Ah mais non, je disais aussi que l'incapacité à mettre en place une coalition PS-centre-droite me désespérait.
Je pense que justement, le bon argument c'est de dire que malgré des désaccords assez profonds, il vaut mieux faire une coalition avec les autres partis de gouvernement qu'avec l'extrême droite, et donc d'assumer gouverner avec des gens "respectables" avec qui on peut négocier. Mais évidemment, le piège, c'est que la politique veut qu'on doit taper plus fort sur les partis proches que sur les partis éloignés, puisque c'est là qu'on peut gratter des voix. La droite traditionnelle est bloquée depuis 50 ans sur l'argument de l'illégitimité de la gauche à gouverner (l'idée que les moments où la gauche est au gouvernement sont des phases de transitions accidentelles entre des gouvernements légitimes). Un accord serait donc contre-nature; d'ailleurs, les deux partis de la fin du XXe siècle (PS et UMP/droite tradi) ont "préféré" se faire écraser par un mouvement centriste que d'envisager un rapprochement.
De toutes manières, il n'y a pas de réponse toute faite. La dynamique bizarre des campagnes et le mode de scrutin sous-optimal rend le résultat de toute alliance assez imprévisible; parfois tu fais plus que la somme des partis (parce que ça donne l'impression aux électeurs que l'alliance a une chance de gagner), et parfois tu fais 2% (parce que l'alliance apparait contre-nature). La solution pour les législatives existe (il s'agit de faire une campagne sur des idées propres et sur sa volonté de participer à une coalition plus large en même temps, c'est à dire d'envisager les alliances après l'élection), pour les présidentielles, c'est beaucoup plus difficile (surtout que les présidentielles sont le seul moment où beaucoup de partis "existent", et que les coalitions après primaires ont rarement bien marché).
[^] # Re: Discours de 2003
Posté par arnaudus . En réponse au lien Dominique de Villepin tente de sauver l'honneur de la droite française. Évalué à 0.
Ah mais non, je disais aussi que l'incapacité à mettre en place une coalition PS-centre-droite me désespérait.
Je pense que justement, le bon argument c'est de dire que malgré des désaccords assez profonds, il vaut mieux faire une coalition avec les autres partis de gouvernement qu'avec l'extrême droite, et donc d'assumer gouverner avec des gens "respectables" avec qui on peut négocier. Mais évidemment, le piège, c'est que la politique veut qu'on doit taper plus fort sur les partis proches que sur les partis éloignés, puisque c'est là qu'on peut gratter des voix. La droite traditionnelle est bloquée depuis 50 ans sur l'argument de l'illégitimité de la gauche à gouverner (l'idée que les moments où la gauche est au gouvernement sont des phases de transitions accidentelles entre des gouvernements légitimes). Un accord serait donc contre-nature; d'ailleurs, les deux partis de la fin du XXe siècle (PS et UMP/droite tradi) ont "préféré" se faire écraser par un mouvement centriste que d'envisager un rapprochement.
De toutes manières, il n'y a pas de réponse toute faite. La dynamique bizarre des campagnes et le mode de scrutin sous-optimal rend le résultat de toute alliance assez imprévisible; parfois tu fais plus que la somme des partis (parce que ça donne l'impression aux électeurs que l'alliance a une chance de gagner), et parfois tu fais 2% (parce que l'alliance apparait contre-nature). La solution pour les législatives existe (il s'agit de faire une campagne sur des idées propres et sur sa volonté de participer à une coalition plus large en même temps, c'est à dire d'envisager les alliances après l'élection), pour les présidentielles, c'est beaucoup plus difficile (surtout que les présidentielles sont le seul moment où beaucoup de partis "existent", et que les coalitions après primaires ont rarement bien marché).