Dire que l’économie du logiciel est morte car on peut créer un logiciel from scratch avec un LLM.
C’est aussi ridicule que de dire les logiciels libres, c’est le cancer des éditeurs de logiciels.
Désolé, en toute honnêteté, je ne vois pas le parallèle et en quoi il serait ridicule de s'inquiéter du fait qu'un LLM abatte en quelques jours un travail réalisé autrefois par des développeurs compétents en quelques mois ou années.
Les premières victimes de cette révolution vont être les ESN. Rappelons leur modèle :
* Le client rédige les spécifications du logiciel.
* Il confie le développement à l'ESN, qui active une cohorte de développeurs.
* Il valide le logiciel livré via un cahier de recette fonctionnelle.
* Il confie à l'ESN la maintenance corrective et évolutive du logiciel.
Avec les IA, le scénario change un peu :
Au mieux (pour l'ESN) :
* Le client rédige les spécifications du logiciel.
* Il confie le développement à l'ESN, qui active une IA et un « prompt engineer/ reviewer »
* Il valide le logiciel livré via un cahier de recette fonctionnelle.
* Il confie à l'ESN la maintenance corrective et évolutive du logiciel, qui réactive la même IA et le même « prompt engineer / reviewer »
Au pire (pour l'ESN) :
* Le client rédige les spécifications du logiciel.
* Il embauche un « prompt engineer/ reviewer »
* Il lui confie le développement du logiciel via l'IA.
* Il valide le logiciel livré via un cahier de recette fonctionnelle.
* Il confie à l'IA la maintenance corrective et évolutive du logiciel.
Quelles sont les évolutions dans le détail ?
* L'ESN est soit évincée, soit marginalisée (ce n'est plus vraiment elle qui détient le savoir).
* L'ESN, si elle existe encore, aura besoin de beaucoup moins de développeurs.
Suis-je bien trop pessimiste ou naïf ? Je l'ignore, mais une amie développeuse junior qui se retrouve sur le marché du travail m'a appris récemment que le nombre d'emplois proposés aux juniors en Occitanie avait chuté de 80 % entre 2024 et 2025. Et si les seniors se croient à l'abri, ils se fourrent le doigt dans l'œil, car au rythme d'obsolescence des technologies en informatique, tout senior se retrouve junior au quotidien dans une partie de ses activités.
Les éditeurs de logiciels (libres ou non) peuvent aussi s'inquiéter si une IA arrive à régénérer un logiciel sur la seule base de ses spécifications et de son API.
Vous me direz que Chardet n'est qu'une modeste bibliothèque et que nous n'en sommes pas encore au point de pouvoir régénérer en quelques jours un logiciel bien plus complexe et c'est vrai. Mais rappelez-vous où nous en étions en mars 2023 (il y a seulement 3 ans), alors que tout le monde s'amusait encore des énormités générées par ChatGPT. Moi, je me demande où nous en serons dans 5 ans. Je sais que c'est l'une des questions que commencent à se poser les directions des ESN. Auront-elles encore besoin de 100 % de leurs effectifs actuels ou de seulement 20 %, voire 10 % ?
[^] # Re: Svp arrêter de dire ce genre de chose.
Posté par Sébastien Dinot (site web personnel) . En réponse à la dépêche L’économie du logiciel est-elle morte ?. Évalué à 10.
Désolé, en toute honnêteté, je ne vois pas le parallèle et en quoi il serait ridicule de s'inquiéter du fait qu'un LLM abatte en quelques jours un travail réalisé autrefois par des développeurs compétents en quelques mois ou années.
Les premières victimes de cette révolution vont être les ESN. Rappelons leur modèle :
* Le client rédige les spécifications du logiciel.
* Il confie le développement à l'ESN, qui active une cohorte de développeurs.
* Il valide le logiciel livré via un cahier de recette fonctionnelle.
* Il confie à l'ESN la maintenance corrective et évolutive du logiciel.
Avec les IA, le scénario change un peu :
Au mieux (pour l'ESN) :
* Le client rédige les spécifications du logiciel.
* Il confie le développement à l'ESN, qui active une IA et un « prompt engineer/ reviewer »
* Il valide le logiciel livré via un cahier de recette fonctionnelle.
* Il confie à l'ESN la maintenance corrective et évolutive du logiciel, qui réactive la même IA et le même « prompt engineer / reviewer »
Au pire (pour l'ESN) :
* Le client rédige les spécifications du logiciel.
* Il embauche un « prompt engineer/ reviewer »
* Il lui confie le développement du logiciel via l'IA.
* Il valide le logiciel livré via un cahier de recette fonctionnelle.
* Il confie à l'IA la maintenance corrective et évolutive du logiciel.
Quelles sont les évolutions dans le détail ?
* L'ESN est soit évincée, soit marginalisée (ce n'est plus vraiment elle qui détient le savoir).
* L'ESN, si elle existe encore, aura besoin de beaucoup moins de développeurs.
Suis-je bien trop pessimiste ou naïf ? Je l'ignore, mais une amie développeuse junior qui se retrouve sur le marché du travail m'a appris récemment que le nombre d'emplois proposés aux juniors en Occitanie avait chuté de 80 % entre 2024 et 2025. Et si les seniors se croient à l'abri, ils se fourrent le doigt dans l'œil, car au rythme d'obsolescence des technologies en informatique, tout senior se retrouve junior au quotidien dans une partie de ses activités.
Les éditeurs de logiciels (libres ou non) peuvent aussi s'inquiéter si une IA arrive à régénérer un logiciel sur la seule base de ses spécifications et de son API.
Vous me direz que Chardet n'est qu'une modeste bibliothèque et que nous n'en sommes pas encore au point de pouvoir régénérer en quelques jours un logiciel bien plus complexe et c'est vrai. Mais rappelez-vous où nous en étions en mars 2023 (il y a seulement 3 ans), alors que tout le monde s'amusait encore des énormités générées par ChatGPT. Moi, je me demande où nous en serons dans 5 ans. Je sais que c'est l'une des questions que commencent à se poser les directions des ESN. Auront-elles encore besoin de 100 % de leurs effectifs actuels ou de seulement 20 %, voire 10 % ?