J'ai lu ici même des gens, prétendument de gauche ou du centre, défendre l'existence d'un racisme anti-blanc par exemple.
Si on voit le racisme exclusivement comme un système d'oppression généralisée, tu as parfaitement raison : l'oppression, par définition, ne peut être exercée que par le dominant contre le dominé, et le dominant est généralement dominant du fait de son appartenance à un endogroupe. C'est exactement ce type de racisme qui est à l'œuvre quand la police contrôle un "arabe" 50 fois par jour et laisse le blanc tranquille. C'est aussi celui qui est à l'origine de la grande famine irlandaise et de quantité de crimes coloniaux.
On peut d'ailleurs questionner le fait de ne critiquer ce système d'oppression généralisée que sous l'angle du racisme alors que quand ce sont les riches qui oppriment les pauvres, ça ne pose de problème à personne. Et ce n'est pas tout à fait hors-sujet, d'ailleurs, et il y a une interaction très forte entre racisme systémique et pauvreté. Un noir médecin ou ingénieur aura certes des problèmes liés au racisme subi, mais proportionnellement beaucoup moins qu'un noir chômeur. Voir un exemple criant avec Omar Sy, dont la vie n'a strictement rien à voir avec celle d'un immigré congolais.
Par contre, il existe aussi un racisme en tant que système de pensée scientifique, ou plutôt pseudo-scientifique, ou bien un racisme "moral" (moral s'entend ici au sens philosophique du terme, qui décide de ce qui est bien ou mal, ici coupable ou innocent) qui consiste à voir un groupe de personnes comme biologiquement inférieur ou tout simplement collectivement coupable. En clair, un racisme en tant qu'opinion individuelle. Noter que, si le racisme en tant que système d'oppression est souvent intégré et traduit en actes plus que verbalisé, c'est ici le contraire : le racisme-opinion a pour premier support le discours, qui est secondairement traduit en actes. C'est ce racisme-opinion qui est à l'œuvre, par exemple, dans la théorie du coup de poignard dans le dos, ou dans le fait de voir les juifs ou les noirs comme biologiquement inférieurs, ce qui a mené à la Shoah.
Or, le racisme-opinion a une particularité : il n'est pas lié à une situation de domination mais à un discours. On peut tout à fait produire un discours raciste en étant soi-même dans le groupe dominé, c'est même un mécanisme de défense assez fréquent : "je ne suis pas inférieur, c'est mon oppresseur qui est stupide" (de me croire inférieur). Ça n'en reste pas moins un discours essentialisant et qui théorise la culpabilité d'un groupe entier de personnes sur la base d'une caractéristique biologique ou ethnique, donc un racisme. Et ça, on l'a vu plein de fois : la fois où des juifs ont voulu se venger du nazisme en empoisonnant toute une ville allemande, la fois où une étudiante palestinienne de Sciences-Po s'est fait virer pour antisémitisme (elle est ici superbement défendue par un journaliste qui revendique son judaïsme et qui ne nie même pas l'antisémitisme de l'étudiante, c'est à lire ! Mais avec un bloqueur de pub), ou dans des groupuscules comme la [Tribu Ka].
Est-ce que c'est fréquent ? Dur à dire, la notion de "fréquence" est complètement étrangère à la culture des journalistes. Est-ce que c'st monté en épingle par l'extrême droite ? Très certainement, mais c'est bien plus facile à monter en épingle quand il y a une base, même ténue, de vérité.
TL;DR : dire "le racisme anti-blanc n'existe pas" est faux : il existe. Mais dire "le racisme anti-blanc présente un vague début de significativité" est tout aussi faux. Il existe. Il est probablement numériquement insignifiant. Mais on est ici sur linuxfr, et j'aime, sur ce site, prendre une demi-heure pour démontrer que 0 \neq \varepsilon :)
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Vrais fachos ou surréaction ?
Posté par Liorel . En réponse au journal Les "fachos", fascistes, nazis et autres intolérants sont-ils tolérés sur linuxfr.org ?. Évalué à 10. Dernière modification le 25 février 2026 à 17:15.
Si on voit le racisme exclusivement comme un système d'oppression généralisée, tu as parfaitement raison : l'oppression, par définition, ne peut être exercée que par le dominant contre le dominé, et le dominant est généralement dominant du fait de son appartenance à un endogroupe. C'est exactement ce type de racisme qui est à l'œuvre quand la police contrôle un "arabe" 50 fois par jour et laisse le blanc tranquille. C'est aussi celui qui est à l'origine de la grande famine irlandaise et de quantité de crimes coloniaux.
On peut d'ailleurs questionner le fait de ne critiquer ce système d'oppression généralisée que sous l'angle du racisme alors que quand ce sont les riches qui oppriment les pauvres, ça ne pose de problème à personne. Et ce n'est pas tout à fait hors-sujet, d'ailleurs, et il y a une interaction très forte entre racisme systémique et pauvreté. Un noir médecin ou ingénieur aura certes des problèmes liés au racisme subi, mais proportionnellement beaucoup moins qu'un noir chômeur. Voir un exemple criant avec Omar Sy, dont la vie n'a strictement rien à voir avec celle d'un immigré congolais.
Par contre, il existe aussi un racisme en tant que système de pensée scientifique, ou plutôt pseudo-scientifique, ou bien un racisme "moral" (moral s'entend ici au sens philosophique du terme, qui décide de ce qui est bien ou mal, ici coupable ou innocent) qui consiste à voir un groupe de personnes comme biologiquement inférieur ou tout simplement collectivement coupable. En clair, un racisme en tant qu'opinion individuelle. Noter que, si le racisme en tant que système d'oppression est souvent intégré et traduit en actes plus que verbalisé, c'est ici le contraire : le racisme-opinion a pour premier support le discours, qui est secondairement traduit en actes. C'est ce racisme-opinion qui est à l'œuvre, par exemple, dans la théorie du coup de poignard dans le dos, ou dans le fait de voir les juifs ou les noirs comme biologiquement inférieurs, ce qui a mené à la Shoah.
Or, le racisme-opinion a une particularité : il n'est pas lié à une situation de domination mais à un discours. On peut tout à fait produire un discours raciste en étant soi-même dans le groupe dominé, c'est même un mécanisme de défense assez fréquent : "je ne suis pas inférieur, c'est mon oppresseur qui est stupide" (de me croire inférieur). Ça n'en reste pas moins un discours essentialisant et qui théorise la culpabilité d'un groupe entier de personnes sur la base d'une caractéristique biologique ou ethnique, donc un racisme. Et ça, on l'a vu plein de fois : la fois où des juifs ont voulu se venger du nazisme en empoisonnant toute une ville allemande, la fois où une étudiante palestinienne de Sciences-Po s'est fait virer pour antisémitisme (elle est ici superbement défendue par un journaliste qui revendique son judaïsme et qui ne nie même pas l'antisémitisme de l'étudiante, c'est à lire ! Mais avec un bloqueur de pub), ou dans des groupuscules comme la [Tribu Ka].
Est-ce que c'est fréquent ? Dur à dire, la notion de "fréquence" est complètement étrangère à la culture des journalistes. Est-ce que c'st monté en épingle par l'extrême droite ? Très certainement, mais c'est bien plus facile à monter en épingle quand il y a une base, même ténue, de vérité.
TL;DR : dire "le racisme anti-blanc n'existe pas" est faux : il existe. Mais dire "le racisme anti-blanc présente un vague début de significativité" est tout aussi faux. Il existe. Il est probablement numériquement insignifiant. Mais on est ici sur linuxfr, et j'aime, sur ce site, prendre une demi-heure pour démontrer que 0 \neq \varepsilon :)
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.