• [^] # Re: Il existe déjà des solutions!

    Posté par . En réponse à la dépêche AB1043 : Loi californienne sécuritaire, et ses conséquences sur le Logiciel Libre. Évalué à -1.

    Pour aller dans ton sens du risque d'escalade, je rappelle notamment un projet en cours qui a déjà été abondamment discuté sur linuxfr.org :

    La France soutient activement le projet de règlement européen surnommé "Chat Control", qui vise à lutter contre la pédocriminalité en ligne, y compris via l’analyse systématique des conversations et messages privés, même chiffrés. Voici les propositions et enjeux liés à ce texte, dans lequel la France joue un rôle moteur :

    Propositions françaises et européennes

    • Scan systématique : Le projet prévoit que les fournisseurs de services de messagerie (WhatsApp, Signal, Telegram, etc.) analysent automatiquement les images, liens et éventuellement le texte des messages pour détecter des contenus pédopornographiques ou des sollicitations à caractère sexuel envers des mineurs.
    • Copie et centralisation : Les contenus suspects pourraient être copiés et transmis à des serveurs centralisés, gérés par des autorités judiciaires ou des organismes spécialisés comme le CNAIP (Centre national d’assistance et d’investigation sur la pédocriminalité en ligne) en France. Ce centre centralise déjà les fichiers pédopornographiques saisis lors d’enquêtes.
    • Ciblage des messageries chiffrées : La France, aux côtés de l’Espagne, de la Pologne et du Danemark, pousse pour que le texte s’applique aussi aux messageries chiffrées, ce qui implique de contourner ou d’affaiblir le chiffrement (via des "backdoors" ou des technologies de détection côté client).
    • Accord préalable ou surveillance généralisée ? : Les versions successives du texte ont oscillé entre une surveillance ciblée (avec accord de l’utilisateur) et une analyse généralisée. La France défend une approche plus large, au nom de l’efficacité policière.

    État d’avancement en 2025-2026

    • Calendrier : Le vote final au Conseil de l’UE était prévu pour octobre 2025, mais le texte a été plusieurs fois reporté en raison de désaccords entre États membres. Un compromis pourrait aboutir fin 2025 ou début 2026.
    • Oppositions : Plusieurs pays et associations de défense des libertés numériques s’opposent à ce qu’ils considèrent comme une surveillance de masse, risquant d’affaiblir la confidentialité des communications pour tous les utilisateurs.

    Enjeux et controverses

    • Efficacité vs vie privée : Les défenseurs du texte (dont la France) estiment que ces mesures sont nécessaires pour démanteler les réseaux de pédocriminalité, comme en témoignent des opérations récentes basées sur l’analyse de messageries cryptées.
    • Risques techniques et juridiques : Les opposants craignent une remise en cause du chiffrement de bout en bout, une porte ouverte à d’autres formes de surveillance, et des faux positifs massifs.