout simplement pas demandé de revoir notre copie, en nous fournissant des instructions plus précises. On a repris mon code, puis j'ai repris le code d'autres personnes, et il arrive encore que des collègues reprennent les rares fragments de code que j'écris aujourd'hui. C'est le travail quotidien. La seule différence avec l'IA, c'est que les derniers LLM publiés (par exemple Claude Opus 4.6) le font à une vitesse fulgurante et qu'ils « apprennent » très vite. L'itération se fait à un rythme bien plus rapide et même si OpenAI ou Anthropic multipliaient leurs tarifs par 5, ils resteraient compétitifs par rapport au cout des développeurs occidentaux. Tout le monde ne peut pas encore se payer l'infra de Stripe, mais quand je lis des articles tels que ceux-ci, je suis pris de vertige (et de gros doutes) :

    3. Sans doute aurons-nous toujours besoin d'humains pour terminer le travail et prendre en charge les aspects les plus exploratoires, mais ces humains seront à coup sûr bien moins nombreux qu'ils ne le sont aujourd'hui.

    Bref, la rédaction de spécifications fonctionnelles solides et non ambigües me semble être une compétence promise à un meilleur avenir que le développement.